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Histoire - Page 66

  • .... et comme je suis généreuse, voici un second article de considérations: le foie gras.

    Foie gras comme j'aime

    Si vous cherchez ici la date de l'invention du foie gras, vous allez être déçu-e car personne ne sait au juste. On a retrouvé des bas-reliefs sculptés de l'Ancien Empire Egyptien datant de 25000 avant le JC qui montrent les gens de l'époque en train de gaver des oies mais les historiens s'accordent à dire que personne ne peut avancer que les fermiers de l'époque dégustaient les foies où récupéraient seulement la graisse des animaux.

    Car, en fait, bien des religions avant et encore aujourd'hui, obscurantisme de la terreur de la mort bien ancrée dans la psyché mondiale, donnaient comme impures les viandes de cochon, voire du pauvre et simple beurre. Les pauvres croyants de l'époque n'avaient plus de gras à se mettre sous la dent, je veux dire sous la patate. Je veux simplement dire à ces historiens que si les gens de cette époque n'avaient pas fait la différence de goût entre un foie maigre et un foie gras, c'est qu'il leur manquait des vitamines dans la rétine et une ou deux neurones sous le capot.

    Comme le Grand Peuple de la terre -ayant pris la poudre d'escampette d'Egypte et après avoir traversé la mer Rouge, comme il a pu- a trouvé une terre a peu près tranquille pour se prosterner tranquillement devant le dieu qu'il s'était choisi, le foie gras a commencé son voyage de conversion des palais et de conquête de la planète.

    Je me souviens qu'écrivant des recettes gastronomiques pour le Journal des Chasseurs, j'ai entendu ces derniers pester contre la convention Bellorgey qui voulait supprimer, dans les années 90, notre délectable produit bien français de notre patrimoine gastronomique; de chafouins crétins européens voulaient nous faire rendre gorge de notre régal national comme ils le font pour la corrida. Le rédac-chef m'avait demandé si je pouvais faire quelques lignes pour défendre notre sacré foie gras, ce que j'ai fait.

    J'ai donc fais quelques recherches mais il n'y avait pas d'internet à l'époque et personne pour me donner toutes les infos que vous lisez tranquillement ici. Mais, j'avais découvert un article sur les oies sauvages qui migrent et avait lu qu'elles devaient beaucoup se nourrir pour partir d'un continent, l'autre. Du coup, j'ai fait comme les romains à la belle époque de leur épopée de conquête, quand ils ont asservis toute la Gaule, sans parvenir à faire tomber un minuscule village gaulois que vous connaissez bien. J'ai fait la liaison entre: oie, manger, grossir, voyager.

    Les Romains étaient malins, ils avaient vu passer les oies sauvages la panse bien pleine. Ils les avaient vues dans les champs autour de Rome, la ville impériale de Jules, en train de se gaver de figues. Si une pauvre vieille oie, trop grosse et trop vieille, leur tombait dans l'assiette, ils constataient bien que le foie de la rombière était bien pourvu de bon gras. Miamm! Qu'ils se disaient entre eux. Pas bêtes, ils eurent vite fait d'obliger les esclaves de leur maison à gaver les gros oiseaux.

    J'ai donc fait passer cet article en 88, il me semble et puis voilà, les choses ont continué car nous avons tenu bon devant les technocrates de Bruxelles; facile, ils doivent être plus nombreux à en mager que ceux qui veulent l'éliminer. Trop bon. Ce n'est qu'environ une dizaine d'années plus tard que j'ai constaté que mon petit article avait donné l'idée à d'autres de mélanger le foie gras avec de la confiture de figues ou de fabriquer des terrines en alternant le foie gras avec des figues. Quels ignorants, quels fumistes. Le vrai et bon foie gras aux figues n'est autre que celui de canards ou oies gavés par ces fruits eux-mêmes; c'est ainsi que la chair est bien parfumée et le foie merveilleux.

    ATTENTION: ARNAQUE!

    Vous ne trouverez pas vraiment du foie gras ainsi réalisé car, le gavage aux figues est extrêmement onéreux..... et puis, les figues ont une saison en France et ailleurs aussi, je suppose. Et puis, il n'y a pas assez de figues pour nourrir les milliards d'oies et de canards qui vagabondent ou se serrent dans les cages des éleveurs. De même, il ne faut gaver les palmipèdes que les dernières semaines avant de les tuer; avant, ce genre de nourriture ne fera pas avancer l'arôme du foie et le foie semble plus petit que celui que l'on fait de nos jours. Cela a été déjà calculé par je ne sais quelle équipe de chercheurs agronomiques; finalement, le gavage aux figues, c'est une sacrée et nouvelle aventure compliquée et rapportant peu au niveau finances. Alors, ne vous laissez pas manipuler par les faux gastronomes et vrais fumistes de la profession de gaveur ou de chefs cuistots.

    Le mot figue en latin se dit ficatum. Les canards des Romains étaient des jecur ficatum ou "foie d'un animal gavé aux figues" mais tout cela est devenu au cours des siècles, le foie, tout simplement.

    Il parait que nous sommes les plus gros producteurs au monde. Mais, on en trouve désormais un peu partout sur la planète du gavage de foie. Même les Canadiens s'y mettent; ils ont une production depuis 20 ans. Prenez un descendant de mousquetaire obligé d'aller se perdre dans les glaces nordistes. Le pauvret, toujours gelé en permanence. Pour ne pas devenir neurasthénique,  il ne lui restait qu'une chose à faire, gaver des canards. Cela réchauffe. Et, comme on dit toujours: on est mieux servi que par soir-même et si le foie gras ne vient pas à toi, c'est toi qui l'obligera à venir quand même.

    Je préfère le foie gras semi-frais ou frais. Une bonne tranchette sur du pain de seigle croustillant. Pas plus, pas moins. Et, si l'on veut être un vrai occitan, on pose délicatement le foie sur son pain grillé, on n'essaie pas de le tartiner comme un malade. Le foie gras n'est pas un pâté, mémé. Avec un bon petit verre de vin rouge bien épais, genre Cahors. Moi, le vin  de ma dégustation, c'est du rouge et pas du blanc. Cela vous choque? C'est que vous ne mangez du foie gras qu'une fois par an!

     

  • Légende du Lauragais

    Je ne fais pas trop faux lorsque je mets une note sur le Roi Arthur: c'est ma légende préférée. En trouvant un excellent site sur la toile (adresse plus bas), je lis la note suivante et ce qui me fait “tilt“ c'est l'indication qu'Arthur se ballade dans l'entour de Viellevigne avec ses chiens blancs. Et il me revient qu'une personne m'avait parlé de cela: c'était un chasseur…. il n'a pas eu plus de détail que ci-après dans la note… mais, il m'a dit cela parce que j'étais ado… le roi Arthur et la fée Viviane, ça parle toujours à une jeune demoiselle. Cela parle à l'imaginaire. Mais, les jeunes d'aujourd'hui, nés avec un smartphone collé au pouce, ont-ils de l'imaginaire? Quelle sorte de futurs citoyens fabrique la société techo actuelle? Avec les erreurs du passé, on construit l'avenir. Mais, quid de l'enseignement actuel de l'histoire de France dans les lycées aujourd'hui?

    Le roi Arthur; Arturus ou Artus

    Roi légendaire de la Grande-Bretagne au VIe siècle. Il serait le fils naturel d'Uther Pendragon. Il réussit avec l'aide de l'enchanteur Merlin et de l’épée magique Excalibur, à unir les peuples des îles britanniques et de l’Armorique  et à se faire reconnaître pour Roi vers 516. Il vainquit pour cela les Anglo-Saxons, les Pictes, les Écossais, les Irlandais. Il épousa la belle Guenièvre ou Ginevra. Il implanta le Christianisme au travers de la quête du Graal pour laquelle il créa l’ordre des Chevaliers de la Table-Ronde. Il périt sur un champ de bataille vers 542, après un règne glorieux.

    Mais Arthur est aussi connut pour ses exploits fabuleux tels que: la chasse de sanglier magique, de géants, de dragons et autres monstres et magiciennes malfaisantes. Il se distingua dans sa campagne d’Irlande en dérobant les chiens de Finn Mac Cool, alors chef des Fianna.

    Le nom d'Arthur s'attache aussi à plusieurs chasses fantastiques:

    En Ille-et-Vilaine, Arthur aurait quitté la messe le jour de Pâques pour courir un lièvre. A l'extrémité de la forêt, là où il y a un rocher à pic une force irrésistible le poussa en avant et il continua à courir dans l’air aux trousses du lièvre qui avait pris le même chemin. Depuis il est condamné à une éternelle poursuite. Dans ce pays fougerais, la meute ne peut rester sur terre plus de cinq minutes toutes les lunes seulement. Fougères est une commune française, sous-préfecture de l'Ille-et-Vilaine, dans la région Bretagne.

    Dans les Landes, et plus largement en Gascogne, les gens de la campagne racontaient qu'ils avaient souvent entendu dans l'air, le son du cor, des jappements de chiens et des cris de chasseurs. Il s’agirait d’Arthur, qui pour avoir quitté la messe de Pâques pour une chasse au sanglier, aurait été emporté dans les nuages avec sa troupe et ainsi condamné à chasser pour l’éternité, mais sans jamais rien attraper. Dans le Lauraguais, à Vieillevigne, Arthur apparaît avec sa meute de chiens blancs, de mois de septembre à d'octobre, par un temps calme et lorsqu'il fait soleil: il commence à apparaître aux coteaux des Selves et disparaît sur le coteau d'Escoyolis. Ici encore, il est condamné à chasser perpétuellement, pour avoir quitté la messe au moment de l'élévation, afin de poursuivre un lièvre. Dans les collines du Lauragais, la chasse d'Arthur touche parfois la terre, mais pour peu de temps.

    http://www.lesanciennesterres.com/arthur.ws

    si vous aimez mythes et légendes, ce site est fantastique!

     

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  • Le plus vieil hôtel de ville de France

    La France compte au 1er janvier  2014, 36681 communes et autant de mairies qui témoignent de l'ancienneté de son organisation administrative.

    En Tarn et Garonne, Saint Antonin Noble-Val peut s'enorgueillir de posséder un des plus anciens monuments civil de l'Hexagone. Il a été construit au XIIe siècle, au pied du roc d'Anglars, dans les gorges de l'Aveyron. Au point précis de rencontre des trois anciennes provinces du Rouergue, du Quercy et de l'Albigeois.

    Il a été construit entre 1125 et 1150 par les vicomtes de Saint-Antonin et a été classé monument historique en 1851: son architecture ainsi que sa façade sculptée sont particulièrement remarquables. Aujourd'hui, le bâtiment est aménagé en musée.

    Les seigneurs de Saint-Antonin-Noble-Val embrassèrent l'hérésie albigeoise, ce qui valut à la ville d'être envahie par Simon de Montfort en 1212. En 1226, elle entrait dans le domaine royal ; cette époque allait être l'apogée de sa prospérité économique. Mais, à partir du XVIIe siècle, les habitants perdirent peu à peu leurs privilèges et l'emprise de la ville diminua.

    Légende de Saint-Antonin

    On conte que le premier évangélisateur du Rouergue fut saint Antonin. Il réussit rapidement dans sa tâche, et malgré les supplications des habitants de Noble-Val, il voulut porter ensuite l'Évangile à Pamiers, sa patrie. Hélas ! dans cette ville ingrate, le saint apprit à ses dépens que " nul n'est prophète en son pays ". Ses farouches compatriotes le décapitèrent et jetèrent ses restes dans l'Ariège. Des anges s'empressèrent de recueillir les vénérables reliques et deux grands aigles blancs guidèrent la barque où elles furent placées. La barque miraculeuse glissa doucement sur les flots de l'Ariège, puis remonta le cours du Tarn et de l'Aveyron. Elle s'arrêta enfin au confluent de la Bonnette et de l'Aveyron (on appelait alors ce confluent Condate, mot celtique qui signifie précisément " confluent "), par une nuit transparente d'été, étincelante d'étoiles.

    En ce temps-là, régnait un riche et puissant comte sur le "Noble-Val", la vallée de l'Aveyron. Son nom était Festus. Il reconnut la main de Dieu dans ce voyage merveilleux et fit déposer les reliques du martyr dans une luxueuse châsse où fut élevée plus tard une abbaye.

    Une communauté monastique se développa très tôt, semble-t-il, autour des reliques de saint Antonin. Grâce aux largesses des souverains carolingiens, notamment celles de Pépin d'Aquitaine, l'Abbaye comptait au IXe siècle parmi les trois grandes abbayes bénédictines du Rouergue, aux côtés de Conques et de Vabres.

    En référence à la légende de Saint-Antonin, et aussi à la présence de faucons pèlerins dans les falaises qui dominent les gorges de l'Aveyron, les habitants de Saint-Antonin Noble Val étaient souvent désignés par leurs voisins comme "Picats de l'ègla", piqués de l'aigle. "Piqués" doit s'entendre au sens de "toqués", "entichés", ou "fiers" de leurs aigles.

    Ancêtre de la commune, la communauté ou “paroisse fiscale“ a été crée à la fin du Moyen-Age pour la levée de l'impôt royal, la taille.

    Le 11 novembre 1789, l'Assemblée nationale constituante décrète qu“il y aura une municipalité dans chaque ville, bourg ou paroisse ou communauté de campagne“. Les municipalités seront crées le 14 décembre 1989 et sont désignées comme les plus petites divisions administratives en France. Le mouvement d'autonomie communale est lancé; toutes les communes ont, dorénavant le même statut. Conseil municipal élu par les habitants et maire.

    Depuis la Révolution, il y a eu, bien sûr, quelques modifications notamment l'introduction du suffrage universel direct pour l'élection du conseil municipal (avril 1884).

    De nos jours, la loi de modernisation de l'action publique territoriale et d'affirmation des métropoles de janvier 2014 modifie le champ des compétences des communes qui sont, désormais, responsables, en plus de leurs attributions traditionnelles, de la mobilité durable, de l'organisation des services publics de proximité, de l'aménagement de l'espace et du développement local.

     

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    Ma fille y a passé, durant des années, ses vacances.... moi aussi, j'ai vu: c'est vraiment beau en été, ce val! si vert, si frais, en plein mois d'août.

     

  • La cité des violettes

    Toulouse, la Ville rose, est devenue la capitale des violettes juste après la visite de l'impératrice Eugénie qui ce jour-là portait une magnifique robe blanche imprimée de bouquets de violettes. Elle était si belle, si rayonnante de jeunesse et de beauté que les toulousains, frappés par cette splendeur royale ont décidé de cultiver les violettes.

    D'ailleurs, si cela vous intéresse, voici comment cela s'est passé exactement:

    http://www.legende-des-siecles.com/royales/index.html

    La culture se faisait au nord de Toulouse. Lorsque j'étais enfant, je voyais des producteurs travailler dans les champs, le soleil reflétait les châssis vitrés. Les producteurs vendaient leur production sur le marché aux violettes des Jacobins et dans les rues du centre-ville, de petits bouquets touffus, liés d'un cordon rouge. Cette culture occupe alors 600 producteurs sur une vingtaine d'hectares. La violette de Toulouse fait partie du groupe des violettes de Parme (parmensis). C'est une plante vivace poussant en touffes ou en pied sur lesquelles les fleurs dépassent de quelques centimètres. Cette plante est tenace et résiste à des hivers pas trop froids comme nous en avons souvent; j'en avais trouvé deux pieds au bord du canal du Midi et ayant réussi à retirer la motte, je me suis trouvée à la tête d'une belle envolée de violettes sur ma terrasse; les violettes ont essaimé sur toute la surface du plot en béton qui protégeait du vide, environ 3 m de long et 1,00  de large. Au printemps, j'avais un magnifique tapis de violettes qui a duré de 1978 à 1994. Pour une fois que j'avais la main verte! hélas, ces fleurs sont minuscules et je préférais les laisser en place plutôt que de les couper.

    L'hiver de 1956 est très rigoureux et provoque de nombreuses pertes. Je vous reparlerai de mon hiver 56, j'avais 6 ans. En 1992, la culture in vitro de la violette est possible et permet de produire les plants de violette exploités aujourd'hui par une dizaine de producteurs.

    En 2003, la ville de Toulouse organise officiellement la Fête de la Violette.

    La maison de la violette est une péniche au bord du Canal du Midi à deux pas de la gare Matabiau. Elle a ouvert en 2000. On peut y voir une exposition sur la culture de la violette et se procurer beaucoup d'articles à la violette tout en y découvrant toutes les facettes de cette plante.

    A partir de la fleur de violette, plusieurs produits sont réalisés:

    la violette cristallisée dans le sucre : elle apparaît à la fin du XIXe siècle;

    le parfum " violette de Toulouse " créée en 1936 par les établissements Berdoues;

    la liqueur de violette créée en 1950 par M. Serres.;

    le sirop de violette; le miel de violette; et même de l'encens...

    Le sirop de violette est très tonique, pour les enfants notamment, qui adorent sa couleur;

    SIROP DE VIOLETTE

    Faites infuser dans 1 litre d'eau bouillante 250 g de fleurs fraîches. Laisser macérer dix heures environ. Exprimez le jus en le serrant dans un torchon propre et faites-le bouillir à feu doux après avoir ajouté son poids en sucre jusqu'à abstention d'une consistance sirupeuse. Buvez jusqu'à 5 cuillerées à soupe de sirop par jour, entre les repas dans un peu d'eau fraîche. Non seulement il est tonique mais il peut vous aider en cas de toux rebelles.

     

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    Achetez des fleurs, pour faire des pots pourris

    www.biotine-sep.com

     

     

  • Clémence Isaure et l'académie des Jeux Floraux

    Clémence Isaure est un personnage médiéval semi-légendaire, à qui on attribue la fondation ou la restauration des Jeux Floraux de Toulouse. Elle aurait fait un legs par lequel la ville de Toulouse décernerait chaque année des fleurs d’or et d’argent aux meilleurs poètes.

    Afin de lui trouver une justification plus ou moins historique, on en a fait un membre de la famille toulousaine des Yzalguier. La rue des Yzalguier reçut en 1806 le nom de rue Clémence-Isaure. Une tour située au 7 de la rue Cujas fut baptisée Tour Clémence Isaure. Elle fut démolie en 1871.

    La mythique fondatrice des Jeux est largement célébrée dans la ville, qui lui a consacré des poèmes, des sculptures, des tableaux, et où son nom est donné à toutes sortes de lieux et institutions.

    "Toulouse! ville antique où fleurissent encore

     Pour les poètes, vos fleurs d’or, Clémence Isaure,"

    Charles Cros, La Vision du grand canal des deux mers, 1888.

    La statue "officielle" de Clémence Isaure, qui préside les cérémonies des Jeux floraux, à l’Hôtel d'Assézat, se trouvait auparavant dans la salle du Grand Consistoire du Capitole. C’était en réalisé le gisant d’une inconnue, et le voile étrange qui entoure sa tête n’était autre que son linceul. La sculpture fut restaurée en 1627 par le sculpteur toulousain Pierre Affre, assisté par Claude Pacot, à charge pour eux de "blanchir" la statue, "couper les bras qui en sont mal faits et en ajouter d’autres de marbre; couper le lion qui est sous ses pieds et en faire une plinthe, ôter le chapelet et le piédestal et mettre en sa main droite quatre églantines dorées".

    Académie des Jeux floraux

    Forme juridique: Association de loi 1901

    But: Concours littéraires

    Fondation: 1323

    Fondateurs: 7 troubadours

    Siège: Hôtel d'Assézat, Toulouse

    Membres: 40 membres "mainteneurs"

    Slogan

    HIS IDEM SEMPER HONOS (Par ces fleurs toujours la même beauté)

    Site web: jeuxfloraux.fr

    Dissolution: 1790, rétablie en 1806

    L'Académie des Jeux floraux (occitan, Acadèmia dels Jòcs Florals) est une société littéraire fondée à Toulouse au Moyen Âge, sans doute la plus ancienne du monde occidental. Elle doit son nom aux jeux floraux, fêtes célébrées à Rome en l'honneur de la déesse Flore. Lors de concours qui ont lieu chaque année, les membres de l'Académie, appelés " mainteneurs ", récompensent les auteurs des meilleures poésies en français et en occitan. Ces récompenses revêtent la forme de cinq fleurs d'or ou d'argent : la violette, l'églantine, le souci, l'amarante et le lys. Celle ou celui qui reçoit trois de ces fleurs porte le titre de " maître des jeux ".

    L'institution fut fondée en 1323 par plusieurs poètes qui se réunirent pour former ce qu'on appela le Consistori del Gay Saber ou Consistoire du Gai Savoir. Soucieux de rétablir un certain lyrisme après la croisade contre les Albigeois au XIIIe siècle, de riches bourgeois toulousains organisèrent un concours littéraire en langue d'oc, récompensant chaque année un troubadour d'une violette dorée à l'or fin

    Le premier concours de poésie eut lieu le 3 mai 1324. Se déroulant tout d'abord au verger des Augustines, cette compétition devint peu après une fête locale financée par les Capitouls.

    Après plusieurs tentatives, les jeux furent également instaurés à Barcelone en 1393 à l'initiative du roi Jean Ier d'Aragon et furent maintenus sous les auspices des monarques d'Aragon jusqu'à la fin du XVe siècle.

    En 1513, des différends éclatent entre le Consistoire du Gai Savoir et les Capitouls. Les membres du Consistoire décidèrent alors de prendre leur indépendance: ils changèrent le nom de la société en "Collège de rhétorique" et réclamèrent à la municipalité le financement de leur manifestation. Pour appuyer leur demande, ils créèrent le personnage de Clémence Isaure, dont ils racontèrent qu'elle avait légué tous ses biens à la ville à condition que les Jeux floraux y soient organisés chaque année.

    Afin de convaincre les magistrats, ils utilisèrent la sépulture de Bertrande Ysalguier, dont la statue expose dans ses mains jointes un iris symbolisant les fleurs du Gai Savoir. Parallèlement, ils lui inventèrent un passé, créant des archives de toute pièce. Cette statue sera modifiée un siècle plus tard afin de coller à la légende: la tête est remplacée, des fleurs sont substituées au chapelet dans la main droite, la charte des Jeux floraux est placée dans la main gauche, et le lion est supprimé.

    En 1694, sous l'impulsion de Simon de La Loubère, la Compagnie des Jeux floraux devint l'Académie des Jeux floraux, nom qu'elle a gardé jusqu'à aujourd'hui. Louis XIV édicta les statuts de l'Académie, qui seront modifiés plusieurs fois par la suite. La langue des poèmes soumis à concours devint le français.

    Par lettres patentes du mois de mai 1725, le nombre des mainteneurs est porté de trente-six à quarante. De nouvelles lettres patentes datées du 28 septembre 1743 permettent la délivrance de lettres de maîtrise aux religieux qui obtiennent trois prix lors des quatre concours annuels. Cette organisation est en partie remaniée par un édit de 1773. Le 21 juin 1777, Monsieur, frère du roi Louis XVI et futur roi Louis XVIII, assiste à une séance de l'Académie et entend la lecture de trois odes de Géraud Valet de Réganhac, maître ès jeux depuis 1759. Peu après, la période révolutionnaire entraîna la dispersion des membres de l'Académie et la suspension de ses activités.

    Rétablie officiellement en 1806, l'Académie des Jeux floraux continua tout au long du XIXe siècle à être régie, malgré quelques changements mineurs à son règlement, par les statuts de 1694.

    Depuis 1894, elle se réunit à l'hôtel d'Assézat, où se trouve la fameuse statue de Clémence Isaure, et elle continue d'attribuer des prix littéraires. Chaque 3 mai, dans la salle des illustres du Capitole, on fait l'éloge de l'inspiratrice et bienfaitrice des poètes. Le même jour a lieu dans la basilique de la Daurade une messe où sont bénies les fleurs du concours avant d'être présentées à la cérémonie de remise de prix.

    En 1895, l'occitan est rétabli dans les concours, au côté du français.

    En 1859, elle inspira l'instauration de nouveaux Jeux floraux à Barcelone puis à Valence.

    Aujourd'hui, la Daurade abrite les restes du poète Pierre Goudouli, dont la statue orne le centre du jardin de la place Wilson.

    Basilique de la Daurade

    L’église Notre-Dame de la Daurade ou l’église Sainte-Marie de la Daurade est une basilique toulousaine, qui se situe le long des quais de la Garonne, près de la place du même nom

    Tous les 3 mai, dans la matinée, a lieu en la basilique une messe au cours de laquelle sont bénis les trophées (fleurs en or et en argent) de l'Académie des Jeux floraux. Ces trophées sont déposés à l’église suivant une ancienne et religieuse coutume. Ils sont destinés aux lauréats de l'Académie des Jeux floraux. Ces fleurs sont ensuite apportées solennellement à la séance de l'académie pour y être attribués.

    Autrefois, elles étaient ramenées en procession depuis l’église par trois capitouls-bailes qui allaient les chercher avec trois commissaires de l’Académie, auxquels ils cédaient ensuite le pas, suivis des trompettes et des hautbois de la ville. De nos jours, une délégation de mainteneurs se charge de les amener au Capitole, dans la Salle des Illustres pour la remise des prix.

     Jeux floraux de 1819. Ces jeux, organisés à Toulouse, mettaient en compétition des poètes et des musiciens sous l'égide de la nymphe Flore. En 1819, l'un des lauréats fut Victor Hugo, alors âgé de dix-sept ans. Ce jeton peut donc être de cette émission, étant sans poinçon.

     

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