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En Occident, consommer devient un privilège

L’agence de notation Moody’s vient de publier, à partir des données de la Réserve fédérale, un graphique EXPLOSIF concernant la société américaine:

– Les 20% les plus riches consomment 60% des biens et services.

– Corollaire: 80% de la population se contente de consommer 41% des biens.

La part des 80% les plus modestes a diminué, passant d'un pic de 51,5% en 1994 à un minimum de 40,9% en 2025. La part des 20% les plus aisés a augmenté, passant de 48,5% à 59,1% sur la même période.

Seule une minorité solvable tire la croissance.

Autrement dit:

    La classe moyenne est en voie de paupérisation,

    La consommation plaisir a disparu,

    Une large partie de la population ne peut plus affronter une dépense exceptionnelle (panne de voiture, chaudière à changer…)

    Les dépenses se recentrent sur l’essentiel (logement, énergie, santé)

    L’endettement ou l’épargne remplacent l’achat.

Ce n’est plus une société de consommateurs, mais une société de gestion de pénurie relative.

Ces chiffres expliquent un paradoxe souvent observé:

    La croissance apparaît solide à +4,3% au dernier trimestre 2025

    L’inflation apparaît sous contrôle à 2,6% par an

    Les bénéfices des entreprises (3 412 milliards de dollars au troisième trimestre 2025, + 4,7%) sont supérieurs aux estimations préliminaires de 4,4%.

    mais les consommateurs sont "grincheux" explique le Wall Street Journal; ils se sentent "misérables" dit The Economist, ils "craquent" affirme CNN.

Bref, les agrégats économiques ne reflètent plus l’expérience vécue.

Les statistiques indiquent une société prospère, mais la prospérité ne touche que 20% de la population.

Quand 80% de la population ne pèse plus que 41% de la consommation, la promesse d’ascension, de mobilité, de progrès disparaît.

C’est l’espoir qui est touché.

  1. ET L’EUROPE?

La même fracture… amortie par les transferts sociaux

En Europe aussi, la consommation est concentrée sur les 20% les plus riches.

L’Europe et les États-Unis reproduisent une cassure similaire:

    une minorité ne se prive de rien,

    une majorité vit sous contrainte.

L’écart est toutefois moins spectaculaire en Europe.

En raison des amortisseurs:

    systèmes de protection sociale plus étendus

    transferts et services publics plus importants

LA FAUTE À LA MONDIALISATION!

Cette concentration du pouvoir de consommer entre les mains d’une minorité est un effet de la mondialisation, laquelle a:

    Promu une oligarchie, tellement riche que cette minorité a la capacité de fabriquer de la croissance pour tout le pays.

    Désindustrialisé des pans entiers des économies occidentales.

    Externalisé les emplois à valeur intermédiaire.

    Polarisé le marché du travail (emplois très qualifiés / emplois peu qualifiés).

Résultat:

    La classe moyenne qui assurait l’essentiel de la consommation, et donc la stabilité politique, a perdu ses contours. Il n’y a plus que des riches et des pauvres, comme en 1789.

    Il y a incohérence entre économie mondialisée et société démocratique.

MAGA INTERROMPT-IL LE PROCESSUS?

Le mouvement Make America Great Again initié par Donald Trump a:

    Réancré l’industrie sur le sol national (semi-conducteurs, défense, énergie).

    Commencé de découpler l’économie américaine de la Chine.

On passe d’une mondialisation naïve à une mondialisation conflictuelle.

Toutefois, MAGA ne s’attaque pas frontalement:

    à l’hyper-richesse,

    à la concentration patrimoniale,

    aux rentes immobilières,

    aux oligopoles technologiques.

LA DIFFERENCE ENTRE L’EUROPE ET LES ÉTATS-UNIS TIENT AU FAIT QUE

    L’Amérique reconnaît les perdants et tente de corriger le tir.

    L’Europe stigmatise les perdants et les traite de " populistes ".

    L’Amérique réduit l’immigration, alors que l’Europe l’utilise comme amortisseur.

    L’Amérique politise l’économie.

    L’Europe dépolitise l’économie.

 

Yves Mamou

https://mamou.substack.com/

(1) Les séries statistiques de la Federal Reserve n’existent pas en Europe. J’ai donc demandé à ChatGPT d’utiliser les données de la Banque centrale européenne et d’Eurostat.

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