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28/10/2015

Toulouse: Cinq façons de découvrir le cimetière Terre-Cabade

aobélisque.jpgLes obélisques à l'entrée du plus grand cimetière toulousain : Terre Cabade. - B. Colin / 20 Minutes

Insolites, parfois grandiloquentes, les tombes du permettent de plonger dans l'histoire de la Ville rose...

 

 

Pour se mettre dans le bain de la Toussaint, il est possible de faire une incursion dans le passé lors d'une visite au cimetière de Terre-Cabade.

Ce site de plus de trente hectares, où les secteurs portent des noms de quartiers toulousains, accueille près de "300.000 inscrits", dont certains ont donné leur patronyme aux rues de la ville.

 Dans les pas d'Isabelle Bâlon, guide conférencière à l'Office de Tourisme, une visite d'outre-tombe.

La gloire et les illustres

Vestrepain, Labeda, Ancely, Feuga... ses noms familiers, on les croise au détour des allées du cimetière. La plus ancienne tombe est pourtant celle d'un illustre inconnu : Savanac. Mort en 1840, son corps a été ramené au cimetière en 1844, lors de son ouverture.

Plus célèbre, le nom de Castelbajac est présent sur un tombeau. Il héberge Léontine de Villeneuve, celle que Chateaubriand appela dans ses mémoires l'Occitanienne.

Dans la partie plus récente, celle du cimetière Salonique, on trouve en bordure de l'allée principale l'imposant tombe de la famille Baudis.

Ne cherchez pas celui du plus connu des chanteurs toulousains. Les cendres de Claude Nougaro ont été dispersées dans la Garonne.

Au cœur de la petite histoire

Sa plaque passe inaperçue, accrochée à la tombe de ses bienfaiteurs. Pourtant le nom de Cécile Combettes fit la une des journaux pendant plusieurs semaines. Le corps de cette brocheuse de 15 ans fut retrouvé mutilé en 1847 près du couvent de Saint-Aubin. Le frère Léotade fut accusé et envoyé au bagne alors qu'il était innocent. Le vrai coupable était un autre frère.

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 L'histoire de la charcutière Paloubart est aussi émouvante. Cette femme a perdu son fils lors de la première guerre mondiale. Pour lui offrir un mausolée, elle a travaillé jusqu'à son dernier souffle.

Détour en terre insolite

A proximité de la longue plate-bande de troènes, qui matérialisent les tombes des noyés de la grande inondation de 1875, il n'est pas rare d'y croiser des chats. Une association a eu la bonne idée de les installer là où personne ne viendra les déranger.

Un site assez éloigné du tombeau le plus couru : celui d'Hélène Soustade, appelé Saint-Hélèna sans jamais avoir été canonisée. "Cette institutrice est une gloire locale, invoquée pour la réussite aux examens", raconte Isabelle Bâlon. Son tombeau est couvert d'ex-voto et de plaques de remerciements.

Oui, mais non! Voici un de mes articles

"Elle a vu le carré de fleurs, l'énorme bric-à-brac de piété chrétienne avec d'innommables feuilles de papiers, de rubans blancs, d'ex-voto accrochés à des poteaux en batailles dont on n'aperçoit pas la rouille ni la couleur, tant ils sont recouverts de ces modestes preuves, bouleversantes lorsque l'on y songe, de demandes de protection adressées à la Sainte de Toulouse (non reconnue par Rome).  Héléna qui attendit en vain le retour de son promis, parti en 1870 à la guerre et jamais revenu pour la marier. Elle erra de longues années dans le cimetière, n'osant voir la tombe de l'homme aimé, espérant que la famille l'avait enterré sans savoir qu'il avait une promise.

Voyant des tombes abandonnées le plus souvent par la distance des gens et la difficulté à se transporter, elle se mit, bénévolement à nettoyer et entretenir les tombes anciennes et, lorsqu'elle mourut durant un hiver terrible du début du vingtième siècle, noir et glacial, son char noir aux tentures ourlées de fils d'argent, glissant sur les pierres romaines verglacées de l'empierrage des routes, fuit suivi d'un immense cortège de gens reconnaissants de son aimable aide bénévole envers les tombes de leurs proches. Ils priaient beaucoup et chantaient en latin en faisant attention de ne point glisser dans la boue de neige fondue; ils vinrent nombreux, malgré la froidure hivernale, tenant à accompagner cette femme douce et prévenante jusqu'à sa dernière demeure.

Soudain, quatre colombes blanches se posèrent sur les pointes du catafalque et il y eu un trouée lumineuse qui éclaira d'une immense dorure, étincelante comme l'or fondu, et sembla glorifier le départ de cette femme modeste; des centaines de personnes suivaient le cortège funèbre et tous furent frappés pas cette image qui semblait relever du sacré de Dieu: les femmes se dirent, “c'est une sainte… elle exaucera mes vœux, j'irais souvent sur sa tombe“. Malgré la non-reconnaissance de l'église catholique, c'est la tombe la plus visitée de Toulouse. On continue de nos jours encore à y prier pour la protection de frères, père, mari ou enfants partis à la guerre, ou ailleurs en mer, pour qu'ils reviennent sains et saufs.

 Elle a des progrès à faire, la conférencière!

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 Les résidents mégalos

Certains n'aiment pas passer inaperçus, même après qu'ils aient quitté le plancher des vaches. Et Terre-Cabade a son lot d'orgueilleux. Sur un obélisque on retrouve le CV d'un notable local. Mais ce n'est rien à côté du monument construit en mémoire de celui que l'on appela "le père de la houille blanche", l'ariégeois Aristide Bergès.

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Il n'a rien à envier au fastueux mausolée de marbre noir des époux Ducis. Sans héritier, ils ont fait don à la ville de leurs deniers, à condition de ne pas oublier d'édifier leur dernière demeure comme il se doit.

L'hommage aux Résistants

Que ce soit le monument aux morts de Philippeville ou celui à la mémoire des deux grandes guerres où figurent plus de 6.900 noms de Toulousains morts au combat, le cimetière plonge le visiteur au cœur de cette partie tragique de l'histoire de la Ville rose.

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Il permet aussi de rappeler les actes héroïques de certains, notamment ceux des résistants Forain François Verdier, assassiné par la Gestapo dans la forêt de Bouconne, Marcel Langer ou encore de Marie-Louise Dissart, à la tête du réseau Françoise qui permit aux aviateurs anglo-saxons de passer la frontière espagnole.

Famille Baudis, Maires de Toulouse

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Visite guidée

Suivre une guide conférencière dans les allées de Terre Cabade durant 2h. C'est ce que propose l'office de Tourisme le 9 novembre à 15h00. Rendez-vous devant l'entrée principale, avenue du Cimetière. Tarif de 6 à 8 euros.

Comme indiqué plus haut, n'écoutez pas son histoire de la Sainte Héléna. Je vous certifie que la mienne est seule exacte!

 

 

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