Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

Histoire

  • Les rues de Toulouse

    Maison lauragaise: un peu comme celle des Trois-Cocus

    Avez-vous déjà remarqué la rue Ernest Roschach? Elle se cache entre le donjon et le Capitole. Tout aussi méconnue, la rue Pierre Baudis, seule rue entièrement piétonne de la ville, autour du théâtre national. Autre curiosité et non des moindres, la "rue sans nom", entre la rue des Tourneurs et la rue du Languedoc, près de la place Esquirol. Heureusement pas de casse-tête pour le facteur, personne n'y habite!

    La plupart des Toulousains connaissent la rue de la Verge d'or, qui a le privilège d'être la plaque la plus volée de la ville, et le chemin de Lanusse, qui évoque tout simplement François de Lanusse, un Capitoul qui possédait des terres à Croix-Daurade au XVIIe siècle.

    Un petit tour des rues amusantes? Chemin de la Levrette: Ceux qui fréquentent la place Saint-Pierre empruntent cette rue pour rejoindre le canal de Brienne. En Langue d’oc, le chemin de la Levrette fait uniquement référence au petit du lièvre. Ce chemin est situé près du lac de Sesquières. La rue de la Boule est baptisée ainsi depuis le XVIIIe siècle, apprend-on dans le Dictionnaire des rues de Toulouse. En revanche, difficile d’obtenir une explication sur l’origine du nom, à moins de perdre la boule…

    La rue du Fourtou, la rue Monplaisir, ou encore l’allée des Soupirs pour finir rue de la Verge d’Or, non loin de la Basilique Saint-Sernin, histoire de se laver de ses pêchés. La rue au nom fleuri.

    Le cas de la Verge-d’Or est plus énigmatique. Selon le Dictionnaire des rues de Toulouse, rédigé par Pierre Salies, historien décédé en 2002, Verge d’Or serait un ancien nom de terroir, connu dès le XVe siècle. Autre piste, d’ordre botanique cette fois, la verge d’or serait le nom familier d’une plante aux nombreuses vertus médicales, le solidago, qui auraient poussé dans les cours d’immeubles de la rue ou dans le jardin d’Embarthe à proximité. Plusieurs tentatives ont échoué pour se débarrasser de ce nom…  En 1869, une tentative de lui donner le nom de rue de la Merci n’aboutit pas. Le 13 août 1883, on proposa de l’appeler rue Delescluse. Toujours sans succès. La Verge d’or est un "ancien nom de terroir, connu dès le XVe siècle", explique l’historien Pierre Salies dans son Dictionnaire des rues de Toulouse. "Est-ce un nom d’enseigne, à l’entrée de Toulouse, près de la porte Arnaud-Bernard?".

     Quant au quartier des Trois Cocus, l’histoire est plus connue. À l’époque napoléonienne, le quartier était surnommé "Tres Cocuts" en occitan, ("Trois Coucou " en français) en raison d’une bâtisse seigneuriale qui était ornée d’une sculpture de trois coucous. Des soldats de Napoléon qui y étaient logés demandèrent aux habitants le nom du quartier. Ne comprenant pas l’occitan ils marquèrent sur leur carte "trois cocus".

    Personnellement, j'ai connu une dame qui habitait de l'autre côté de la ferme en question et qui m'a raconté que c'est un très riche fermier qui a installé sur la façade de sa maison lauragaise un pigeon d'argile à la naissance de chacune de ses trois filles. Le pauvre, il n'eut point de gaçon! les fillettes grandirent et devinrent de beaux partis, bien dotées. Les jeunes gens qui voulaient l'argent et la fille discutaient entre eux de leurs mérites respectifs. Comme la ferme était alors, très isolée dans la campagne et qu'il n'y avait pas de nom de lieu, ils parlaient de la maison en tant que celle qui avait "Tres Cocuts" qui se prononce en occitan: trèssss scoucuts ce qui devint le quartier des Trois-Cocus… donc, pas d'histoire de maris trompés! Si le nom semble atypique, pas question de le supprimer ou même de le modifier. Les Toulousains "y tiennent". Au début du XXe siècle, il a été question de supprimer le nombre "Trois". Ce chiffre semblait désobligeant pour certains habitants de cette rue… J'ai vécu dans le quartier des Trois-Cocus de 1958 à fin 1979.

    Mais ces joyeusetés cachent d'autres noms de rues, victimes des turpitudes de l'Histoire. L'ancienne rue Mal Clabel ("mal pavée" en occitan) est ainsi devenue le chemin du Maréchal Clabel, sous les coups de poinçons d'un ouvrier peu regardant, qui a ainsi donné naissance à un officier inconnu au bataillon. D'autres changent d'identité comme de chemise, au gré des régimes: avant d'être les allées Jean Jaurès, elles ont entre autres été celles de l'empereur Napoléon et du général Lafayette. Pas pire que les allées François Verdier, un temps celles dédiées au Maréchal Pétain, avant la Libération...

    Le tracé romain de la rue de l'Homme armé a été dévié pour permettre la construction du moulin du Château narbonnais. Plus haut, l'avenue de la Garonnette est un ancien bras de la Garonne, asséché en 1964. Seul subsiste un filet d'eau le long du trottoir, pour le souvenir.

    Depuis le pavé "Histoire des rues de Toulouse" de Jules Chalande paru en 1919, le visage de la ville s'est métamorphosé. Malgré une évolution propre à toute cité moderne, les recoins de Toulouse continuent de passionner. Parmi ces curieux qui arpentent inlassablement les rues, Gérard Villet, auteur d'un guide paru en juin dernier qui lui a valu 6 000 heures de travail*. Toulousain d'origine, il nous livre son regard sur la ville qui l'a vu grandir.

    Autre passionné, Jérôme Kerambloch, assistant du conservateur du musée du vieux Toulouse, qui nous a mis sur la voie de ces rues au tracé, au nom ou à l'histoire incongrue. Les Toulousains de toujours, (comme moi, par exemple) parlent de leur rue comme si elle faisait partie de la famille.

    Toulouse centre, ce sont des rues très étroites! Vélo, voiture, vadrouille: la cohabitation n'est pas facile au centre-ville de Toulouse, surtout quand on s'aventure dans ses passages les plus sinueux. La rue Neuve, une des plus étroites et des plus anciennes de la ville, est large de 1,70 mètre: on peut presque en toucher les deux côtés avec les bouts des doigts. Le coin de la rue Saint-Rome regorge également de ces petites rues, comme la rue Bédelières, qu'on atteint en passant sous un porche. Même entrée pour la rue de l'Ouest, qui débouche sur le quai de la Daurade. Dernière de cette famille, la rue Etroite, bien évidemment...

    La rue Gramat, dans le quartier Arnaud Bernard est une bombe urbaine: des gouttières aux boîtes aux lettres, rien n'a été épargné par le graff. La rue est une explosion de couleurs, de visages, de figures. Cette œuvre est le résultat d'un projet collectif initié au printemps 2000 en concertation avec les habitants, les propriétaires de la rue et la mairie. Actuellement, c'est le travail de Snake Graffiti, artiste toulousain qui orne la façade du n°5.

    À Toulouse, un grand nombre de rues portent le nom d’animaux : rue des Abeilles, rue des 3 Renards, rue des Biches, rue des Daims, rue des Oiseaux, rue des Pelicans, rue du Poisson, rue des Cigales, rue des Flamants, rue des Mouettes, rue de l’Hirondelle, rue de la Fourmi, rue des 3 Pigeons, rue des Bouquetins, rue du Colibri, rue des Moutons, rue des Libellules, rue des Canaris, rue de l’Écureuil, Patte-d’Oie, rue du Canard…

    La place de la Baïse est située à proximité du parc de la Maourine, entre le chemin Raynal et la rue de l’Allier. Il s’agit d’une rivière qui coule dans les départements des Hautes-Pyrénées, du Gers et de Lot-et-Garonne. Mais, facile de supprimer les deux points sur le i!

    Un peu dans le même registre, bien que plus solitaire, la rue Monplaisir se trouve en amont du port Saint-Sauveur, entre l’allée des Soupirs et le musée Labit. Tout un programme…

    Pour la station de métro La Vache, il existait vraisemblablement une métairie dans le quartier. De son côté, le nom de la rue des Chamois a été donné en 1969 à une voie nouvelle en bordure de la cité des Izards. Ce qui a probablement suggéré le nom.

    Quand j'étais enfant, l'été, pour nous rafraîchir un peu, les soirs d'été caniculaire, nous partions tous en famille le long de la route de Launaguet, pour rejoindre le Pont de la Vache, près du chemin de fer, du côté de Lalande... une sacrée ballade, croyez-moi… nous regardions les étoiles, passer les trains (oui, comme le ferait une vache) nous comptions les wagons des trains de marchandises et nous cherchions des lucioles… c'était avant. Avant la télé. Que nous avons acheté en début 1960.

    Le Marché aux cochons: Inutile d’interpréter ce nom qui vante directement sa marchandise, souligne d’emblée l’historien Pierre Salies dans son Dictionnaire des rues de Toulouse. Du milieu du XIXe siècle à 1914, il fut vendu beaucoup de ces animaux. Le marché aux cochons demeure un point de rendez-vous pour les fins gourmets qui habitent les Minimes.

    Quartier Bonnefoy, la rue Dieu est une voie créée vers 1880. Son nom a curieusement varié entre Dedieu, de Dieu et Dieu. En 1914, on voulut y mettre fin en l’appelant rue Parant. Mais Dieu l’emporta…

    Dans la même veine, on peut citer la rue des prêtres, dans le quartier des Carmes, dont le nom vient d’une maison appartenant au clergé de la Dalbade. À proximité du faubourg Bonnefoy, la rue de la Vierge a été baptisée ainsi car une statue de la Vierge était située au fond de l’allée.

    Toulouse compte aussi la rue de la Providence, la rue de la Sainte Famille, la rue de Sainte Mère Église, la rue des Anges, la rue de l’Espérance, la rue du Crucifix…

    Considérée comme une voie privée, un habitant en fit condamner l’accès en 1632 par une porte à l’angle de la rue du Castel dont on voit encore les fonds des deux côtés. N’ayant pas d’issue, elle fut longtemps négligée, et vers 1920 encore, nul éclairage n’y était prévu, rappelle Pierre Salies, dans son Dictionnaire des rues de Toulouse. À la Révolution, elle devient la rue de la Hache. On ne veut pas savoir pourquoi! D’autant que la rue de l’Homme Armé, également dans le quartier des Carmes, n’est pas loin…

    Elle permet de rejoindre le quai Lucien-Lombard depuis la rue des Blanchers.

    Et aussi…

    Rue des Muses

    Rue de la Brasserie

    Rue des Scouts

    Rue du Bon Voisin

    Rue de la Jalousie

    Rue des Braves

    Rue de Rapas

    Rue des Pavots

    Rue Courte

    Chemin de Neigreneys (mare noire)….

    Quand à la rue Gutemberg, elle a été proposée par un patron... d'imprimerie car son atelier se trouvait dans un coin où il y avait des maisons bourgeoises en débandes, au hasard...

    il était pour lui impossible d'indiquer à ses clients où se trouvait son imprimerie et ne cessait de réclamer un nom de rue à la mairie... le responsable du cadastre ne sachant quel nom donner demanda à l'imprimeur: proposez un nom?!! et l'imprimeur dit alors: vous n'avez pas de rue Gutenberg? Non? alors, prenez ce nom. Ce qui fut fait...

    Je tiens cette histoire de cet imprimeur, décédé aujourd'hui, chez qui j'ai été photograveur offsset quelques temps... En effet, je riais en lui disant: vous avez fait exprès d'habiter ici? toujours est-il que c'est bien trouvé! Et c'est alors qu'il me conta cette histoire. Qui est totalement et entièrement vrai, je vous assure! La rue Gutenberg découche sur la rue Neigreneys...

    Certes, il est parfois difficile de retrouver les premières traces de ces rues singulières. Bien loin de nos pensées contemporaines mal placées, ces noms sont souvent le fruit de mélanges linguistiques et de jolies déformations à travers le temps.

  • Sarramauca en Occitanie

    La sarramauca est un personnage féminin imaginaire qui, dans les croyances populaires de l'Occitanie et des Pyrénées, venait la nuit perturber le sommeil des dormeurs en les écrasant sous son poids.

    Sarramauca signifie en occitan "serre (la) poitrine (ou le ventre)". C'est l'équivalent de la Chauchevieille, Caucavielha que l'on retrouve jusqu'à Lyon, de la pesadilla des Pyrénées espagnoles ou une foule d'autres personnages assimilés au Cauchemar5, dont la caractéristique est d'intervenir dans le sommeil et de provoquer sensations d'oppression et d'étouffement, d'écrasement, pouvant aller jusqu'à la mort.

    La sarramauca était souvent invoquée dans des morts inexpliquées de personnes, dont beaucoup d'enfants. Il est à peu près certain que les symptômes ressentis pouvaient être aussi bien ceux d'une mauvaise digestion, que de maladies diverses, et pour beaucoup de nourrissons l'étouffement provoqué par leur propre mère ou leur nourrice, compte tenu des conditions de promiscuité fréquentes aux siècles passés.

    La protection contre la sarramauca ou ses équivalents était la même que celle employée contre la sorcellerie: prières et formules à réciter, rameaux de fenouil ou d'aubépine, etc.

    Une légende dit qu'une femme, tourmentée par la sarramauca, imagina de se protéger en posant sur sa poitrine des penches, peignes à carder à longues dents acérées. Dans la nuit, elle entendit une voix épouvantable lui crier : "Et si je les retournais?", et c'est ce qui lui arriva : elle fut transpercée par ses propres peignes.

    Plusieurs procès de sorcellerie ont eu pour objet des accusations d'étouffement nocturne, notamment à Seix, en Couserans (Ariège).

    Un cauchemar fut longtemps considéré, dans plusieurs traditions populaires, comme une créature s'asseyant durant la nuit sur le torse de sa victime, l'empêchant de respirer correctement.

    Le terme cauchemar dérive de cauquemaire, utilisé au XVe siècle. Il est formé de caucher et de mare.

    Caucher dérive de cauchier (" presser "), qui est un probable croisement entre l'ancien français chauchier ("fouler, presser") XIIe siècle, le latin calcare (" talonner, fouler aux pieds "), et la forme picarde cauquer.

    Mare provient du mot picard mare, emprunté au mot néerlandais mare ("fantôme"), avec le même sens en allemand et en anglais. La mara ou mare est un type de spectre femelle malveillant dans le folklore scandinave.

    Cauchemar a eu une orthographe différente en fonction des localités et des époques : cochemare (1694), cochemar (1718), cauchemare, cauquemare (Picardie), cauquevieille (Lyon), chauchi-vieilli (Isère), chauche-vieille (Rhône), chaouche-vielio (Languedoc), cauquemare, quauquemaire (sorcière), cochemar.

    Cauquemar

    Le cauquemar est un archétype de créature surnaturelle répandu à travers le monde. Les histoires le mettant en scène présentent des variantes mais s'articulent autour d'un élément constant: une créature malfaisante venant troubler le sommeil des êtres humains pendant la nuit, en immobilisant le dormeur et en se posant sur sa poitrine afin de l'étouffer de son poids.

    Le cauquemar est une rationalisation folklorique du phénomène de paralysie du sommeil, un trouble du sommeil pendant lequel le dormeur est conscient mais incapable de bouger et ne peut respirer qu'avec difficulté. La paralysie du sommeil s'accompagne souvent d'hallucinations sensorielles qui ont pu donner corps à la croyance au cauquemar.

    Le mot 'cauquemar' (également écrit cauquemaire, coquemare...) est attesté dans la littérature française antérieure au XIXème siècle mais n'est plus employé de nos jours. L'évolution du mot 'cauquemar' a donné le mot "cauchemar" utilisé en français moderne pour désigner un mauvais rêve.

    Voir aussi sur ma chaîne Youtube: les vampires dans l'histoire de France

    https://youtu.be/SUcvXrEEAeI

    et: https://youtu.be/qOOz3UZD8Cw

     

     

  • Comment Toulouse est devenue la Cité des Violettes?

     

  • La petite enfance de Johnny

    Rétrocognition sur Johnny HALLYDAY

    J'ai “vu“ son enfance…. si cela vous intéresse, abonnez-vous à ma chaine Youtube

    “Paranormal, c'est normal?"

     

  • Faut pas mentir!

     

    La viande était en pratique la principale source de protéines jusqu’à l’invention de l’agriculture il y a 10 000 ans. De nos jours elle n’est plus la seule source alimentaire de protéines. Est notamment cultivée toute une famille de plantes, famille des légumineuses appelée ensuite papilionacées et aujourd’hui fabacées qui ont une racine capable de fixer l’azote atmosphérique et dont les graines sont riches en protéines.

    Les représentants alimentaires de cette famille sont les fèves, les haricots, les lentilles, les pois, etc. dont les graines riches en amidon sont désignées sous l’appellation féculents.

    Selon les tables Ciqual 2016 de l’ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail), les teneurs en protéine pour 100 grammes des principales sources végétales sont les suivantes: tofu (soja)10 g, lentilles cuites 8 g, pain 8 g, pâtes cuites 4 g.

    L’Anses vient de séparer les fabacées des légumes pour en faire une classe spécifique "en raison de leur teneur en fibres et en protéines". L’agence propose de diminuer la viande dans la ration et d’augmenter l’apport de légumineuses. L’impératif de 5 fruits et légumes (à défaut de huit) par jour est maintenu mais l’exclusion des fabacées de la classe des légumes va rendre très compliquée son observance…

    "Les légumineuses constituent une excellente source de protéines: 100 g de légumineuses apportent autant de protéines que 100 g de viande, de poisson ou d’abats sans apporter de graisses saturées“.  clame Aymeric Caron, l’auteur de No steak (Thierry Souccar Editions). Les vaches sont sauvées…

    C’est une tromperie. C’est vrai chimiquement parlant mais faux alimentairement parlant. Il est exact que les lentilles crues contiennent autant de protéines que la viande mais on ne peut pas manger les lentilles crues. Il faut les faire cuire. À la cuisson, les légumes secs triplent de volume et, cuits, leur teneur en protéines tombe à environ 8 g pour 100 g seulement contre 27 g pour 100 g pour un bifteck grillé (Tables Ciqual, 2016).

    Pour un apport protéique équivalent à celui d’un steak de 150 g, il faudrait donc ingérer… 500 g de lentilles cuites ! Nous ne sommes pas capables d’ingérer, et de façon répétée, une telle quantité (énorme volume) et notre système digestif est, lui, incapable de la digérer.

    Par ailleurs, à la différence de la viande, les légumineuses ne fournissent pas tous les acides aminés essentiels mais ont pour certains un acide aminé en quantité limitante, ce qui oblige à les associer à une autre source de protéines végétales (céréales) pour obtenir un bon rapport d’acides aminés. Les légumineuses sont ainsi suffisantes en lysine et limitantes en méthionine alors que les céréales (maïs, riz, blé, orge) sont suffisantes en méthionine et limitantes en lysine.

    Donc, les lentilles ne peuvent ni quantitativement ni qualitativement remplacer la viande (trop faible teneur en protéine, composition en acides aminés mal adaptée).

    La consommation de lentilles ne peut clairement pas constituer un apport protéique suffisant pour les besoins quotidiens. Le pain ayant une teneur en protéine égale à celle des lentilles cuites, il vaudrait mieux pour des raisons organoleptiques (qui est susceptible d’exciter un récepteur sensoriel) et de physiologie digestive remplacer l’apport protéique de la viande par du pain plutôt que des lentilles.

    La seule solution pour remplacer les sources animales serait la mise au point de procédés d’extraction et concentration des protéines à partir de sources végétales, ainsi que le suggère Alex Tabarok dans une publication récente. Sans doute sommes-nous alors loin des considérations sur les qualités organoleptiques et gastronomiques…

    Dans l’état actuel des choses (et de nos habitudes alimentaires) seules les protéines animales peuvent nous permettre d’assurer l’apport protéique correspondant à notre besoin physiologique. Malgré notre empathie pour ces animaux, il parait encore difficile de se passer des vaches, des porcs, des poulets et des poissons.