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EXPOSITION AUX MICROPLASTIQUES

Chaque jour, des millions de cafés sont consommés dans des gobelets jetables, des contenants qui exposent les consommateurs à des micro-plastiques, selon une étude récente.

Boire du café à emporter augmente l’exposition aux micro-plastiques

Des chercheurs australiens ont analysé le comportement de différents types de gobelets utilisés pour les boissons à emporter, notamment les gobelets entièrement en plastique et les gobelets en carton recouverts d’une fine couche de plastique. " Mes collègues et moi avons d'abord réalisé une méta-analyse – une synthèse statistique des recherches existantes – en analysant les données de 30 études évaluées par des pairs, explique le Dr Xiangyu Liu, de l’université Griffith en Australie (1). Nous avons examiné le comportement de plastiques courants tels que le polyéthylène et le polypropylène dans différentes conditions. " D’après leurs résultats parus dans Journal of Hazardous Materials: Plastics, ces contenants libèrent des micro-plastiques dans les liquides qu’ils contiennent, en particulier lorsque la boisson est chaude (2).

Mais un facteur s'est démarqué- : la température. Lorsque la boisson chaude est versée dans un gobelet en plastique, la chaleur ramollit légèrement le matériau, ce qui favorise la libération de fragments microscopiques. Les chercheurs ont observé que, dans un gobelet plastique, le passage d’une boisson froide à une boisson chaude augmentait d’environ 33% la quantité de micro-plastiques libérés.

Selon leurs estimations, une personne buvant chaque jour un café de 300 mL dans un gobelet en polyéthylène pourrait ingérer environ 363 000 particules de microplastiques par an. Les gobelets en carton avec revêtement plastique semblent en libérer un peu moins que les gobelets entièrement en plastique, mais ils n’en sont pas exempts.

Comment l’expliquer? " Grâce à l'imagerie haute résolution, nous avons examiné les parois internes de ces gobelets et constaté que les gobelets entièrement en plastique présentaient des surfaces beaucoup plus rugueuses, avec de nombreux creux et aspérités, que les gobelets en papier recouverts de plastique, dit Dr Xiangyu Liu. Cette texture plus rugueuse facilite le détachement des particules. "

LES MICROPLASTIQUES SONT DESORMAIS PARTOUT DANS NOTRE ALIMENTATION

Ces résultats s’inscrivent dans un contexte plus large: les microplastiques sont désormais omniprésents dans l’environnement. On en retrouve dans l’air, l’eau, les sols et de nombreux aliments, comme l’explique le Pr Jean demarquoy dans son livre Micro-plastiques - notre santé en danger. Cette pollution est devenue quasiment inévitable. Selon le WWF, nous pourrions ingérer chaque semaine jusqu’à 5 grammes de micro-plastiques, soit l’équivalent du poids d’une carte bancaire.

Ces particules proviennent de multiples sources: emballages alimentaires, bouteilles, textiles synthétiques ou encore pneus. Fragmentés en particules minuscules, les plastiques peuvent contaminer les aliments et les boissons. " Les microplastiques ont été détectés dans une large variété d’aliments et de boissons: eau en bouteille, fruits de mer, sel de table, produits laitiers et aliments transformés, dit Jean Demarquoy. Plusieurs études ont montré que certaines marques d’eau en bouteille contiennent jusqu’à 10 000 particules plastiques par litre, soit en moyenne deux fois plus que l’eau du robinet. "

Les effets sur la santé restent encore mal compris. Certaines études suggèrent cependant que les micro-plastiques pourraient provoquer des réactions inflammatoires ou transporter des substances chimiques potentiellement toxiques.

COMMENT REDUIRE SON EXPOSITION AUX MICRO-PLASTIQUES AU QUOTIDIEN

Face à cette pollution diffuse, il est difficile d’éliminer totalement l’exposition aux micro-plastiques. Mais quelques gestes simples permettent de la réduire.

La première mesure consiste à éviter les contenants plastiques pour les boissons chaudes: utiliser de préférence des tasses ou gobelets réutilisables en verre, céramique ou acier inoxydable, qui ne libèrent pas de microplastiques. Dans son livre, Jean Demarquoy propose également d’autres stratégies, comme privilégier les matériaux inertes pour cuisiner ou conserver les aliments, car la cuisine est un "lieu à risque": "La cuisine est un lieu de vie, où l’on cuisine, où l’on échange, se retrouve, mais aussi un espace où les plastiques sont omniprésents: ustensiles, boîtes de conservation, films alimentaires, bouteilles, sachets, emballages… Ces objets familiers se retrouvent quotidiennement au contact de la chaleur, de l’humidité, des aliments. Exactement les conditions qui favorisent la migration des micro- et nanoplastiques". 

 

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