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Livre

  • Le vent de chez moi

    Photo: canal du Midi

    Le vent d'autan est un vent soufflant dans le sud/sud-ouest de la France, en provenance du sud-est/sud-sud-est, affectant la partie orientale du bassin aquitain et le sud-ouest du Massif central. On dit de lui, dans les régions où il sévit — c'est-à-dire principalement le Languedoc en région Occitanie et la Guyenne en région Nouvelle-Aquitaine —, "qu'il peut rendre fou". L'autan est le maître du Lauragais par sa violence, sa vitesse et ses effets dévastateurs. Son importance dans la vie des populations lauragaises est si significative, que toute une littérature lui est consacrée avec une foule d'observations précises et de proverbes.

    Les dégâts qu'il entraîne dans les récoltes, dans les maisons (il ne faut jamais ouvrir les fenêtres par vent d'autan), sur les arbres fruitiers, le font appeler le "vent du diable", comme si c'était le Malin qui l'envoyait sur Revel ou sur Castelnaudary pour punir les hommes de leurs péchés ...

    À Bram (où est née ma mère) ou à Castelnaudary, on l'appelle le marin, c'est à dire le vent qui vient de la mer Méditerranée. L'Autan provenant de l'occitan autan [auta], issu du latin altanus qui signifie "vent de la haute mer". Mais son domaine ne se limite pas au Lauragais puisque son souffle se fait sentir jusqu'à Rodez, Cahors, Agen ou Auch. Sa vitesse et sa violence sont maximales vers Castres et en Lauragais où les vitesses records sont observées à Dourgne, Revel, Saint Félix de Lauragais (où j'ai vécu pendant 6 ans), Les Cassès (lieu du bûcher de 1211 où périrent des dizaines de cathares)… il peut atteindre les 100 km/h ou plus en rafales (122 km/h mesurés à Toulouse le 14 avril 2003 ainsi que le 19 octobre 2012). Il fut notamment responsable du basculement du train Toulouse-Revel le 4 mai 1916. Il est le plus violent dans le sud du Tarn autour de Castres où il dépasse fréquemment les 100 km/h et atteignit 130 km/h à Dourgne le 14 avril 2003.

    Les directions de l'Autan sont variables. Il peut venir du Nord Est (l'autan de Sibérie ou manja fanga), plus généralement du Sud Est, parfois du Sud alors appelé vent d'Espagne, vent de Pamiers, de Mazères où même de Lybie. Plusieurs jours avant qu'il ne souffle, signe annonciateur, on peut voir très nettement les Pyrénées: "l'autan bol bufa" (l'autan va souffler) observent alors nos paysans. (bufa: dire boufa).

    Il se lève, lentement d'abord, furieusement ensuite. Il couche la végétation, dépouille les arbres de leurs feuilles ou de leurs fleurs, brise les branches chargées de fruits (une des raisons, sans doute, pour laquelle il n'y a que très peu de cultures fruitières en Lauragais), abîme les vignes. En juin, il peut "moissonner le blé" avant les hommes. Il abat les cheminées et les antennes de télévision ou fait faire la culbute aux anciennes "2 chevaux". En mai 1916, il y eut même mort d'homme lorsqu'il renversa sur la voie, à un kilomètre de Revel, plusieurs wagons du petit train du Lauragais (aujourd'hui disparu). Au lycée de Revel, une classe préfabriquée a été complètement retournée.

    L'autan est bien sûr entré dans l'histoire. "La Chanson de la Croisade contre les cathares 1209-1229" dépeint avec réalisme la tempête d'autan qui accompagnera l'ultime attaque lancée par les Croisés lors du siège de Toulouse, le dimanche 1er juillet 1218. Les historiens de Toulouse évoquent immanquablement l'incendie de la ville sous Louis XI, le 7 mai 1463, qui fut attisé par l'autan et détruisit sept mille maisons, soit les deux tiers de la cité.

    Le vent du diable est détesté par les populations paysannes. L'autan est interprété comme une lutte manichéenne entre le bon vent ou "vent de Dieu" (représenté par le vent d'Ouest ou Cers) et le mauvais vent ou "envoyé du Diable", celui de l'Est). Il ravage les récoltes, casse, brise les champs de maïs et de tournesol. Dans les barriques, le vin "tourne" et se transforme en vinaigre. Il était jadis le vent des moulins à vent dans le sud du Périgord, le Haut-Agenais et le Lauragais.

    Les anciennes habitations étaient quant à elles adaptées à l'autan. L'axe principal de la métairie était ainsi parallèle à la direction du vent qui se heurte toujours à un mur sans ouverture. La cuisine était placée au midi et souvent protégée par un auvent appelée "la capelada". Aujourd'hui ces impératifs sont complètement oubliés et l'on s'étonne que, par vent d'autan, portes et fenêtres claquent brutalement avec souvent des bris de vitres ...

    L'autan est un vent tourbillonnant. Il peut souffler en rafales à 90 km/h, passer à 10 km/h pendant une vingtaine de secondes, et repartir brusquement; ce qui le rend d'ailleurs si pénible à ceux qui ne le supportent pas. Les gens supportent très mal ce vent fou qui provoque des migraines, une fatigue anormale, et une excitation que les enseignants retrouvent chez leurs élèves. On dit qu'il peut déclencher des accouchements... (explication scientifique au phénomène selon un obstétricien de la maternité du centre hospitalier d'Albi. "La diminution de la pression atmosphérique libère les électrolytes contenues dans le liquide amniotique, ce qui favorise la rupture de la poche des eaux et donc le déclenchement du travail“. Les gens qui sont irritables ou spasmophiles vont réagir beaucoup plus facilement. Pas au point d'être internés, mais ils seront beaucoup plus excités.

    On a aussi observé une corrélation entre le vent d'autan et une ionisation accrue de l'atmosphère. C'est donc cette électricité dans l'air qui serait le phénomène déclenchant des crises d'angoisse ou d'irritabilité de certains quand souffle le vent d'autan? D'autres médecins préfèrent une explication beaucoup plus rationnelle basée simplement sur le bruit généré par le vent. Le Dr Dominique Rey a pu établir une corrélation statistique significative entre l'autan blanc et les cas d'angine de poitrine (23% des cas), d'infarctus (23,5 % des cas) et de troubles du rythme cardiaque (36,5% des cas). De la même façon, il a établi une corrélation entre l'autan noir et l'infarctus du myocarde (26,5% des cas)... mais pas entre l'autan noir et les troubles du rythme cardiaque.

    Un dicton est bien connu: "quand l'auta bufa, los fats d'Albi dansan" (quand l'autan souffle, les fous d'Albi dansent). Le vent agit également sur les animaux: les bœufs donnent des coup de cornes, les chevaux des coups de pied, les chiens mordent, les vipères attaquent. Même les poissons n'ont pas faim suivant le dicton "l'auta es pas cassaire, es pas pescaire, es pa femnejaire", soit "l'autan n'est pas chasseur, n'est pas pêcheur, n'est pas favorable aux coureurs de jupons", (dans femnejaire, il y a le mot femna, la femme).

    Il existe plusieurs formes:

    Tout d'abord la plus usuelle dite l'autan blanc dont la durée de souffle peut aller jusqu'à une semaine; c'est un vent associé au beau temps; frais en hiver, chaud en été, il provient de l'association entre une situation anticyclonique sur l'Europe de la Baltique et un front dépressionnaire situé sur le Portugal;

    L'autre forme, moins fréquente, est l'autan noir, qui opère dans le prolongement d'un vent marin dont le taux d'humidité est très élevé, et le flux très marqué, permettant aux entrées maritimes méditerranéennes de s'affranchir des obstacles orographiques et de pénétrer dans la zone d'influence de l'autan: c'est un vent doux qui peut amener des précipitations. Sa durée de souffle n'excède généralement pas les deux jours; il est lié à un régime dépressionnaire situé dans le golfe de Gascogne et se déplaçant vers le nord-est.

    Le vent d'autan s'inscrit dans le paysage. Sur la route, entre Castelnaudary et Revel, on peut voir des platanes qui sont déformés par le vent et -donc- l'on voit concrètement la direction d'où il vient. Regardez toutes les anciennes métairies, toutes parallèles à la direction du vent. A Soréze ou Revel, on aperçoit encore de grosses pierres sur certains toits. Toutes les métairies étaient entourées de haies brise vent, avec beaucoup d'ormeaux. Aujourd'hui, ceux-ci sont morts, beaucoup de haies ont disparu, mais regardez les haies modernes que l'on replante un peu partout, pour se protéger ou mettre à l'abri les parcelles portant blé, tournesol, ou pastel (vers le Mas Saintes Puelles par exemple): contre quoi? mais l'autan, bien sûr!

    Toutes les croyances populaires indiquées ici, ne seraient donc pas que du vent!

    Bibliographie:

    Jean Odol : "Le Lauragais, pays des cathares et du pastel" Editions Privat. 1995

    et wikipédia

  • Comment Cloclo s'est accaparé Podium...

    Dans le courant de la fin de l'année 1971, mon patron vint me voir et me dit: “Josyane, tu va avoir beaucoup de travail sur la photocomposeuse

    “????

    “Nous allons réaliser un magazine qui sortira tous les mois.. un magazine sur la musique; Il y aura beaucoup de travail, on va devoir donner un sacré coup de collier“.

    J'ai 21 ans, je suis maman célibataire, le travail ne m'a jamais fais peur… aujourd'hui encore.

    J'ai été embauchée pour être “opératrice en photocomposeuse“… Je suis très rapide pour écrire à la machine à écrire (en ce temps-là, c'est tout ce qui existe en matière d'écriture). La photocoposeuse est un sorte de machine à écrire qui justifie le texte. C'est IBM qui tente de s'emparer le marché des imprimeries avec cet appareil qui se veut révolutionnaire. Afin de remplacer les linotypie (machine qui sort le texte en plomb, à l'envers… avatar de l'invention de l'imprimerie de Gutemberg en 1435 environ).

    Le seul problème, ces machines ultra-moderne pour l'époque ne sont pas fiable du tout: jugez-en. Il faut taper le texte deux fois. Une première fois, on aperçoit un curseur qui se déplace sur une ligne gradué et il faut relever le code. Ex; vert 9. Le seconde fois, avant de retaper le texte, il faut tourner un gros bouton et le positionner sur la couleur verte et le grade 9… cela permet de voir le texter se justifier et de réaliser une colonne bien droite. Sauf que, ces machines ne sont pas fiables et le texte est rarement justifié. Le patron s'en arrache les cheveux, la machine a coûté très cher… et ne sert à rien. Il préfère les bonnes vieilles lignes de plomb.

    Mais comme il est un patron qui réalise toutes les impressions du parti communiste de la région Midi-Pyrénées, il n'allait tout de même pas licencier une jeune maman célibataire! de plus, il était secrètement amoureux de moi (il m'avait proposé de m'installer dans un appartement et de payer le loyer, à condition que je le reçoive deux fois par semaine… comme si j'étais une cocotte de la Belle Epoque!). Ce que j'avais, bien sûr refusé… Non mais!

    L'imprimerie possédait deux machines offset et deux linotypes. Elle comptait une quinze d'ouvriers et d'ouvrières, car, en plus de sortir les feuilles imprimées, il fallait souvent ce que l'on surnomme le “travail de table“: réaliser des carnets, de petits livrets, des blocs-notes… bref tout ce qui se faisait en matière de petits supports d'écrits. Comme le travail de photocompo ne pouvait se réaliser avec la fameuse machine, je devais me trouver du travail dans les autres départements de l'imprimerie: la photogravure, la retouche de négatif, le travail de table, le montage du papier en machine, la surveillance des machines typos….

    J'avais aperçu très souvent les trois protagonistes du magazine que nous allions fabriquer. Il y avait le patron d'un orchestre (très connu et très suivi dans les baloches et fêtes des environs de Toulouse, du nom de Sentimental Trumpet); il y avait un journaliste de radio, Sud Radio pour la nommer. Je pense qu'il faisait dans les rencontres sportives du Téfécé et du Stade Toulousain… et enfin, un caméramen de FR3 Midi-Pyrénées qui, par la suite est devenu un grand éditeur parisien, spécialiste des livres écrits par des célébrités… comme mon amie Pierrette Brès.

    Le magazine s'intitula Podium. Il était vendu dans tous les kiosques de France. Cela m'impressionnait. Le premier numéro, en couverture, parlait d'un étonnant nouveau chanteur dont la chanson “The fool“ était sur toutes les lèvres cette fin d'année-là; les trois co-directeurs en parlaient entre eux: incroyable, il était aveugle! La seconde une fut réservée à Johnny et informait sur sa nouvelle tournée, qualifiée de “caravane“. Les trois co-directeurs qui avaient un emploi ailleurs nous avait délégué un drôle de personnage, barbu et chevelu, genre artiste engagé, étudiant éternel aux Beaux-Arts de Toulouse, qui faisait la liaison avec les “patrons“ et les autres quidams extérieurs. Il faisait la mise en page; coordonnait les divers articles, les emplacements publicitaires, faisaient des dessins amusants et… les mots croisés.

    En, le voyant réaliser la grille (c'était très long et il le faisait en deux autres taches) j'étais fortement curieuse. Cela me plaisait et je lui posais des tas de questions. Il me dit que sur une grille 10 par 10, il ne fallait pas plus de 11 cases noires; “et s'il y en a plus? demandais-je…

    Cela veut dire que le réalisateur de la grille n'est pas bon… 12 est un grand maximum“.

    Je m'attelais à la tache, moi qui adorais les chiffres et les lettres (les lettres surtout). Et j'ai réalisé un grille après beaucoup de travail. Je lui ai fièrement montré et il l'a tellement approuvé qu'elle est passée dans le magazine: le roi n'était pas mon cousin!

    Nous recevions tous les 15 jours, deux 30 tonnes de ramettes de papier. Et, j'aidais les gars à les ranger dans l'atelier; ça pèse le papier, vous le savez mais une ramette, outre son poids avait une surface de 1,20 ou 1,30 m de surface sur au moins 90 cm… (je dis au pif, je ne me souvient plus de la surface exacte, c'était dur à manipuler)… les hommes en prenaient deux à la fois, moi, une seule… mais, que c'était lourd! J'étais hyper-costaude… pour rire, on faisait le “bras d'acier“ souvent, entre nous et… j'étais la 2e.. je battais toutes les femmes et même des hommes et même, un jour, le massicottier… il était pourtant hyper-costaud!

    L'imprimerie, je l'ai dis avait deux machines offset.. le seul souci était qu'elle était une seule couleur… pour réaliser le magazine qui était quadri, nous devions passer chaque feuille, 4 fois en machine… c'était très, très long. Surtout, le lavage des encriers entre les passages. Une machine était réservée au noir, qui était la couleur la plus utilisée, la seconde était pour les trois autres couleurs. Chaque fois, reprendre la pile de papier, l'aérer à plusieurs reprises avant de re-monter une pile qui “prendrait“ la nouvelle couleur. Quand c'était imprimé, il fallait massicoter puis passer à la plieuse, rassembler et piquer les agrafes au milieu.

    On était toujours en retard…. on travaillait 6 jours sur 7; de 6 heures le matin à deux ou trois heures la nuit suivante…. j'en ai fais, des heures supplémentaires! mais, j'en avais besoin pour payer la nourrice de ma fille, hop', la moitié de la paye en l'air… (pas d'alloc de frais de garde, en ce temps-là!

    Au bout de huit mois, ce n'était plus possible de travailler ainsi… le Vieux Loubet a commandé une autre offset, à deux planétaires… ainsi, on pouvait, d'un coup, passer deux couleurs… Podium marchait très bien… il était considéré comme un magazine de très haut niveau de réalisation dans la cohorte des magazines pour les jeunes. Le papier était de 110 grammes et la couv' de 130, glacée, genre kromecott.. Les textes étaient fort bien écrits et “se tenaient“ pour un magazine de la jeunesse. Les ventes augmentaient de mois en mois…. de 50 000 exemplaires mensuels, on était passé à 55, 60, 70.. La pub rentrait à flots….

    Cependant, malgré le 2e planétaire, le magazine était réalisé avec beaucoup trop de lenteur… on en était arrivé à devoir planifier chaque numéro un mois et demi à l'avance.

    Un jour, il fallu se rendre à l'évidence, ce n'était plus possible; malgré l'amitié des fils Loubet, de leur père et des créateurs de Podium, une décision s'imposait: trouver une autre imprimerie et, tant que faire, un associé car le magazine s'était bien trop développé. Les trois co-directeurs se sont mis à rechercher l'une et l'autre.

    Et puis, c'est le fils cadet du patron qui m'a expliqué que n'ayant pas trouvé d'investisseurs suffisamment intéressés, Lafon qui, depuis six mois travaillait pour sa chaîne à Paris, réussi à obtenir un rendez-vous de Claude François, qu'il avait rencontré lors de passages sur la chaîne.

    Lafon, Bernadini et Capdevielle, les trois acolytes se rendirent au rendez-vous avec la super vedette de ce temps-là (après Johnny que je dis!), étalèrent quelques magazines devant lui et expliquèrent leur souhait de trouver un investisseur. Cloco les a écouté sans trop les interrompre puis il dit: “je ne m'associe pas, j'achète!". Il savait déjà ce qu'il allait en faire: laisser tomber le luxe et la sobriété du magazine pour en faire le nouveau journal de la jeunesse, criard et m'a-tu-vu que l'on sait. Qui, plus tard, à été marié à un autre magazine et dont on modifia le nom… on ne donne pas ce qu'elle veut à la jeunesse, on la met dans une case “débile sous culturée“.. elle devient ce qu'on lui donne à “manger“.

    Lafon est resté à Paris, Bernardini a acheté le plus vieux hebdomadaire de France, un journal sur les courses de chevaux qui, je crois, date de 1775 environ, Capdevielle est resté chef d'orchestre un certain temps… il devait se battre contre la montée en puissance d'un autre orchestre, de Montauban, appelé Goldfinger… nous, les jeunes, on n'allait plus que dans les fêtes animées par l'un ou l'autre de ces sacrés bons orchestres qui jouaient “notre“ musique… Un jour, Goldfinger est devenu “Gold“… Mais, ça, c'est une autre histoire….

    Je pense avoir les deux ou trois premiers numéros de Podium qui traînent, quelque part, chez moi…

     

  • 25 ans pour réaliser le dictionnaire Occitan!

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    Rencontre avec Arve Cassignac

    - Paraulas (mots) -> Plus de 91 500 mots dans le sens Français - Occitan, Conjugaison détaillée de 38 verbes occitans, Plus de 105 000 mots dans le sens Occitan - Français"

    Pour le journal du Gers Jérôme Piques a rencontré  Arve Cassignac à Toulouse, pour la réalisation de son dictionnaire.

    Combien de temps pour cette réalisation?

    "25 ans à 5 heures par jour (sauf dimanche enfin en général!)

    Quelle méthode pour ce travail?

    Les verbes basés sur le présent vesi, veses etc. -> véser et pas veire

    Les verbes classés dans l'ordre "logique" le premier groupe (c'est le 3e des français) le "rasigal" (irrégulier parce que les plus courants) le 2e les verbes en -ir (dormir, sortir etc.) inchoatif, et le plus récent (et ...) régularisé en -ar (français en -er (cantar, passar, manjar  etc.)

    Les "paraulas" (mots) ex-  -> eiss- (exemple: exemple -> eissemple (orthographie du moyen-âge et jusqu'en 1945 (Mistral, Piat et E. Levy entre-autres...)

    Les "paraulas" (mots) ex-  -> es- (exemple: expliquer -> esplicar (orthographie du moyen-âge et jusqu'en 1945 (Mistral, Piat et E. Levy entre-autres ..)

    Chaque dialecte a une partie  de la "koiné" d'origine je l'ai reconstituée à peu près

    Chaque dialecte Restitué géographiquement et temporellement, et recentrée (sinon Gascons et Provençaux et Gavòt !!!!) convivéncia -> convivença (fr: coexistence, convivialité -> oc: convivença -> esp: convivéncia et italien: convivenza et Portugais: coexistência"

    La langue est basée sur la créativité

    "La créativité (endo-créativité) préfixe + racines + suffixe et les verbes (plus explicite qu'en français) préfixe + racines + suffixe (eux aussi) et sur les évolution internes de la langue (considerar -> consirar, extravagança -> estragança, etc.)

    La  prononciation c'est autre chose mais il y en a une (recommandée) pour ceux qui en ont besoin franchimand et néo-locuteurs."

    Où est t-il diffusé, quels sont les moyens de production?

    "On peut le trouver à la  FNAC, ombres blanches et sur internet (http://www.dictionnaire-occitan.com/index.php)

     Il est  auto-édité car pas d'aides publiques (nous n'en voulons pas!)

     Comment est-il diffusé? Comme on peut essentiellement internet"

    Poursuivrez-vous ce travail pour la langue Occitane?

    "Le dictionnaire sera réédité en 2018 et tous les 3 ans si c'est possible (???)".

  • Le Livre Inter est toulousain

    Le jeune philosophe et romancier toulousain Tristan Garcia vient d'être désigné 42e lauréat du prix du Livre Inter. Son incroyable et très architectural roman "7" a séduit ce dimanche le jury placé sous la présidence d'Agnès Desarthe. Un prix qui illumine un peu plus la Ville rose.

    Lors de sa sortie à la fin de l'été 2015, " 7 " n'avait pas à proprement parler retenu l'attention des jurys littéraires. Mais la critique était déjà unanime autour de ce roman à la structure architecturale incroyable, aux sens cachés livrés par sept récits et autant de genres littéraires. Hier, le jury du Livre Inter lui a attribué la 42e palme de son histoire au terme de longues délibérations (quatre tours de scrutins) avec une voix de plus que Le Grand Marin, le roman de Catherine Poulain.

    Logique, "7" – dont il ne faudra pas oublier à la lecture de ses lignes le sens premier de ce nombre – se déroule entre fantastique et science-fiction. Mais sur le fond, sa trame n'est rien de moins qu'une réflexion sur le destin. "Les hommes n'ont pas de désir plus profond que de soumettre celui qu'ils sont au jugement de celui qu'ils ont été", rappelle Tristan Garcia.

     "7" raconte l'histoire d'un dealer qui tombe sur une drogue permettant de remonter le temps et de changer le ressenti de celui qui la consomme ; puis celle d'une star du rock qui n'en revient pas d'entendre "Walking backwards", un morceau daté du XIXe siècle qu'il croyait avoir composé dans les années quatre-vingt… De même, le récit composé sur "Visage", cette femme d'une beauté exceptionnelle est tout aussi déroutant qu'éclairant sur les fameux doubles que chacun d'entre nous posséderait en ce monde… Et ainsi de suite jusqu'à la septième et dernière histoire. La plus longue.

    Cette aventure d'homme qui meurt et renaît sept fois en se rappelant à chaque fois ses vies antérieures est sans aucun doute le socle de "7".

    "De fausses histoires sur la modernité"

    Exploration réaliste de divers milieux sociaux, ce roman est au final le récit fantastique d'une humanité qui tourne volontairement le dos à la vérité et préfère se raconter des histoires.

    À La Dépêche du Midi, en septembre 2015, Tristan Garcia déclarait ceci : "L'idée de départ était de croiser des univers différents. C'est quelque chose que je pratique depuis mes débuts en littérature : j'aime passer du roman classique à des genres comme la science-fiction ou le policier. Et la plupart des textes qui forment "7" répondent à cette envie de chevauchement. Ce sont autant de tentatives de restituer la condition humaine contemporaine en introduisant une petite dose de fantastique (...) Ce qui me fascine dans le monde contemporain, c'est la croyance. Je suis très athée. J'ai embrassé la philosophie en rationaliste. Et je me rends compte qu'on s'est raconté de fausses histoires sur la modernité. On pensait que les croyances allaient se dissiper comme un mirage. En fait, on assiste aujourd'hui à la victoire des croyances irrationnelles. On n'arrive pas à les défaire ; elles résistent de manière têtue, aussi absurdes soient-elles."

    À la manière d'un griot africain, Tristan Garcia livre ainsi bien plus que de simples histoires. Et malicieusement, ouvre en nous des portes insoupçonnées.

    "7", éditions Gallimard

    Le philosophe

    Il est des parcours qui interpellent. Celui de Tristan Garcia est passé par Toulouse, ville où il est né et où il a suivi de brillantes études, à Fermat notamment avant d'intégrer Normale Sup à Paris. Ce jeune homme de 35 ans est aussi grand amateur de cinéma et de séries télévisées au point de codiriger aujourd'hui une collection sur les séries télévisées aux Presses universitaires de France. Son premier roman, La Meilleure Part des hommes ( Gallimard) a remporté le Prix de Flore 2008 et a été adapté au théâtre en 2012. Depuis, six autres prix ont suivi. Il est aussi l'auteur de nombreux essais philosophiques dont le très édifiant et électrisant La vie intense. Une obsession moderne paru en 2016 (Ed. Autrement) dans lequel il examine l'intensité, ce principe qui régit le monde moderne depuis la venue de la fée électricité. Et tente de nous ramener vers la sagesse.

     

  • Une histoire fantastique à Toulouse

    LA DAME EN BLANC

    HISTOIRE FANTASTIQUE PAR JOSYANE JOYCE ©

     

     Une nuit orageuse d'été dans la nuit toulousaine

     La soirée entre amis est terminée, il est temps de rentrer chez soi. Jean-Pierre et Maryse raccompagnent Danièle et ses deux filles à leur voiture. Il n'est pas loin de minuit et la chaleur de la nuit est accablante. Au loin, on entend l'orage venir; des roulements de tambour puissants dérangent le calme de la nuit chaude et poisseuse.

    Dans l'épaisseur de la nuit d'été, un petit vent lourd et grave commence à ronfler dans les cimes des arbres qui entourent la propriété des amis hôtes de la soirée. Tout le monde a passé une bonne soirée, Danièle à été comblée de cadeaux pour son anniversaire, toute la petite troupe est heureuse de ce grand moment de partage et de convivialité… l'heure a tourné sans que personne ne s'aperçoive de la fuite du temps et, pourtant, maintenant, il est l'heure de regagner la petite résidence des Pierremartin.

    Maryse embrasse chaleureusement Danièle a son habitude et lui dit: “rentre bien, fille, avant que l'orage n'éclate! et surtout soit bien prudente!".

    Danièle rit et redit en rendant deux bises sonores sur les joues roses et un peu ridées de sa meilleure amie: “merci pour cette bonne soirée, comme d'habitude tu nous as gâtées“!

    “Mais non, mais non, nous sommes toujours très heureux de vous avoir à souper“! Elle frotte les bras de haut en bas, de son amie en signe de réconfort. C'est son geste habituel, celui que Danièle aime et n'oubliera jamais…. Le geste de l'amitié éternelle, la douceur chaude des relations entre deux amies qui se comprennent si bien.

     La suite est ici: