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Actualité

  • Mai 68 et moi

    J'allais avoir 18 ans au mois d'août. Comme beaucoup d'enfants d'ouvriers, on m'avait envoyée à l'usine (à confection) pour ramener une seconde paye, bienvenue dans une famille sans père.

    Je me levais à 6h30 le matin pour aller à l'usine située à plus de 3 km; il a fallu que j'attende d'avoir 16 ans pour avoir une mobylette; sinon, je partais à vélo. Qu'il vente, grêle ou gèle, fallait aller à la pointeuse.

    A 14 ans, toujours à l'usine et payée à l'heure, je devais travailler 44 heures par semaine, donc le samedi matin. Nous, les mineurs, ont était payés des clopinettes, 0,54 centimes de francs de l'heure. C'était normal de sous-payer les gosses. On devait attendre d'avoir 21 ans pour toucher un salaire entier. Moyennant quoi, au moment de la retraite, si  tu n'as pas un contrat d'apprenti à monter à ces ponctionnaires de la nation, ta retraite, de l4 ans 18 ans, elle ne vaut pas un clou. Ce n'est qu'avec les accords de Grenelle qu'on a cessé de nous sous payer. J'ai commencé à toucher le smig (non pas le smic) entier après 68.

    Un quart d'heure de retard et c'était une demi-heure impayée. Plus d'un quart d'heure, on retirait une heure sur la paye, qui était hebdomadaire, en espèces, dans une enveloppe. En ce temps là, les femmes ne pouvait pas ouvrir un compte-bancaire: il fallait l'autorisation du mari. Pour ma mère qui était veuve, ce fut difficile de l'ouvrir. Après, elle faisait trop de chèques, dépassait son écot et bien sûr, elle a eu des problèmes… On pouvait rien lui expliquer… elle était un peu “juste“.

    Moi-même, à vingt ans, maman-célibataire, j'ai eût, heureusement la chance que mon patron d'imprimerie venait d'entrer dans la banque et, quand il a constaté que le guichetier refusait absolument de m'ouvrir un compte, il est intervenu. Ouf! c'était la banque de son entreprise. Mais, les filles, on a été surveillée comme le lait sur le feu.

    Découvert bancaire, tu rêve! les découverts en ce temps-là, c'était cher, plus que très cher!!! Pourtant, depuis peu, 1966 je crois, nous les femmes, pouvions ouvrir un compte bancaire seule, sans l'autorisation du mari, incroyable par vrai? c'est pourtant pas si vieux… quelques crétins derrière leur guichet refusèrent longtemps.

    A la télévision, une seule chaîne, en noir et blanc, on a vu des trucs pas croyables: des jeunes qui tapaient à coups de bâtons et de pavés les policiers! Ils essayèrent d'entraîner les jeunes ouvriers avec eux… d'un côté, les étudiants barbus, chevelus et fumant la marie-jeanne en veux-en voilà, et les ouvriers qui disaient: “on ne comprend pas ce que vous voulez“… eux, ils étaient à l'usine et content d'avoir un travail et de faire quelque chose de leur dix doigts et cette impression de faire avancer la France…. Un boulot, un appart' et le ou la fiancée, c'était ce qu'on voulait.  Moi non plus, je ne comprenais pas ce qu'ils voulaient ces chicos.

    Sous les pavés la plage? Ah? Ben à Toulouse, il y avait énormément de rue entièrement pavées comme du temps des Romains. Moi, quand j'y passais dessus en vélo, je n'ai jamais vu la plage… que des emmerdements de chaînes qui déraillent, de pneus qui crèvent et surtout, mal au fesses à force de sauter sur la selle. Bon, vous avez compris, la vie des ouvriers et des étudiants, ça pouvait pas être même combat; on ne perdait pas notre temps à user nos jeans sur les bancs des facs en voulant refaire le monde. Le monde, c'est du sang, de la sueur et des larmes. Une fois que tu as compris cela, t'est le Roi du monde.

    Tu le prends comme tu veux, mais, t'est rentier aujourd'hui? tu voyage sans fin en te demandant seulement s'il va faire beau? tu as la santé éternelle? Ben si t'est pas descendant des princes du pétrole, mon pauvre, vaux mieux te lever pour ramener ta paye… et puis, si tu réfléchi, jeans ou costume trois pièces: même combat. C'est la naissance, le mariage, les enfants, la vieillesse et la mort. Tu le tourne comme tu veux, c'est la vie! J'avais envie de leur dire ça… mais, ils étaient trop sûr d'eux pour m'écouter une seconde. Trop sûrs que le monde leur appartenait et qu'ils allaient le changer de force. Ceux, qui ont mon âge aujourd'hui et qui lançaient des pavés, ont-ils obtenu la vie éternelle? et leur pognon -qu'ils ont plus que moi parce qu'ils ont fait des études- ils feront comme les autres, ils ne l'emporteront pas dans l'autre monde. Alors?

    Dans les voitures, plus d'essence. Nous, on était en mobylette: obligées de pédaler durant toute la longueur! Puis, petit à petit, pas de courrier, pas d'électricité, pas de bus, rien dans les épiceries: pas de légumes, pas de lait, pas de farine ni de sucre, RIEN. Tout était fermé. Fallait marcher loin pour trouver un peu de victuailles.

    Mon frère, de 11 mois plus vieux, était lycéen dans un lycée à Saint-Hilaire du Harcourt (la Manche) pour des études spéciales; un seul lycée de ce type en France. Comme tout le monde était en grève et qu'ils n'avaient plus les moyens d'assurer des repas, la direction leur a dit: rentrez chez vous!

    Heu… oui. Comment? pas de bus, pas de train!!! Mon frère est parti en stop… il n'avait pas trop les cheveux longs et était propre sur lui mais, bon en ce temps-là, les gens se méfièrent des auto-stoppeurs à la nuque longue. Alors, il lui a fallu presque trois jours pour revenir à Toulouse (nous habition Rue de la Pépinière, début quartier de la Roseraie). Ma mère s'inquiétait car elle avait essayé de téléphoner au lycée, mais, rien à faire, pas de téléphone.

    Elle courait partout pour demander aux voisins comment faire. Quelqu'un lui a dit: allez à la gendarmerie, eux, vont vous renseigner… Elle a du supplier et pleurer devant un voisin (à qui il restait quelques gouttes d'essence dans la voiture) pour qu'il amène à la gendarmerie; il fallait aller à l'époque à Saint Jean de L'Union (depuis ces deux villages se sont séparés. Il y a Saint Jean et L'Union). Les gendarmes, comme d'habitude, on été serviables: ils sont au service du public. Malgré tout, ma mère et moi avons attendu plus de trois heures trente que la demande parte en Normande et revienne. C'est comme cela que nous avons su pour le frère aîné. Restait plus qu'à attendre qu'il revienne; on le guettait tous les jours. C'était durant la période du blocage de l'usine où on bossait, ma mère et moi.

    A l'usine, donc, 110 filles, communistes voulaient nous empêcher de bosser. Ma mère, au nom de son père, cheminot et cégétiste voulait les suivre. Je lui ai dit qu'on ne s'en sortait pas à deux payes (minables) et que comme on était payées à l'heure, on allait avoir des dettes et de graves problèmes avec les huissiers, la police, etc… On venait de quitter une cité HLM très dangereuse et on habitait un appartement dans une villa: le loyer avait quintuplé!

    Il me fallait “en rajouter“ pour la faire changer d'avis, je pense y être parvenue… le portemonnaie c'est sacré! On forçait un peu pour entrer dans l'usine mais, l'avant-dernière semaine de mai, les 110 fadasses voulaient qu'on soit toutes en grève. Une fille a dit: “faut voter!". Moi, je n'avais pas l'âge... Alors, les grévistes ont été obligées de nous laisser voter. Comme l'usine comptait 450 ouvrières, il y avait tout le matériel qui permettait de voter pour les délégués syndicaux. Alors, on a voté, à bulletin secret: moi, je dis que le vote à bulletin secret devrait être obligatoire dans chaque décision et pas cette guignolerie qu'on voit partout de votes à main levée. Ceux qui ne veulent pas se soumettre aux saints diktats, sont obligés de suivre les autres pour ne pas se faire massacrer ou crever les pneus ou rayer la voiture. Honte aux cons!

     

    Donc, suite à ce vote, on a su qu'il y avait 110 fadasses pour la grève… pas beaucoup sur les plus de 450, vous le concèderez sans peine. Ouf, on allait reprendre le travail et ne pas perdre des heures sur la paye; on se regardait entre-nous, les “bonnes travailleuses“, on était rassurées. On est parties tranquilles car, tout cela avait durée une journée entière on avait tout de même perdu une journée de paye, chacune; ma mère m'a juré qu'elle avait voté pour le travail. Je n'en suis pas très sûre.

    Les 110 abruties ne l'entendirent pas de cette oreille: elles se sont mises en groupe compact, en travers le portail et l'on bloqué. On n'a pas pu pénétrer dans l'usine. Elles ont bloqué la journée entière, en vociférant contre le monde entier; cela faisait peine à voir ces visages tordues de colère et éructant n'importe quoi! Comme font tous les cocos et autres anarchistes; plus la foule hurle, plus elle veut hurler encore et toujours plus fort.

    Le lendemain matin, à 8 heures, elles étaient là. Je ne sais pas à quelle heure elles arrivaient pour nous bloquer le passage, vers les 6 heures sans doute. On est courageux quand on fout la merde… faut ce qu'il faut! Toujours est-il qu'en voyant cela, on devait rentrer en pédalant à vide, en quelque sorte puisqu'on n'avait plus de quoi “nourrir“ d'essence les mobylettes. Au mois de mai, il fait très chaud à Toulouse, croyez-moi. On n'était plus en bonnet et manteaux mais, qu'est-ce qu'on avait l'air cloche à pédaler sur des vélomoteurs (que je pensais, mais bon, imaginez la scène!). Au bout de plus de dix jours, les crétines consanguines ont fini par laisser le passage libre et on a fini par revenir travailler. Mai 68, terminé la chienlit!

     

    Alors, cela a changé quoi, mai 68 pour moi? J'ai continué à bosser et à me lever de bonne heure pour ce faire; ma mère a continué à me piquer ma paye. J'ai remarqué qu'on pouvait, petit à petit, s'habiller en pantalon, entrer dans un café seule…. Il en fallu du temps pour que les mœurs se libèrent chez les gens d'en-bas, croyez-moi.

    Le simg est devenu smic et à bien augmenté. Puis, petit à petit, on a eu plus de congés. Et une caisse de retraite complémentaire. Plus de 38 millions d'ouvriers à engraisser les p(f)onctionnaires, cela n'a pas changé. Té, regarde-les, encore en grève, les égoïstes!

    Et puis quoi encore? rien de mieux. Ya que les bourges qui se sont remplis -mieux- la panse en trouvant des boulots de p(f)onctionnaires; ils ont pu baiser et se droguer comme ils voulaient, ils appelèrent cela: la mode hippie. Ha au fait, Cohn-Bendit a écrit trois ou quatre ans après que les petits garçons aimaient qu'on leur chatouille la quêquête. Oui, je ne mens pas! voilà d'où vient Mai 68 en France. (cela “pétait“ un peu partout dans le monde). Mais chez nous, surtout des bourges et des dépravés. Il y en a encore qui traînent dans les merdias… pardon, les médias.

     

  • Jean-Luc Moudenc, le maire de Toulouse

    raconte les trois nuits de violences au Mirail

    Le quartier du Mirail à Toulouse est, depuis dimanche soir, la proie d'émeutes urbaines. Le maire et président de la métropole Jean-Luc Moudenc a répondu aux questions du Point.

    Le Point : Quelle est votre analyse de la situation ?

    Jean-Luc Moudenc : Depuis mardi, les violences semblent plus circonscrites que les jours précédents, et la préfecture m'assure que la situation est en voie d'apaisement. Les deux premières nuits, on avait 100 à 150 individus dehors, et seulement une trentaine mardi. Les forces de l'ordre, les services de l'État, les services municipaux ont accompli un travail remarquable. On a rétabli le dialogue avec les habitants, ce qui a permis de démonter de fausses informations.

    Les émeutes ont commencé parce qu'il a été dit qu'un jeune détenu qui s'était pendu en prison avait, en fait, été assassiné par les gardiens. C'était totalement faux, mais il a suffi que la rumeur se répande pour mettre le feu aux poudres. Puis, l'arrestation d'une femme portant un niqab a causé beaucoup d'émoi, parce qu'elle ne s'est pas laissé faire, invectivant notamment les forces de l'ordre. Il faut ajouter à cela que la police avait effectué ces derniers jours beaucoup de saisies de drogue sur place, et asséché ainsi le trafic.

    Le cocktail de ces trois événements a enflammé les esprits et provoqué des émeutes. Des groupes ont diffusé des mots d'ordre sur Internet, et voilà pourquoi des incidents ont eu lieu dans des quartiers autres que Le Mirail. Mais le professionnalisme des forces de l'ordre, qui ont procédé à 18 arrestations, a fait son effet. Les rencontres avec la population ont permis de rétablir le dialogue. J'ai émis que je pourrais prendre un arrêté de couvre-feu interdisant aux mineurs de sortir seuls le soir, et cela a aussi joué.

    Allez-vous rendre cet arrêté effectif?

    Il est prêt, il est sur ma table. Je l'ai préparé parce que sur les dix-huit individus arrêtés par la police, six étaient mineurs. Je me réserve encore la possibilité de diffuser cet arrêté si nécessaire. Le seul fait de l'annoncer a participé à l'apaisement de la situation.

    Comment avez-vous vécu ces moments de forte tension ?

    De façon très mobilisée, très attentive et très coordonnée avec l'État. Il y a actuellement beaucoup d'effervescence dans le pays. Chaque fois qu'un foyer de violence apparaît, il faut être vigilant, à l'écoute, investi, tout en restant ferme. Ceux qui provoquent la sédition, la rébellion doivent savoir que les représentants de l'ordre ne plient pas. Il est très important de porter la fermeté républicaine, c'est une ligne de conduite à tenir. Il est essentiel aussi de renouer le fil du dialogue, car, dans un quartier comme Le Mirail, la population est sujette à beaucoup de désarrois, d'incompréhensions, de manipulations. La veille des émeutes, le quartier était parfaitement calme. Il y a eu une éruption soudaine de violence. La plupart des habitants n'ont pas les clés pour comprendre, ils n'ont pour toute information souvent que des images angoissantes à la télévision.

    Le Mirail pose problème à Toulouse depuis des années, et l'État l'a sélectionné pour expérimenter la nouvelle " police de sécurité du quotidien "…

    C'est, en effet, l'un des quartiers où nous rencontrons de manière récurrente des difficultés. Il a été retenu pour tester, à partir de septembre, le nouveau dispositif de " reconquête républicaine" voulu par le gouvernement. Trente policiers nationaux supplémentaires seront alors affectés au Grand Mirail. Mais, d'ores et déjà, la police intensifie ses moyens de lutte contre les trafics de stupéfiants qui empoisonnent la vie des 40 000 habitants.

    Craignez-vous que ces violences fassent tache d'huile?

    Je l'ai craint lundi soir quand j'ai vu circuler sur Internet des appels à l'émeute. Maintenant, on m'assure que la situation est sous contrôle.

    L'arrestation houleuse de cette femme portant un niqab a été l'un des détonateurs. L'islamisme est-il en cause?

    La police a plus d'informations sur ce sujet. Il est vrai que ce sont des quartiers taraudés par l'islamisme. Mais est-ce le cœur du problème? Je ne sais pas. Il faut calmer les esprits. C'est ce que nous nous attachons à faire. Voilà pourquoi nous avons ainsi veillé à ce que les services municipaux de proximité restent ouverts pendant toute cette période afin que la population ne se sente pas abandonnée, comme certains manipulateurs ont cherché à le faire croire. Maintenant, il faut faire attention aux amalgames et éviter les généralités. J'ai eu le Premier ministre au téléphone pour confronter nos analyses et nos informations, j'en ai profité pour lui rappeler que Toulouse était sous-dotée en policiers et en magistrats.

    Toulouse Métropole Ensemble

  • Toulouse, ma belle ville….. regrets…

    Toulouse: nouvelle soirée de violences urbaines après le contrôle d’une musulmane en niqab (MàJ: des voitures incendiées, 2 interpellations)

    Les premiers heurts ont éclaté dans le quartier de Bellefontaine ce lundi soir. Selon la police, des "tirs de mortier" ont été lancés depuis des appartements en coursive. Les policiers ont répliqué par des tirs de grenades et de bombes lacrymogènes. Une barricade est actuellement en flammes rue Paul Gauguin. Plusieurs voitures sont actuellement en flammes dans le quartier.

    Nouvelles violences urbaines ce lundi soir dans le quartier du Mirail à #Toulouse: 2 interpellations, des voitures en feu mais pas de blesséshttps://t.co/SzxaA39t4S pic.twitter.com/bzQQ741RiB

    — La Dépêche du Midi (@ladepechedumidi) April 16, 2018

        Les émeutiers jouent au chat et à la souris avec la police. Il y aurait 2 interpellations. #Toulouse pic.twitter.com/AnLaTkBG0T

     — Fabrice VALERY (@FabValery) April 16, 2018

    Les incidents se multiplient désormais de l'autre côté de la rocade de #Toulouse à la Faourette pic.twitter.com/wCPFpEaK8Q

    — Fabrice VALERY (@FabValery) April 16, 2018

    Plusieurs véhicules en feu à la Reynerie #Toulouse #mirail pic.twitter.com/rBK8CvOvzc

    — Fabrice VALERY (@FabValery) April 16, 2018

    #TOULOUSE – La situation est toujours tendue au #mirail ce soir pic.twitter.com/5FohypKNqj

    — Fabrice VALERY (@FabValery) April 16, 2018

    Incendie de barricades à Bellefontaine le #mirail Toulouse. Très nombreuses forces de l'ordre prises à partie. pic.twitter.com/rmEZRp1kMX

     — Fabrice VALERY (@FabValery) April 16, 2018

    Nouveaux incidents ce soir au #mirail pic.twitter.com/nA4AbeOpDp

    — Fabrice VALERY (@FabValery) April 16, 2018

    La préfecture avait pourtant pris ce lundi un arrêté interdisant la vente et le transport de carburant au détail, craignant de nouveaux incidents. […] selon des sources policières, c’est le contrôle d’identité d’une femme portant un niqab et pour lequel des policiers ont été pris à partie dimanche après-midi qui pourrait être à l’origine de ces événements.

     

    Non mais, on est où là? on est chez nous?

  • Alzheimer: ces patients qui en guérissent

    De nouveaux résultats suggèrent que la maladie est réversible si on intervient sur l'alimentation, l'activité physique, la relaxation.

    Pathologie neurodégénérative caractérisée par le développement de plaques bêta-amyloïdes dans le cerveau, la maladie d'Alzheimer est une forme de démence qui pourrait toucher 100 millions de personnes dans le monde en 2050. Le vieillissement de la population n’est pas le seul responsable de cette évolution ; différents facteurs environnementaux, dont l'alimentation, l'exposition aux toxiques (aluminium), la prise de certains médicaments (anticholinergiques) et le niveau d'activité physique constitueraient des facteurs de risque.

    Récemment, des approches métaboliques ont donné des résultats encourageants sur des patients atteints d'Alzheimer, suggérant qu'il est possible d'inverser la maladie. Explications.

    Des patients retrouvent la mémoire dans une étude pilote

    Une étude de 2016 a suivi les effets d’un nouveau type de traitement personnalisé sur 10 patients. Le traitement du nom de MEND ( pour Metabolic Enhancement for NeuroDegeneration) consiste à travailler sur 36 facteurs comme l’alimentation, l’exercice, les habitudes de sommeil, le yoga et la relaxation… Il utilise aussi des médicaments, des vitamines ou de la stimulation cérébrale.

     Ces changements dans le mode de vie et ces traitements ont duré de 5 à 24 mois ; la plupart des patients ont eu des améliorations bien réelles, comme l’explique l’un des chercheurs, Dale Bredesen, de l’université de Californie, Los Angeles: " L'ampleur de l'amélioration de ces 10 patients est sans précédent. "

    Par exemple, un patient de 69 ans qui était toujours en activité était sur le point d’arrêter son entreprise à cause de ses pertes de mémoire. Des tests montraient qu’il avait les signes d’un Alzheimer précoce. Après 22 mois avec le programme MEND, ses tests cognitifs se sont améliorés et il a pu reprendre son travail. L’équipe explique que " Le neuropsychologue qui a effectué et évalué son test a souligné que son amélioration a été au-delà de ce qui avait été observé chez le neuropsychologue en 30 ans de pratique. "

    Un autre patient de 66 ans, toujours en activité, avait été diagnostiqué avec la maladie d’Alzheimer. Au bout de cinq mois d’intervention, il a arrêté le programme. Son état a décliné et il a eu des pertes de mémoire. Il a repris le programme, ce qui a permis d’arrêter ses épisodes de perte de mémoire. Au bout de 10 mois, son état s’est amélioré et le volume de son hippocampe avait augmenté de 10 % environ.

    La plupart des patients avaient retrouvé des résultats normaux aux tests cognitifs à la fin du traitement. Mais il est encore trop tôt pour savoir combien de temps cela pouvait durer. 9 des 10 patients avaient un risque génétique pour la maladie d’Alzheimer. Cela signifie que les personnes prédisposées pour la maladie d’Alzheimer peuvent empêcher la progression de la maladie.

    L’étude suggère que la perte de mémoire des patients peut donc être inversée par des changements dans le mode de vie des patients et que les améliorations peuvent être durables. Dale Bredesen explique que dans le cas de la maladie d’Alzheimer il n’existe pas de médicament unique capable d’arrêter ou de ralentir la maladie. Comme la maladie d’Alzheimer est complexe et fait intervenir plusieurs facteurs (au moins 36), la solution doit donc être multiple et combiner différentes stratégies. Depuis, Dale Bredesen a fait évoluer le traitement MEND en un protocole baptisé ReCODE, détaillé dans son livre La fin d'Alzheimer.

    Voici le témoignage de deux femmes qui ont suivi le protocole ReCODE:

    Julie: "Je ne me souvenais plus des noms, je n’arrivais plus à situer certaines personnes au sein même de ma famille. C’était terrifiant et très embarrassant. Je crois que le pire de ce que j’ai vécu a été de devoir coller un post-it sur mon volant pour me rappeler de quel côté de la route il fallait que je conduise. Mais en 3 à 4 mois de protocole, j’ai connu des changements significatifs: désormais je reconnais les gens, je sais à qui est tel ou tel enfant, qui est le mari de qui, je me rappelle des professeurs de mes enfants. Et surtout: je conduis en toute confiance. "

    Deborah: "Les premiers symptômes ont commencé il y a 20 ans mais je ne savais pas qu’il s’agissait de la maladie d’Alzheimer: mon vocabulaire s’appauvrissait, je n’arrivais plus à participer aux réunions, à partir du milieu de l’après-midi, j’étais épuisée intellectuellement. Lorsque j’étais jeune, je jouais du piano, et avec la maladie, je n’y parvenais plus. Lorsque je m’asseyais devant un piano, j’étais incapable de déchiffrer une partition. Au bout de deux ans de protocole, je me suis rassise devant un piano et j’ai pu lire à nouveau une partition et rejouer du piano facilement. "

    Le régime cétogène améliore les patients

    Le régime cétogène consiste à diminuer drastiquement les glucides de son alimentation et à augmenter les graisses dans la même proportion. Ce régime intéresse les  médecins qui soignent les patients Alzheimer parce qu'une fois la maladie bien installée, les cellules nerveuses des malades ne parviennent plus à utiliser le glucose comme source d'énergie et finissent par mourir.

    "Chez les malades d’Alzheimer, indique le Dr Michèle Serrand, auteure de Le régime cétogène contre la maladie d'Alzheimer  on observe une incapacité des neurones (cellules nerveuses) à bien utiliser le glucose (sucre) qui est leur première source d’énergie habituellement. Or sans énergie, pas de vie: les neurones ne peuvent pas vivre et fonctionner normalement. Certains chercheurs évoquent la maladie d’Alzheimer comme une sorte de diabète du cerveau, un diabète de type 3. Aujourd’hui, il n’y a pas de médicaments efficaces pour permettre aux neurones d’utiliser le glucose à nouveau normalement. Mais les neurones ont la capacité d’utiliser une autre source d’énergie. Il s’agit des cétones, des substances naturelles issues des graisses."

    Lorsqu’on réduit fortement sa consommation de glucides et qu’on les remplace par des graisses (notamment huile de coco), le foie se met à produire des molécules appelées cétones qui constituent une excellente source d’énergie pour pratiquement tous les tissus du corps. C'est ce qu'on appelle le régime cétogène. Lorsque l’organisme fonctionne à partir des corps cétonique, il est dit en état de cétose, un état proche qui peut être atteint aussi par le jeûne.

    Vous trouverez de l'huile de coco BIO en vente ici: www.biotine-sep.com

    Selon la recherche actuelle, les cétones pourraient être considérées comme des médicaments agissant contre différentes maladies comme l’épilepsie, les maladies d’Alzheimer et de Parkinson, la migraine, certains troubles métaboliques comme le diabète et même le cancer.

    Plusieurs patients ont été améliorés avec un régime cétogène. Au moins 9 facteurs de risque d’Alzheimer sur lesquels on peut agir

    Dans une étude parue en 2015, des chercheurs rapportent que 9 facteurs de risque potentiellement modifiables pourraient contribuer jusqu’à deux tiers des cas de maladie d’Alzheimer. Des stratégies de prévention ciblant alimentation, médicaments, chimie du corps, santé mentale, maladie pré-existante et mode de vie peuvent donc aider à diminuer le risque de démence.

    Les chercheurs ont réalisé une méta-analyse avec 323 publications couvrant 93 facteurs de risque de la maladie d’Alzheimer. Ils ont mis en évidence que l’exposition à certains médicaments – notamment ceux permettant de diminuer la tension artérielle et les anti-inflammatoires non stéroïdiens –, ou aux œstrogènes permettraient de prévenir la maladie d’Alzheimer. De la même façon, des apports élevés en certaines vitamines (vitamine B9 ou folates, vitamines E ou C) ou encore la consommation de café sont associés à une diminution du risque de maladie d’Alzheimer.

    En ce qui concerne les habitudes alimentaires, une consommation plus fréquente de poisson et un régime méditerranéen permettent de réduire le risque de démence.

    Les chercheurs ont ensuite cherché à évaluer la contribution des 9 principaux facteurs de risque au développement de la maladie, soit l’obésité, le rétrécissement de l’artère carotide, le faible niveau d’instruction, la dépression, la fragilité, l’hypertension artérielle, le tabagisme, des niveaux élevés d’homocystéine, le diabète de type 2. Résultats: ces facteurs de risque potentiellement modifiables pourraient expliquer les 2/3 des cas de maladie d’Alzheimer.

    Des recommandations pour prévenir Alzheimer

    En 2013, le Physicians Committee for Responsible Medicine (PRCM) a publié des recommandations pour prévenir la maladie d’Alzheimer. Sept principes réduisant le risque ont été présentés lors de l’International Conference on Nutrition and the Brain qui s'est déroulée à Washington les 19 et 20 juillet 2013:

    • Limiter les acides gras trans
    • Manger surtout des fruits, des légumes et des céréales
    • Veiller à consommer 30 g de noix ou de céréales complètes par jour pour apporter de la vitamine E, un antioxydant associé à un risque réduit de maladie d’Alzheimer
    • Veiller à recevoir 2,4 µg de vitamine B12 par jour (par l’alimentation ou grâce à un complément alimentaire)
    • Eviter les compléments multivitaminés contenant du fer et du cuivre, sauf en cas de prescription médicale. Ces métaux augmentent le stress oxydant
    • Eviter les aliments qui ont été en contact avec des ustensiles de cuisine en aluminium, même si le rôle de l’aluminium dans la maladie reste controversé
    • Faire l'équivalent de 40 minutes de marche 3 fois par semaine.

    A cette liste s'ajoute:

    • S'exposer régulièrement au soleil pour permettre à la peau de synthétiser de la vitamine D
    • Consommer des oméga-3, que l'on trouve notamment dans les huiles de poisson...

    Sources

    Bredesen DE, Amos EC, Canick J, Ackerley M, Raji C, Fiala M, Ahdidan J. Reversal of cognitive decline in Alzheimer's disease. Aging (Albany NY). 2016 Jun 12.

    Wei Xu, Lan Tan, Hui-Fu Wang, Teng Jiang, Meng-Shan Tan, Lin Tan, Qing-Fei Zhao, Jie-Qiong Li, Jun Wang, Jin-Tai Yu. Meta-analysis of modifiable risk factors for Alzheimer's disease. Journal of Neurology, Neurosurgery & Psychiatry, 2015; jnnp-2015-310548 DOI: 10.1136/jnnp-2015-310548

    1. Barnard. Dietary Guidelines for Alzheimer’s Prevention. Nutritional Conference on Nutrition and the Brain. Juillet 2013.