Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

  • Collet d'agneau sauce tomate

    Pour 4

    Il vous faut 1,200 kg de collet d'agneau soit 4 à 6 gros morceaux, de la graisse de canard (ou de l'huile si vous y tenez) 1 boîte de concentré de tomate, sel, poivre, 2 oignons, 3 carottes, 4 tomates bien mûres pelées, 1 cuillère soupe de farine ou fécule de maïs, thym en branches, ail écrasé. Je rajoute toujours du curcuma qu'il faut toujours mettre pendant la cuisson. En effet, le curcuma rajouté par-dessus sans cuisson est assez amer.

    Pour commencer, occupez-vous des légumes, grattez les carottes, coupez-les en tronçons, diluez le concentré de tomate dans de l'eau tiède, pelez et épépinez les tomates.

    Coupez les oignons en cubes et faites-les rissoler dans la marmite et faites bien rissoler les morceaux de collet dans de la graisse d'oie ou de canard en retournant bien; saupoudrez de farine, retournez encore les morceaux durant 4 minutes à feu moyen, mouillez avec trois à 4 verres d'eau ou de bouillon chaud tout en continuant à tourner.

    Rajoutez les légumes, l'ail écrasé, les tomates avec un ou deux morceaux de sucre et le bol de tomate concentrée dilué.

    Faites cuire à feu moyen, sous couvert durant 50 m“ à plus. Vérifiez la tendreté et qu'il y ait suffisamment de liquide.

    Goutez, assaisonnez. Présentez sur un plat creux, nappé de la sauce de cuisson; saupoudrez de persil ou de basilic.

    Vous servez accompagné de riz, de pâtes, de blé, de carrés de millas frits, de gnocchis, de pommes de terre, de brocolis, etc…

    Si vous n'avez pas trouvé de concentré de tomate, utilisez une petite boîte de tomates entières pelées au jus et il faudra mettre moins d'eau ou de jus en proportion pendant la cuisson.

    ----------------------------------------------------

    Parait que mes recettes ne suivent pas les saisons: et bé, oui!

    Vous les récupérez, vous les mettez dans un fichier intitulé "cuisine" et vous re-faites des fichiers: printemps, été, automne, hiver... et même, viandes, légumes, entrée.... comme mi.

    Un peu d'imagination que diable!

    Ce qui plait, m'a-t-on dit, ce sont tous mes trucs pour bien faire la progression de la recette... même sans photo, on comprend!

    Alors, puisque cela va à la majorité des visiteurs, moi aussi, cela me va!

    Et pour les nouveaux venus, le blog est fait autour du Cassoulet toulousain; le plus vrai qu'il soit... donc, lisez la catégorie....

    Demain soir, je vais dans un restaurant, tenter de goûter de la cuisine locale de ce chef-là... en principe, je prends du cassoulet, même en été.... mais, là, avec les 40° qui nous attendent.... vous m'excuserez si je ne tente pas leur cassoulet.... mais, sauf si ces gens sont des gros nazes, j'y reviendrai goûter leur cassoulet... et je vous dirai.

    Pffit! ils n'ont même pas la climatisation... on se croirait au Moyen-âge.

    La clim, à Toulouse, c'est Ets Galindo, vous pouvez y aller de ma part! Travail impec, prix serrés... cette petite pub est totalement gratuite... car, la clim' qu'ils m'ont installée, j'en suis contente et même fort aise en ces temps de soleil toulousain.

    Au fait, les gens de la météo disent qu'ils n'y a jamais eu de canicule en Juillet à Toulouse; sont nuls ou menteurs?

    Car j'ai connu une semaine en début juillet, en 1982 où il a fait durant une bonne dizaine de jours plus de 36-37° et même jusqu'à 40, intra-muros.... c'était en 1982... avant de faire mon actuelle profession (l'année suivante): j'avais ouvert une agence de publicité.... qui n'a pas duré longtemps étant donné que la mite-errante a fait le blocage des prix et des salaires! personne ne voulait plus faire de la pub... terrorisées les entreprises et les patrons! ce qui me chagrine, c'est que mon idée a, depuis, été utilisée par d'autres.... c'est jamais bon d'être le premier! on tire toujours les marrons du feu pour les autres!

    Et dire que les Français ne s'en sont pas tenu-là et qu'ils nous ont refait le coup des socialos (vous savez, l'autre, le mou, le Flambi de ces dames, le "moi Président, je serais normal et parfait"), qui s'engraissent bien avec nos impôts avec leurs 1,6 millions de petits copains fonctionnaires! des planqués qui vous mettent 400 000 euros de taxi dans le nez plus 70 000 ailleurs...

    et, pendant ce temps-là, la courbe du chômage monte, monte, montre comme le thermomètre!

    Française et Françai, ton Pays est foutu! vite, gagner au loto et aller voir ailleurs... et, surtout, y rester!

  • Sativex: la sécu à des sous pour qui elle veut....

    La commercialisation du Sativex menacée en France

    par Philippe Berrebi 

    C’est encore une bataille des prix qui retarde la mise à disposition d’un médicament. En janvier 2014, rappelle Christine Mateus dans Le Parisien, Marisol Touraine avait annoncé l’autorisation de mise sur le marché du Sativex pour les personnes atteintes de sclérose en plaques (SEP).

    Ce spray nasal à base de cannabis est destiné à soulager les raideurs musculaires des patients qui ne répondent à aucun autre traitement antidouleur. 5 000 des 80 000 malades souffrant de SEP entrent dans cette catégorie, précise la journaliste. 22 pays ont déjà commercialisé ce spray, dont 18 en Europe.

    Mais aujourd’hui, le directeur du laboratoire Almirall, qui distribue le produit, se dit " très inquiet "face aux contraintes administratives" et à "l’absence de volonté politique". Pour Christophe Vandeputte, la mise à disposition du médicament est même menacée.

    Comment expliquer ce revirement de situation en l’espace d’un an et demi? A cause d’une affaire de gros sous, répond le quotidien. Le laboratoire avait demandé 440 euros, "le prix moyen européen", précise le directeur du laboratoire. Après négociations, le comité économique des produits de santé, qui détermine les prix, a proposé 56 euros ! Soit 17 % du prix initial.

    Il faut dire qu’entre temps, la Haute autorité de santé, qui évalue le bénéfice du médicament et son apport par rapport à ceux déjà commercialisés, a émis un avis plutôt sévère: service médical rendu faible et amélioration du service médical rendu quasi inexistante.

    La ministre de la Santé va donc devoir arbitrer entre l'analyse économique et la demande des acteurs de terrain". Pour les patients qui ont épuisé toutes les options thérapeutiques, cette situation est incompréhensible", explique au journal Le Monde Catherine Mouzawak. Cette infirmière du Réseau SEP Ile-de-France Ouest, une association dédiée aux personnes atteintes de sclérose en plaques, résume l'avis de plusieurs spécialistes confrontés à des malades qui n'ont plus de solution pour calmer leurs douleurs.

     

  • Inutile d'avoir de bonnes dents pour le cassoulet, mais...

    traduction

    Des soins dentaires corrects comptent pour diminuer le risque grippal

    Une forme de maladie parodontale peut augmenter le risque d'infections par le virus de la grippe, avec des bactéries dans la bouche qui rend difficile pour les médicaments antiviraux tels que le Tamiflu pour fonctionner correctement, et permettant au virus de se multiplier - soulignant ainsi l'importance des soins dentaires appropriés,rapporte une équipe de chercheurs de l'Université Nihon.

    Lorsque le virus de la grippe se fixe à la surface des cellules humaines, il s'incorpore ensuite à l'intérieur - bien qu'il ne possède pas la capacité de devenir infecté à ce point. Pour que le virus se multiplie, il est nécessaire que se produise une transformation parmi les protéines situées à la surface du virus, qui est causée par une enzyme spécifique qui se trouve à l'intérieur et à l'extérieur des cellules humaines.

    Les conclusions de l'équipe de recherche - qui a été dirigé par Kuniyasu Ochiai, professeur à l'École de médecine dentaire de l'Université Nihon spécialisée dans la bactériologie orale - ont été annoncés lors d'une réunion de la Société japonaise de parodontologie.

    L'équipe a mené des expériences sur la grippe A sous-type de virus H3N2, qui ont gravement affecté de nombreuses personnes âgées quand il largement répandu pendant l'hiver de l'année dernière.

    Le virus a été trouvé pour obtenir une capacité d'infection parmi les enzymes spécifiques situés dans les cellules de l'appareil respiratoire. Lorsque les cellules et le virus ont été mélangées avec une solution de culture de bactéries gingivales, cependant - ce qui est une cause de maladie parodontale - l'infection virale se propage entre cellules de la même façon que lorsqu'il a été mélangé avec les enzymes de l'appareil respiratoire.

    Parmi les multiples enzymes produites par les bactéries gingivales, en outre, il a été déterminé que la gingipaïne (Rgp) était responsable de la promotion de la capacité d'infection du virus.

    «Les personnes âgées ont une immunité affaiblie, et si elles ne pratiquent pas de soins buccaux, il est possible qu'elles soient à risque accru d'infection par le virus de la grippe, qui pourrait éventuellement devenir grave," a noté le Dr Ochiai.

    --------------------------------------

    commentaire jsp

    La gingipaïne R est une endopeptidase synthétisée par la bactérie Porphyromonas gingivalis, anaérobie et facilitatrice de co-infections.

    https://en.wikipedia.org/wiki/Porphyromonas_gingivalis

    http://www.em-consulte.com/article/62714/figures/potentiel-pathogenique-de-porphyromonas-gingivalis

  • Riches en acrylamide. Qu'en est-il de cette substance potentiellement cancérigène?

    J'en ai déjà parlé dans deux ou trois notes: plus d'infos.... pensez-y quand vous cuisinez quand même!

    Acrylamide dans l'alimentation: questions et réponses

    Chips, frites, toasts et autres féculents peuvent être riches en acrylamide. Qu'en est-il de cette substance potentiellement cancérigène? Questions et réponses.

    L'acrylamide, qu'est-ce que c'est?

    L’acrylamide ne se trouve pas tel quel dans la nature. C’est un composé synthétique, employé pour produire du polyacrylamide. Le polyacrylamide connaît plusieurs applications. Il intervient dans l’épuration de l’eau potable et le traitement des eaux usées industrielles. Il est aussi utilisé comme liant dans l’industrie du papier et de la pâte à papier, comme conditionneur du sol et comme moyen d’étancher digues, tunnels et égouts. Certaines utilisations sont plus proches du consommateur. Ainsi, du polyacrylamide est intégré dans des produits cosmétiques et des articles de toilette.

    De l’acrylamide est aussi présent dans la fumée de tabac. En 2002, en Suède, on a découvert par hasard que ce composé était également présent dans certains aliments.

    Soyons clairs: l’acrylamide n’est pas un additif. Il n’est donc pas ajouté volontairement à un aliment. Ce n’est pas non plus un résidu. On ne peut donc pas le comparer aux résidus de pesticides que l’on rencontre sur certains aliments.

    Enfin, il ne s’agit pas non plus ici d’une contamination malhonnête comme ce fut le cas pour le scandale de la dioxine. Comme nous le verrons plus loin, la formation d’acrylamide fait suite à un processus de cuisson normal. Ce composé est donc présent dans les aliments cuits riches en amidon depuis l’époque où l’homme a commencé à cuire ces aliments.

     

    Comment a-t-on découvert que certains aliments contiennent de l'acrylamide?

    Lorsque des chercheurs suédois ont étudié l’impact de l’acrylamide sur des personnes exposées à cette substance au cours de leur travail (par inhalation ou par contact avec la peau), ils ont découvert par hasard que des sujets qui, dans le cadre de leur profession, n’entraient absolument pas en contact avec l’acrylamide en présentaient néanmoins une quantité élevée dans leur sang. Les Suédois se sont alors demandé si ces concentrations ne pouvaient pas s’expliquer par la présence d’acrylamide dans l’alimentation. Une hypothèse qui a été confirmée par la suite. Dans d’autres pays, des centres de recherche ont réalisé entre-temps des analyses. Celles-ci ont confirmé les constatations suédoises.

    Quels sont les aliments dans lesquels peut apparaître l'acrylamide?

    Les produits susceptibles de contenir des teneurs élevées d’acrylamide sont principalement des produits riches en amidon (céréales du petit-déjeuner et pommes de terre) cuits à haute température. Il s’agit des chips, frites, toasts, pains, biscottes, crackers, biscuits apéritifs, céréales du petit-déjeuner et knäckebröd (pain craquant suédois). Dans les frites et les chips, des taux relativement importants ont été relevés comparé aux autres produits étudiés. Mais, les mesures variaient aussi très fort à l’intérieur d’un même groupe de produits et même d’une même marque.

    Dans les pommes de terre crues ou cuites à l’eau ou la vapeur, aucun acrylamide n’a été trouvé jusqu’à présent. La viande et le poisson bouillis n’en contiennent pas non plus. Une des raisons pour lesquelles on trouve beaucoup plus d’acrylamide dans les produits riches en amidon que dans la viande cuite p. ex. est qu’il se produit, dans la viande, une bien meilleure interaction entre la formation et l’élimination d’acrylamide. En d’autres mots, l’acrylamide qui se forme lors de la cuisson de la viande est, pour une grande part, éliminé par la suite. L’amidon, par contre, est un vecteur assez passif, qui ralentit l’élimination de l’acrylamide formé.

    Quels facteurs favorisent l'apparition d'acrylamide dans les aliments?

    Pour que l’acrylamide apparaisse dans un produit, cet aliment doit contenir des sucres réducteurs (tels, le fructose et le glucose) et un acide aminé (à savoir l’asparagine). L’asparagine est présente en assez grande quantité dans les pommes de terre et les céréales du petit-déjeuner. Autre condition: le produit doit être cuit à haute température, surtout au-delà de 180°, température à laquelle se forme l'acrylamise. De telles températures peuvent être atteintes lors de grillades, fritures et barbecues. La réaction entre les acides aminés et les sucres réducteurs à haute température est appelée, dans le langage scientifique, une réaction Maillard. La réaction Maillard détermine le goût et la couleur des aliments cuits.

    On soupçonne aussi la durée de la cuisson de déterminer dans quelle mesure on retrouve ensuite de l’acrylamide dans le produit. Ainsi, des teneurs beaucoup plus importantes ont été trouvées dans des frites cuites longtemps. On constate aussi que, selon la variété de pommes de terre utilisée, les quantités d’acrylamide présentes dans les produits cuits peuvent varier très fort. Les variétés de pommes de terre qui contiennent peu de sucres réducteurs donneront lieu, lors de la cuisson, à la formation d’une quantité moindre d’acrylamide.

    Enfin, on a également constaté que les conditions de stockage des pommes de terre jouaient un grand rôle. Conserver les pommes de terre à une température inférieure à 8°C augmenterait considérablement le risque de formation d’acrylamide.

    La présence d’acrylamide dans l’alimentation constitue-t-elle un danger pour notre santé?

    Chez les animaux, il a été démontré que l’ingestion d’acrylamide augmente le risque de cancer. C’est pourquoi l’Organisation Mondiale de la Santé considérait déjà cette substance comme probablement cancérogène pour l’homme. Le 4 juin 2015, après la clôture de l'analyse complète des risques, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un rapport montrant que la substance peut augmenter de manière effective le risque de cancer. Les résultats des recherches ont donc confirmé que l'acrylamide est potentiellement dangereux pour la santé humaine

    http://www.test-achats.be/alimentation/securite-alimentaire

  • Spécial pour mon ami Yoshi

    Un article d'un sommelier français

     

    La démonstration Vinexpo

     En 2015, une formation à la dégustation du saké était proposée à Vinexpo. Était-ce une provocation dans ce salon du vin ? Non, parce que le vin et le saké ne sont pas concurrents. Une formation à la dégustation des sodas ou de la bière aurait été beaucoup plus provocatrice. On lit ici et là que le saké est un vin de riz. Rien n’est plus faux. Le riz est une céréale, quand le raisin est un fruit. Le raisin fermente de lui-même, quand le riz doit être étuvé pour pouvoir fermenter. Dans sa méthode de fabrication, le saké s’apparente plutôt à la bière, issue de la fermentation céréalière. Le saké est donc plutôt une bière de riz.

    Devant nous, six verres à vin. À la tribune, six maîtres saké, venus présenter leurs produits. Plus deux Français, parlant japonais, pour traduire en anglais leurs propos. Des serveurs nous présentent les bouteilles avant chaque dégustation. Les étiquettes sont belles. J’ignore si elles sont faites pour cela, mais la calligraphie nippone est, en elle-même, esthétique. La dégustation se poursuit pendant deux heures, où nous avons à la fois un enseignement théorique sur le saké et un apprentissage de la manipulation du goût du saké.

     

    C’est là que surgit le premier hiatus culturel. Nous dégustons le saké dans des verres à vin, alors que normalement il se déguste dans des coupes en porcelaine. Est-ce que procéder ainsi nuit à ses qualités organoleptiques ? Je l’ignore. Surtout, nous dégustons le saké comme du vin. Sa robe, ses arômes de nez et de bouche. Nous appliquons à un produit étranger à notre culture les normes culturelles qui nous sont propres. Est-ce la meilleure façon de comprendre le saké ?

     

    Le mur du saké

     

    L’un des sakés qui nous sont proposés n’est pas filtré. Ce trouble de la boisson illustre bien le mur culturel auquel nous sommes confrontés. Dans le saké nous recherchons les plaisirs du vin, car ces codes nous sont connus, étant ceux de notre culture et de notre environnement familial. Nous plaquons notre identité culturelle sur une boisson qui n’est ni inférieure ni supérieure au vin, mais qui est autre. Il faut boire le saké pour du saké, non pour du vin qui serait fait avec du riz. Plus nous dégustons, plus nous sentons que quelque chose nous échappe. Entre le saké et nous, se dresse un mur culturel. Il y a un monde de civilisation que nous ne pouvons pas réellement connaître. Nous abordons le saké avec nos mots et nos schémas mentaux. Bien sûr, nous pouvons nous en dépouiller, nous pouvons faire l’effort de nous glisser dans les vêtements japonais pour appréhender de l’intérieur, et donc de façon réelle, la spécificité de cette boisson. Mais c’est d’une part loin d’être facile, et d’autre part il y faut beaucoup de temps. Appréhender cette autre culture suppose une désassimilation de la nôtre pour intégrer la culture de l’autre. Les sakés alignés dans leur verre présentent des caractéristiques différentes que nous pouvons percevoir et distinguer. Celui-ci est plus clair, celui-là plus sombre. Dewazakur sent les fleurs, il me rappelle la douce senteur des cerisiers épanouis dans les parcs printaniers. Dasai 23 est poli à 23%. C’est unique et très fin. Dans chaque verre, je sais que se glisse la saveur umami, “savoureux”, cette saveur que les Japonais distinguent en plus de nos acide, sucré, salé et amer. Cet umami qui se retrouve souvent dans la cuisine nippone, notamment le tofu, ainsi que les sushis. Je sais que l’umami existe, il est le fruit du glutamate, donc je peux le percevoir. Comment reconnaître une saveur dont on ignore l’existence ? Encore, et toujours, ce mur de l’altérité culturelle.

    Le goût de l’autre

    Le goût du saké, c’est le goût de l’autre. On peut l’aimer, mais on ne peut pas le comprendre. Nous autres, Européens, même avec le temps, même avec l’aide de l’éternité, nous ne pourrons pas pénétrer pleinement dans le goût du saké et en apprécier totalement toute la plénitude. Et nos amis japonais, comment peuvent-ils comprendre le vin ? Si nous nous heurtons avec tant d’insistance contre ce mur culturel, sur cette altérité indépassable qui se dresse entre nous et les autres, comment les autres peuvent-ils nous percevoir et nous comprendre ? Comment être certain que ce Chablis ou ce Pomerol est compris, au sens plénier, prendre avec, de la même façon par le palais français et le palais nippon ? L’alimentation de terroir approfondit les distinctions culturelles et les dissociations de civilisation. Elle ne bâtit pas des murs, mais elle révèle les réalités existantes. Ce n’est pas parce que l’on se rend compte que l’on ne pourra jamais comprendre pleinement l’autre que l’on va le rejeter ou s’en défier. Au contraire. C’est parce que l’autre est différent qu’il est attirant, et donc que l’on est amené à aller vers lui. C’est parce que le saké n’est pas du vin que l’on cherche à en boire et à mieux le connaître, même si l’on sait que l’on ne pourra jamais complètement surmonter le mur culturel. Ce qui attire dans l’autre, c’est son altérité. Si l’autre était similaire à nous-mêmes, il n’aurait aucun intérêt et nous nous détacherions de lui. C’est pour cela que l’alimentation de terroir a l’avenir devant elle ; cette alimentation qui a la saveur de la terre qui l’a produite et de la culture qui l’a fait naître.

    La saveur culturelle

    C’est tout l’inverse de l’alimentation de série qui fabrique des goûts stéréotypés et unifiés. Des goûts, généralement sucrés, qui peuvent être appréciés partout dans le monde, à Tokyo comme dans le Lubéron. Mais si je peux ne pas aimer la saveur du saké, en revanche je ne peux pas être indifférent à la charge culturelle qu’il diffuse. Dans ce verre de Dasai, il y a plus que du saké et de l’umami. Il y a le mont Fuji et l’insularité, les rizières et les maisons de bois de Kyoto, et Shusaku Endo et sa littérature. C’est la sixième saveur, la saveur culturelle. La plus belle, la plus profonde, la plus recherchée et la plus dense. L’alimentation de terroir est l’unique à transmettre cette saveur de la culture. Et plus l’autre est autre, plus il est différent, plus la saveur culturelle est grande. Il peut même arriver que nous soyons incapables de reconnaître le savoureux et l’amertume, tant le culturel a pris le pas sur toutes les autres saveurs. N’est-ce pas dans cette sensation gustative, fruit tant de l’imagination que du savoir, que nous aimons nous nimber et nous ensevelir ? Dans cet intense plaisir culturel de l’autre en tant qu’autre, dans ce qu’il a de plus haut et de plus grand, de plus profond et de plus dense ? Cette saveur culturelle que l’on peut rechercher des années avant de la percevoir. C’est la sixième saveur qui, pour nous Européens est si présente dans le saké. Et c’est aussi, sûrement, celle-ci que les Japonais recherchent dans nos vins. Cette saveur culturelle qui se manifeste dans nos paysages et nos monuments historiques, et qui contribue, par leur présence et leur histoire, à donner toute la grandeur et la richesse du terroir français.

     Non, déguster un saké n’est pas complètement un échec, si nous sommes capables d’y percevoir non pas la plénitude de l’umami, mais la dilatation de la culture.

    www.contrepoint.org