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  • Rougeole: fake news, anti-vax et vraie flambée mondiale.

    Au moins 136 000 morts en 2018 dans le monde.

    Dépassons Val Thorens, la Savoie*, et gagnons Genève. On entend déjà les oukases des anti-vax radicaux. Mais, raisonnablement, quelle autre solution que la vaccination?

    Jeudi 14 février, l’Organisation Mondiale de la Santé a alerté: flambée de rougeole dans le monde – bond d’environ 50% des cas signalés l’an dernier par rapport à 2017. "Quand nous voyons les cas signalés augmenter de 50%, nous savons que nous nous dirigeons dans la mauvaise direction", a déclaré la Pr Katherine O’Brien, directrice du département "Vaccination et produits biologiques à l’OMS".  "Nos données montrent qu’il y a une augmentation substantielle [du nombre] des cas de rougeole, précise-t-elle. Nous le constatons dans toutes les régions. Nous observons des épidémies qui se prolongent et qui prennent de l’ampleur.

    L’AFP rapporte ces données. A la mi-janvier, près de 229 000 cas de rougeole (chiffre provisoire) avaient été signalés dans le monde pour 2018, contre environ 170 000 en 2017.  "Toutes les régions ont vu une hausse des cas l’an dernier", a souligné la Dr Katrina Kretsinger, responsable médicale du Programme élargi de vaccination de l’OMS.

    Épidémies en Ukraine, à Madagascar, en République démocratique du Congo, au Tchad et en Sierra Leone. " Dans la région Europe, environ 83 000 cas ont été signalés en 2018 jusqu’à présent, dont 53 000 en Ukraine " précise-t-elle.

    Et la Dr Kretsinger de rappeler que la rougeole, infection virale hautement contagieuse et pouvant être gravissime dans les pays sous-développés. Elle peut, depuis quelques décennies, être efficacement prévenue à l’aide de deux doses d’un vaccin "sûr et efficace". Et l’OMS de déplorer "la diffusion de fausses informations sur le vaccin" – "notamment dans les pays riches".

    Démocratie et contraintes

    Est-ce là un retour vers l’ancien monde? Selon l’OMS le nombre des cas de rougeole recensés dans le monde avait diminué jusqu’en 2016. " Nous reculons par rapport aux progrès réalisés et nous ne reculons pas parce que nous n’avons pas les outils pour empêcher cela, nous avons les outils pour éviter la rougeole. Nous reculons, car nous n’arrivons pas à vacciner les enfants" déplore la Pr O’Brien.

    Pour cette spécialiste la principale raison de cet échec dans la vaccination des enfants est que ceux "qui en ont le plus besoin n’ont pas accès au vaccin".  De ce point de vue les chiffres de l’OMS sont le triste reflet de l’augmentation du nombre des "Etats fragiles, des urgences sanitaires et des réfugiés". "Les enfants qui ne sont pas vaccinés sont les plus pauvres, ceux qui vivent dans les communautés les plus marginalisées, cela peut être des enfants de réfugiés, de migrants" dit-elle.

    Il est aussi, d’autres enfants, dans les pays riches et démocratiques, dont les parents sont  (terriblement stupides) opposés à la vaccination. Des pays où les pouvoirs publics estiment ne pas avoir d’autres outils que le recours à l’obligation. Et où les fausses nouvelles galopent sur les réseaux sociaux.

     *C’est une "bouffée épidémique", un cluster rougeoleux qui fait tache, information virale peu banale. 8 février: 18 cas enregistrés. Le 12 février ont était passé à 26 cas. Et l’Agence régionale de santé (ARS) Auvergne Rhône-Alpes de sonner une nouvelle fois l’alerte. Une alerte reprise en chaîne par de nombreux médias: les vacances scolaires d’hiver viennent de débuter pour la zone B et Val Thorens va, comme chaque année accueillir de nombreux touristes skieurs, français et étrangers.

    jeanyvesnau.com

    Sur Wikipédia:

    Transmission et contagiosité

    Le virus de la rougeole se transmet directement par voie aérienne (les gouttelettes de salive en suspension dans l'air). Il peut également se propager par contact direct avec les sécrétions du nez ou de la gorge de personnes infectées. Le virus ainsi éjecté reste dangereux au moins 30 minutes et jusqu'à près de deux heures, en milieu aérien fermé (comme celui d'un cabinet médical)8, ou sur les objets et les surfaces.

    La période de propagation du virus commence 2 à 6 jours avant l'apparition de l'éruption cutanée. L'installation du virus dans l'organisme se fait au cours de la période d'incubation. Le virus est présent dans les sécrétions respiratoires dès la fin de l'incubation, jusqu'au 5e jour après l'éruption. Le risque de transmission diminue à partir du deuxième jour suivant l'apparition de l'éruption.

    On sait depuis le XIXe siècle que cette maladie est "hautement contagieuse". La période de contagiosité débute 5 jours avant et dure jusqu'à 5 jours après l'éruption. Le taux de reproduction de la rougeole (calcul du nombre moyen d'individus qu'une personne infectée peut contaminer tant qu'elle sera contagieuse) dans une population non-immunisée est estimé entre 12 et 18, ce qui en fait l'une des plus contagieuses7.

    Complications

    Les complications de la rougeole peuvent être de quatre ordres: respiratoire, neurologique, digestif et oculaire.

    Dans les pays développés, chez l'enfant, les complications les plus fréquentes sont l'otite moyenne aiguë (7-9% des cas), la diarrhée 8%, et la pneumonie 1 à 6%.

    Surinfections bactériennes

    Elles sont causées surtout par des streptocoques (Streptococcus pneumoniae et S. pyogenes), staphylocoque doré, et Haemophilus influenzae. Elles se manifestent au niveau ORL et pulmonaires, et peuvent être à l'origine de détresse respiratoires. Historiquement, avant l'ère des antibiotiques, elles étaient la première cause de mortalité de la rougeole. Elles restent toujours responsables de près de la moitié des décès par pneumonies au cours de la rougeole.

    Complications neurologiques

    La plus fréquente est l’encéphalite aiguë post-éruptive ou post-infectieuse qui survient 3 à 10 jours après l’éruption, dans un cas pour 1000. Elle n'est pas due à une multiplication du virus dans le cerveau, mais elle s'explique probablement par un mécanisme auto-immun. Sa mortalité est de 10%.

    L'encéphalite à inclusion survient chez les patients immunodéprimés, 2 à 6 mois après l'infection.

    La panencéphalite sclérosante subaiguë survient en moyenne 8 ans (9 mois à 15 ans) après l'infection aiguë, dans un cas pour 10 000 à 25 000 enfants ou 100 000. Elle se caractérise par une dégradation progressive des fonctions supérieures et motrices aboutissant au décès.

    Autres complications

    La pneumonie dite interstitielle à cellules géantes (par fusion des cellules infectées) se voit chez les enfants ayant un déficit immunitaire.

    Les kérato-conjonctives sont fréquentes et peuvent se compliquer de cécité, plus particulièrement dans les pays en voie de développement, en cas de déficit en vitamine A, avec près de 15 000 à 60 000 cas de cécités annuels dans le monde. S'en rapprochent l'otite moyenne aiguë et les cas de surdité.

    L'hépatite de la rougeole se voit surtout chez l'adulte.

    Les formes les plus sévères de la rougeole apparaissent chez le jeune enfant souffrant de malnutrition, surtout avec déficit immunitaire ou en vitamine A. D'autre part, la rougeole conduit fréquemment à la malnutrition par ses manifestations digestives (diarrhées, vomissements...).

    Rougeole et immunité

    Perçue comme une maladie bénigne chez un sujet en bonne santé dans les pays développés, la rougeole est en fait une maladie très grave chez les enfants sous-nutris ou vivant dans de mauvaises conditions d'hygiène: en 1980, 2 600 000 personnes, dans le monde, sont mortes de cette maladie.

    Chez nous:

    Selon les données de l'Institut de veille sanitaire, il y a eu 5 000 cas déclarés en 2010 (probablement davantage de cas non-déclarés), parmi lesquels 1 500 ont abouti à une hospitalisation, 9 ont été compliqués d'encéphalite infectieuse et 273 ont été compliqués de pneumopathie. Deux décès sont survenus à la suite d'une complication de la rougeole au cours de l'année 2010, l'un par encéphalite, l'autre par pneumopathie.

    Les données montrent que les taux d’incidence en 2010 ont plus que triplé chez les moins de 1 an et ont augmenté de près de 5 fois chez les adultes de 20 ans et plus par rapport à 2009. La tendance semble encore s'aggraver au début de l'année 2011. Cette année-là on y a notifié 15 000 cas; dont 651 pneumopathies graves, 16 cas d'atteintes neurologiques et 6 décès.

    Au total, de 2008 à 2012, la France subit une épidémie de rougeole avec 23000 cas et 10 décès.

    Celles qui ne font pas vacciner leurs enfants sont des mamans-assassines!

    La bêtise, c'est aussi de la sélection naturelle.

     

  • Je suis tout à fait d'accord. Et vous?*

    Le parti Agir propose que Marianne prenne le visage de Simone Veil, «incarnation de la France et de la République»

    Le parti Agir, emmené par des ex-LR pro-Macron, a demandé aujourd’hui que Marianne prenne le visage Simone Veil, dont un portrait a été vandalisé et recouvert par une croix gammée, ce week-end à Paris.

    "Nous proposons de donner à Marianne les traits de Simone Veil qui est l’incarnation de la France et de la République, de leurs valeurs, de leurs combats, de leurs défis, de leur ancrage européen", a écrit l’une des porte-parole du parti, Fabienne Keller, dans une lettre à Emmanuel Macron.

    "Après Catherine Deneuve, Brigitte Bardot, Laëtitia Casta, cela aurait une vraie signification de donner à notre incarnation nationale le visage de l’une de ses plus grands et illustres serviteur et défenseur", poursuit la sénatrice du Bas-Rhin, selon qui le portrait de l’ancienne présidente du Parlement européen est "un visage rassembleur et un symbole riche de sens pour unir les Français".

    Deux boîtes à lettres de La Poste, situées dans le XIIIè arrondissement de Paris, sur lesquelles figuraient des portraits réalisés au pochoir de Simone Veil, ont été barrées de croix gammées taguées ce week-end. […]

    Le Figaro

    *non et NON: je ne suis pas une pro-macrouille!

     

  • Celtes, Gaulois, Francs: nos ancêtres les Français

    Cinq clichés sur les Gaulois

     […] Des casques à ailettes, des sangliers à la broche, des menhirs et “un petit village qui résiste encore et toujours à l’envahisseur. Astérix et Obélix prennent 60 ans cette année, et avec eux les clichés qu’ils ont immanquablement véhiculés, au vu de leur popularité, en plus d’un demi-siècle d’existence. Pour fêter cet anniversaire, l’artbook du premier album, Astérix le Gaulois, sort ce jour en quantités limitées. Mais au juste, qui étaient les Gaulois?

    “Un sanglier par Toutatis” clame régulièrement Obélix dans la bande-dessinée de Goscinny et Uderzo. C’est sans doute une des images les plus ancrées, grâce à la BD mais aussi en raison d’une erreur archéologique: on a longtemps confondu les longues canines des restes de cochons d’élevage découvertes avec celles de sangliers. En bonne société structurée, les Gaulois pratiquaient en réalité l’élevage (bœuf, porc, mouton, chèvre mais aussi cheval) et l’agriculture (blé, orge, épeautre, lentilles, fèves, etc.).

    Du côté des boissons, les chefs ne donnent pas à tous tant des gorgées d’hydromel, qui reste rare, que du vin. Les Gaulois en sont friands et font un commerce intensif: ils auraient ainsi importé chaque année entre 500.000 et 1 million d’amphores depuis l’Empire romain. En novembre 2014, dans Le Salon Noir, Fanette Laubenheimer, archéologue et directrice de recherche émérite au CNRS, rappelait que les Gaulois consommaient essentiellement de la bière et de la cervoise, le vin coûtant cher et restant un met de luxe:

    D’une part quand Platon dit que les Gaulois sont des ivrognes, cette idée vient de la Grèce ou de l’Italie, parce qu’ils boivent leurs boissons pures. Ils ne sont pas plus ivrognes que les autres. […] Ils buvaient essentiellement dans des grands banquets électoraux, où le chef gaulois va réunir toute sa clientèle. On va boire du vin pour les plus privilégiés, et largement de la bière.

    Des lances, des haches et des épées… mais pas le fameux casque à ailettes qu’Astérix arbore avec fierté. On a longtemps cru que les casques étaient décorés de la sorte en raison des protège-joues (“paragnathides”) retrouvés écrasés et oxydés par le temps, et qui ont été confondus avec des ornements ailés.

    De la même façon, Abraracourcix, le chef du village gaulois, n’aurait jamais pu être juché sur un bouclier rond: non seulement parce que les boucliers des Gaulois étaient de grands boucliers de forme ovale, mais également parce que hisser un chef sur un bouclier est une tradition qui date des Francs, soit après la chute de l’Empire romain.

    Celtes, Gaulois… Même combat? La distinction est souvent difficile à faire. Si tous les Gaulois sont des Celtes, tous les Celtes ne sont pas des Gaulois.

    Les Celtes sont un peuple indo-européen qui trouve ses origines vers 1 200 avant J.-C. au centre de l’Europe et dont la culture s’étend peu à peu à travers tout le continent, des îles Britanniques au détroit du Bosphore. Mais où se fait la distinction entre Celtes et Gaulois? Invité en octobre 2009, de la Fabrique de l’Histoire, Christian Goudineau, professeur au Collège de France, et titulaire de la chaire d’Antiquités nationales, racontait la responsabilité de Jules César dans cette distinction, en – 58:

    Pourquoi identifier un ensemble qui s’appelle Gaule? Qui va le faire? C’est Jules César. Jules César va se conduire comme beaucoup de conquérants… Une fois une conquête achevée, quand il considère que c’est à peu près homogène, il dit voilà, ça, cela s’appelle la Gaule. D’ailleurs les géographes antiques, après César, vont être dans un embarras constant parce qu’ils ne savent plus eux-mêmes distinguer la Gaule, la Celtique; ils vont faire des contorsions absolument épouvantables, parce que le dieu César a forcément raison, il a dit que cela s’arrêtait au Rhin, cela s’arrête au Rhin.

    Alors, comment nommer ceux qui sont de l’autre côté du Rhin? On ne sait pas trop. On va dire les Germains, un géographe comme Strabon dit: on les appelle Germains mais ils sont vraiment exactement, exactement comme ceux qui sont de l’autre côté. (…) Alors, il y a ça, puis il y a un deuxième phénomène, sur lequel on ne saurait trop insister, c’est qu’on a eu la conception que la Gaule était une espèce d’entité farouchement repliée sur elle-même, sans contact pratiquement avec l’extérieur, alors qu’à l’époque qui nous intéresse rien n’est plus faux.

     

    Difficile donc, de prétendre que les “géants guerriers celtes” étaient les ancêtres des Français, ou en tout cas pas plus que partout ailleurs en Europe. En novembre 2014, dans l’émission Le Salon Noir, Jean-Louis Brunaux, directeur de recherche au CNRS, rappelait ainsi que le mythe des ancêtres gaulois était avant tout une construction:

    C’est une histoire ancienne, qui remonte à la Renaissance. C’est une époque où on abandonne, surtout dans l’extrémité occidentale de l’Europe, la recherche généalogique basée sur l’héritage gréco-romain. On s’aperçoit qu’on n’est pas de taille pour rivaliser avec les Italiens et les Grecs et donc on recherche une autre origine, dans la Bible, et très vite à la Renaissance on s’appuiera sur les Celtes.

    Le vent souffle sur les plaines de la Bretagne armoricaine et un petit village "résiste encore et toujours à l’envahisseur". La BD Astérix a toujours donné à voir l’image d’un peuple isolé, à l’abri derrière ses palissades en bois dans un minuscule village perdu au milieu de nulle part. En réalité les Gaulois se regroupent dans des oppidums (ou "oppida"), c’est-à-dire des agglomérations fortifiées. A la veille de la guerre des Gaules, on parle même de “civilisation des oppida” pour désigner ce phénomène d’urbanisation, comme le rappelait Christian Goudineau dans La Fabrique de l’Histoire:

    Au niveau supérieur de la hiérarchie, on découvre, pour cette époque-là, ce que dans notre jargon on appelle les oppida, parce que César emploie ce terme qui est un terme neutre qui veut dire les établissements, les agglomérations, les grandes agglomérations. Et là aussi, on s’aperçoit qu’il y en a beaucoup plus qu’on ne le pensait et surtout qu’ils témoignent d’une organisation politique et sociale tout à fait différente des schémas que l’on avait dans la tête. C’était un grand ouvrage de défense avec pour la Gaule centrale, disons, 100 à 150 hectares, quelques petits artisanats, où en cas de coup dur, les gens se réfugiaient, [avec] une place publique pour, peut-être, que l’on puisse tenir des assemblées…

    Egalement invité de l’émission Concordance des temps en décembre 2015, Christian Goudineau, racontait la découverte puis la fouille de la cité de Bibracte, qui est la capitale, selon Jules César, "des plus anciens alliés de Rome", et où il écrira ses commentaires sur la guerre des Gaules:

    Depuis 20 ans, on a pu mettre au jour une partie importante d’une énorme agglomération, qui fait 220 hectares et qui n’est pas la seule en Gaule. […] Il y a une activité économique extraordinaire, des ateliers métallurgiques, des vestiges commerciaux innombrables, vous avez des maisons… Bibracte n’est qu’un maillon d’une chaîne. On s’est aperçu que ce type d’établissements avec des remparts, des artisanats, des lieux publics, se retrouvaient aussi bien en Autriche, en Tchéquie, en Hongrie. Il y avait un monde qui s’étendait depuis l’Atlantique jusqu’à l’équivalent de Budapest aujourd’hui qui n’était pas organisé en Etats mais comme une cent-cinquantaine de peuples, qui avaient eux-mêmes leur territoire et se gouvernaient. Chaque peuple pouvant avoir l’équivalent d’un ou deux départements.

    En réalité la société gauloise est codifiée et organisée, entre le peuple, constitué des paysans, bergers et artisans, et les nobles, l’aristocratie guerrière et les druides, qui possèdent le savoir religieux. Loin d’être des maisonnettes perdues au milieu de la forêt, les oppidums sont liés ensemble par des routes et certains peuples gaulois sont les alliés de Rome, avec laquelle ils commercent. […]

    France Culture

  • Conservation

    D'après l'Anses

    Œufs, fruits, légumes, huiles, confitures... Qu'est-ce qui va au placard? Qu'est-ce qui va au réfrigérateur?

    "Les œufs, ça va au frigo", "la confiture aussi". Vraiment? le vrai du faux quant aux idées reçues sur la conservation des aliments.

    D'après l'Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire), chaque année en France, un tiers des toxi-infections alimentaires déclarées surviennent à la maison. Parmi les causes possibles, la mauvaise conservation des aliments. En plus de garantir la sécurité alimentaire, bien conserver les produits permet de préserver les qualités nutritionnelles et les saveurs de ce que l'on mange. Alors, où ranger les fruits et légumes? Comment conserver le fromage? Que faut-il faire pour bien protéger le chocolat?

     

    Les bonnes pratiques.

    Les œufs doivent être conservés au frigo

    VRAI ET FAUX. Dans les magasins, les œufs sont stockés à température ambiante. Alors, où faut-il les ranger à la maison? "L'œuf peut se conserver à l'extérieur, son contenu étant stérile. Mais la porte du frigo, l'endroit le plus 'chaud' du réfrigérateur, est un endroit pratique pour ranger les œufs...

    C'est aussi une précaution supplémentaire: on n'est jamais à l'abri d'un œuf fêlé, porteur d'une contamination. Au frigo, on évite le développement bactérien de l'œuf abîmé", explique Laurent Laloux, directeur du laboratoire Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) de sécurité des aliments à Maisons-Alfort. Car la réfrigération ralentit le développement des micro-organismes. Et de rappeler que "si l'œuf est stérile à l'intérieur, la contamination peut provenir de la coquille lorsqu'on la casse".

    Il est donc inutile de laver les œufs avant de les ranger. D'après l'Anses, cela peut fragiliser la surface de la coquille, et donc encourager la pénétration de micro-organismes. Pour la durée de conservation, il faut simplement examiner l'inscription sur la coquille ou la boîte: les œufs sont à consommer de préférence avant la date indiquée, qui correspond à 28 jours après le jour de ponte. 

    Les fruits et légumes se rangent dans le bac à légumes du frigo?

    FAUX. Pour les fruits et légumes, on cherche surtout à "conserver les qualités nutritionnelles et organoleptiques. Il n'y a pas de problématique sanitaire, sauf pour les fruits et légumes préparés, qui doivent être conservés au réfrigérateur", souligne Laurent Laloux. D'une manière générale, "le frais limite la déshydratation et l'altération de l'enveloppe extérieure. Certains fruits et légumes sont plus fragiles que d'autres".

    C'est en effet du cas par cas. "Les fruits d'origine tropicale ne doivent pas être conservés au froid. Cela engendre des problèmes de texture, de brunissement, et une perte de qualité aromatique", explique Catherine Renard, directrice de l'unité de recherche Sécurité et qualité des produits d'origine végétale à l'Inra (Institut national de recherche agronomique) Avignon.

    "Au froid, la tomate perd également son arôme. Si vous mettez des pommes de terre au frigo, l'amidon se convertit en sucre. La patate est donc plus sucrée, et elle a moins de texture", souligne encore la scientifique. 

    Frigo ou placard? Les conseils pour savoir où ranger ses aliments

    Le frigo est recommandé pour les produits qui ont "une évolution rapide", comme la salade, pour conserver une bonne texture.

    "Les courges, les pommes, les oranges, se conservent par exemple longtemps à l'extérieur. Les raisins aussi. Les poires mûrissent vite quand elle sont sorties du froid: on peut donc les stocker au frigo, et en sortir deux ou trois de manière échelonnée", précise Catherine Renard.

    Pour plus d'informations, Interfel (Interprofession des fruits et légumes frais) propose des fiches pour "choisir et conserver" pour chaque produit.

     Dans la corbeille à fruits, il vaut mieux ne pas les entasser, mais laisser un peu d'espace. "Certains fruits, comme les bananes ou les pommes, produisent de l'éthylène, qui active la maturation des autres fruits. Il y a un effet auto-accélérateur", explique encore Catherine Renard. Dans le bac à légumes du frigo, n'oubliez pas d'enlever les éventuels sachets en plastique, qui provoquent condensation et humidité. 

    "Certains fruits et légumes ne bougent pas beaucoup, comme les carottes ou les oranges. L'autre extrême, c'est l'épinard, qui peut perdre en 7 à 10 jours presque la totalité de ses vitamines C et B9. Tous les autres fruits et légumes sont entre les deux, cela dépend de leur activité métabolique. La perte de vitamines est plus importante pour les légumes-feuilles, qui sont en pleine vie quand on les récolte", souligne Catherine Renard.

    On ne doit pas recongeler un produit qui a déjà été congelé

    VRAI ET FAUX. On connaît tous cette recommandation. Mais pourquoi ne doit-on pas recongeler un produit qui a déjà été congelé? Laurent Laloux nous explique ce qui se passe dans le congélo: "La congélation est un moyen de conservation qui ne tue pas les bactéries, mais qui limite leur développement. Quand on congèle une cellule, le volume augmente, l'eau à l'intérieur prend plus de place, et éclate la membrane. Quand on décongèle, la cellule perd son intégrité. Le contenu se libère, ce qui encourage le développement des bactéries. Le terrain est donc plus favorable que pour un produit non congelé."

    Par précaution, il vaut donc mieux éviter de recongeler. Ceci dit, Laurent Laloux nuance, en précisant que ça dépend du produit: "Si un produit est travaillé en cuisson, les bactéries sont détruites. Si on le recongèle rapidement, après l'avoir fait refroidir de manière protégée, il n'y a aucun risque."

    La confiture se range au frigo

    VRAI ET FAUX. Où conserver la confiture? "Si c'est une confiture avec plus de 60% de sucre, elle supporte bien l'extérieur. La confiture "classique" a une teneur en sucre telle que les micro-organismes ne peuvent pas se développer. Mais si c'est une confiture "allégée" ou peu sucrée, elle doit se conserver au frigo", affirme Catherine Renard.

    Les bouteilles d'huile, c'est au placard

    VRAI. L'huile, comme le beurre et les graisses en général, n'est pas propice au développement des bactéries. En revanche, l'huile peut s'oxyder à cause de l'air et de la lumière, ce qui peut engendrer un goût rance et une altération des qualités nutritionnelles, une dégradation des oméga-3 par exemple.

    "Quand la bouteille n'est pas opaque, il convient de la conserver dans un placard, à l'abri de la lumière", explique Laurent Laloux, de l'Anses. Et bien sûr, n'oubliez pas de bien refermer le bouchon.

    On peut dépasser la date limite sans risque pour la santé

    VRAI. Dépasser la DLUO (Date limite d'utilisation optimale) n'est pas dangereux. Toutefois, les qualités physiques, gustatives ou nutritives du produit peuvent être altérées. Comme le rappelle le ministère de l'Agriculture, de l'Agroalimentaire et de la Forêt, la DLUO est affichée avec la formule "à consommer de préférence avant...". Après cette date, le produit (pâtes, riz, boissons...) est toujours consommable mais peut avoir perdu des qualités de goût, de texture...

    La DLC (Date limite de consommation) concerne les denrées périssables (yaourts, viande, poisson...), qui peuvent présenter des risques pour la santé. C'est une date à ne pas dépasser, fixée par la loi ou le producteur, et indiquée par la formule "à consommer jusqu'au...". 

    Le fromage, c'est à température ambiante, sous cloche

    VRAI ET FAUX. Le fromage est un aliment que les bactéries adorent. Mais un fromage tout juste sorti du frigo n'est pas des plus agréables. "Il faut concilier les problématiques sanitaires et organoleptiques. Il ne faut certainement pas laisser le fromage dehors pendant deux semaines. Mais on peut le conserver au frigo, bien emballé, le sortir avant le repas, le mettre sous cloche et le laisser quelques heures monter à température ambiante", souligne Laurent Laloux.

    Il faut aussi faire la différence entre des fromages très divers. "Un chaource ou un comté n'auront pas la même tenue. Quand ils sont frais, les fromages sont plus sensibles", précise Laurent Laloux.

    Idée: quand le temps le permet, mettre le fromage sur la fenêtre!

    La viande va dans la partie la plus froide du frigo?

    VRAI. Mais pourquoi la viande est-elle si sensible? D'abord, chaque aliment a des caractéristiques physico-chimiques différentes (quantité d'eau, présence de sucre etc.), qui font que les micro-organismes s'y sentiront à l'aise pour se développer, ou pas. "Les fruits et légumes, par exemple, on une protection naturelle, on va les laver, les éplucher pour enlever la couche superficielle en contact avec l'environnement. Au contraire, la viande est directement issue de la transformation, c'est un produit brut et fragile, un support idéal pour le développement bactérien", avertit Laurent Laloux. On conserve donc la viande dans la partie la plus froide du frigo, entre 0 et 4°C. A moins de 4°C, la croissance des micro-organismes est considérablement ralentie.

    Un jus de fruit ouvert doit être consommé rapidement?

    VRAI. "Un jus vendu à température ambiante a été traité pour être conservé longtemps, avant ouverture. Un jus vendu au rayon frais a subi un traitement moins important, sa durée de vie est moins longue", explique Catherine Renard. Tant que le bouchon est bien fermé, il faut suivre les recommandations de l'étiquette. Une fois que la bouteille est ouverte, elle se conservera quelques jours au réfrigérateur (en évitant de la laisser traîner des heures dehors). 

    Les jus "maison" se conservent vraiment peu de temps. En plus des effets microbiologiques, "les jus aux agrumes peuvent se déphaser rapidement, des goûts amers peuvent apparaître. Pour les fruits comme la pomme, la poire ou la pêche, les jus peuvent brunir", souligne Catherine Renard. Sirotez donc vite votre boisson "minute".

    Les pâtes, le riz et les farines vont dans des bocaux en verre.

    VRAI ET FAUX. "Les aliments secs se conservent à température ambiante sans problème. En outre, les pâtes et le riz vont être cuits, donc stérilisés. Les bocaux pour les produits secs, c'est juste pour le côté pratique ou esthétique", explique Laurent Laloux. Cependant, "il faut juste éviter l'humidité, qui peut provoquer l'apparition de moisissures".

    En bref, des emballages bien fermés dans un placard à l'abri de l'humidité, c'est suffisant. Cependant, si vous êtes victimes de petites bêtes indélicates comme les mites alimentaires, mieux vaut préférer les bocaux.

     

  • Riez, gens d'Occitanie!

    Être végétarien: c'est mauvais pour la santé

    Une étude scientifique montre qu’être végétarien rend plus souvent malade. À l’inverse les gros mangeurs de viande ont une vie plus saine.

    Par Pierre Gosselin. Contrepoints.org

    Ce n’est un secret pour personne: la plupart des végétariens sont souvent des écologistes radicaux et des alarmistes du climat particulièrement hystériques. Il est possible que l’université de Graz en Autriche ait découvert une raison à cela: leur régime alimentaire malsain.

    Une nouvelle étude de l’université de Graz conclut que les végétariens sont plus souvent malades et ont une qualité de vie moindre que celle des personnes mangeant de la viande. Selon le communiqué de la presse allemande, les végétariens sont " plus souvent sujets aux cancers et aux problèmes cardiaques". L’article déclare également qu’ils sont plus souvent atteints de troubles d’ordre psychologique. En conséquence, écrit le rapport, ils représentent une plus grande charge dans le système de sécurité sociale.

    Selon le communiqué de presse, les scientifiques ont étudié des données de l’Austrian Health Interview Survey (AT-HIS), qui fait également partie d’une des enquêtes les plus importantes et reconnues de l’UE (European Health Interview Survey).

    Les scientifiques ont utilisé un panel d’un total de 1320 personnes qui étaient divisées en 4 groupes de 330 personnes chacun. Tous les groupes étaient comparables en termes de sexe, d’âge et de statut socio-économique. Cette étude prenait également en compte le tabagisme ainsi que l’activité physique. L’IMC (Indice de Masse Corporelle) se trouvait également dans la moyenne (22,9 – 24,9) pour les quatre groupes. La seule chose vraiment différente parmi ceux-ci était le régime alimentaire. Les quatre groupes étaient:

    végétariens

    mangeurs de viande avec beaucoup de fruits et de légumes

    mangeant très peu de viande

    mangeant beaucoup de viande

    plus de trois quarts des participants étaient des femmes (76,4%)

    Les végétariens considérablement plus victimes de maladies chroniques

    Le communiqué de presse indique que les résultats contredisent les clichés communs sur le fait que les régimes sans viande sont plus sains. Les végétariens ont deux fois plus d’allergies que le groupe mangeant beaucoup de viande (30,6% contre 16,7%) et ils sont soumis à un taux supérieur de 166ù de risque de cancer (4,8% contre 1,8%). De plus, les scientifiques ont découvert que les végétaliens avaient un taux de risque de problème cardiaque supérieur de 150% (1,% contre 0,6%). Au total, ils ont étudié près de 18 maladies chroniques différentes. Comparé aux mangeurs de viande, les végétariens étaient plus touchés pour 14 d’entre elles (78%) y compris l’asthme, le diabète, les migraines et l’ostéoporose.

    L’université de médecine de Graz confirme les découvertes faites par l’université d’Hildesheim: les troubles psychologiques sont plus fréquents chez les végétariens, déclare le communiqué de presse.

    Aux racines de l’anxiété et de la dépression?

    Dans cette analyse, l’université de Graz remarque que les végétariens étaient deux fois plus sujets à l’anxiété et à la dépression que les gros mangeurs de viande (9,4% contre 4,5%). Ce résultat a été confirmé par l’université d’Hildesheim qui avait noté que les végétariens souffraient de façon plus significative de dépression, d’anxiété, de maux psychosomatiques et de troubles alimentaires. Les scientifiques de Graz révèlent également que les végétariens tombent plus souvent malades et se rendent plus souvent chez le médecin.

    Les mangeurs de viande apparaissent également comme ayant une "qualité de vie bien meilleure toutes catégories confondues" comme le démontre l’étude. Les quatre catégories étudiées étaient: santé physique et psychologique, relations sociales et qualité de vie liée à l’environnement.

    Une science qui doute

    Une fois de plus, il ne s’agit pas de la première étude qui a récemment contredit les idées que les végétariens vivaient plus sainement. L’étude la plus importante au monde concernant la nutrition (EPIC) indique que les végétariens ont, au contraire, tendance à mourir plus jeunes.

    Récemment, des experts ont démontré que les bénéfices sanitaires présumés liés à un régime végétarien tiennent plus du mythe et des légendes. Par exemple, selon le Professeur Ulrich Voderholzer, Directeur et Chef Médecin de la Schön Klinik Roseneck et expert en troubles alimentaires, les promesses faites par les associations végétariennes "ne sont pas scientifiquement prouvées“.

    Le communiqué de presse de l’université de Graz déclare: "Il s’agit plus d’un message idéologique qui suggère de fausses promesses“.

    Avant d’ajouter: "Concernant la prévention des cancers grâce aux fruits et légumes, le Prof. Rudolf Kaaks du Centre de Recherche Allemand sur le Cancer DKFZ indiquait: " Il n’y a pas de relation; 0,0% ". "

    Les écolos ne sont pas seulement crédules en matière de science climatique, mais nombreux sont ceux qui le sont aussi à propos des sciences nutritionnelles. Les mangeurs de barres de céréales et câlineurs d’arbres bisounours semblent donc être les plus mal informés de la planète.