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nutrition - Page 43

  • Ne vous trompez pas de citrouille!

    Toutes les courges ornementales sont considérées comme toxiques.

    "Son gratin de courgettes l’envoie à la morgue".

    Un Allemand de 79 ans est décédé, dimanche dernier à Heidenheim, une ville du Wurtemberg (sud). Les légumes qu’il avait mangés étaient empoisonnés.

    Enfin le mot courge est parfois employé avec le sens péjoratif d’"imbécile" par référence, dit-on, au vide interne du fruit. Source Dictionnaire historique de la langue française, sous la direction de Alain Rey. Dictionnaires Le Robert, 1998.

    Mise à jour du 29 octobre 2017. Seppi rapporte le tragique évènement survenu à un Allemand avec cet article, C’est confirmé : des traces de pesticides peuvent tuer un homme par Ludger Weß (Wess). Seppi indique que Cet article très sérieux malgré son ton ironique ne s’en prend pas à l’agriculture biologique en tant que telle, mais aux idéologies.

    Les médias allemands ont rapporté cette semaine l’histoire émouvante d’un homme tué par des traces d’un insecticide. Le retraité et son épouse de Heidenheim, Bade-Wurtemberg, avaient mangé un ragoût végétarien préparé avec des courgettes. Les courgettes étaient un cadeau d’un membre de la famille, un jardinier passionné qui avait suivi tous les conseils du manuel du jardinier bio. Elle avait planté des courgettes dans le jardin familial sans utiliser de pesticides de synthèse ni d’engrais artificiels. Elle avait même gardé les graines des récoltes précédentes plutôt que d’acheter chaque année de nouvelles graines des grandes entreprises semencières, quelque chose que les partisans de l’agriculture naturelle recommandent fortement.

    Mais quand le couple a mangé les courgettes de la récolte de cette année, ils ont dû être admis à l’hôpital quelques heures plus tard. Le visage de l’homme avait viré au jaune, et les deux étaient pris de violentes douleurs abdominales, de crampes d’estomac, de vomissements et de fortes diarrhées. Après avoir souffert pendant près de deux semaines, l’homme est décédé. Sa muqueuse gastrique avait été littéralement écorchée. Sa femme a eu plus de chance et a pu quitter l’hôpital quelques jours avant le décès de son mari.

    Les courgettes avaient eu un goût amer, que l’homme a ignoré. Après tout, c’était un repas végétarien naturel, et des aliments au goût amer sont recommandés par les sites de santé naturelle comme un excellent moyen de débarrasser naturellement le corps des substances toxiques accumulées dans les cellules. D’ailleurs, il aimait le goût de la chicorée amère, il en avait planté dans son propre jardin. Sa femme, au contraire, n’a pas pu supporter le goût et elle n’a avalé que quelques bouchées.

    Qu’est-ce qui a empoisonné et finalement tué l’homme ? Les médecins ont rapidement trouvé. Ce que la famille ignorait, c’est que les courgettes avaient été contaminées par un insecticide extrêmement toxique. La substance chimique avait été fabriquée par la plus grande et la plus ancienne productrice de poisons mortels du monde : Monsanto Nature.

    L’insecticide en question est appelé cucurbitacine, un antagoniste d’une hormone stéroïde d’insectes agissant au niveau du récepteur ecdystéroïde. Ce récepteur est impliqué dans le développement et la reproduction de nombreux insectes, et la substance chimique empêche les chenilles de muer et de croître et les insectes adultes de se multiplier. La substance est fabriquée par les courgettes sauvages et des plantes voisines comme les citrouilles, les melons, les courges ou les gourdes pour repousser ou tuer les prédateurs. Les efforts d’amélioration des plantes ont produit des variants dépourvus de la capacité de se protéger par la toxine – un processus totalement contraire aux lois de la nature qui produit des aliments favorables à la santé humaine, mais dans des plantes qui sont vulnérables à leurs ennemis.

     

  • Carottes bio et pesticides: et si on posait les vraies questions?

    Acheter bio est un choix personnel que l’on ne saurait critiquer. La critique s’impose, en revanche, pour le discours qui fait la promotion de ce choix par le dénigrement de l’agriculture dite "conventionnelle".

    Par André Heitz.

    En faisant tester huit échantillons de carottes, pour moitié " bio " et pour moitié " conventionnelles ", France 3 a osé braver un tabou. D’autant plus que la chaîne a publié ses résultats sous un titre politiquement fort incorrect: " Quand les carottes d’une enseigne bio contiennent plus de pesticides que d’autres carottes non bios".

    Le sujet fait 3:19 minutes d’antenne. On ne s’étonnera donc pas que les données fournies soient très lacunaires. Et qu’il soit impossible de vérifier l’exactitude du titre.

    Des résidus dans trois échantillons sur huit…

    Pour les carottes conventionnelles, aucune trace de résidus n’a été trouvée sur les produits achetés dans des magasins Leader Price et Carrefour; celles d’un magasin Lidl et d’un primeur de quartier présentaient des traces à des niveaux inférieurs aux limites maximales de résidus (LMR).

    Côté bio,  les carottes Carrefour, Naturalia et La Vie Claire étaient sans résidus – il faut ajouter ici, pour être précis: " détectables " car une absence totale ne peut pas (encore) se prouver; celles achetées dans un Bio c’Bon, en revanche, " présentent " des résidus de trois produits phytosanitaires ", " totalement interdits dans la culture biologique". " On peut voir les noms barbares sur la vidéo: azoxystrobine (fongicide), difénoconanole (fongicide), prosulfocarbe (herbicide).

    … à des niveaux sans nul doute anecdotiques

    Les niveaux de résidus sont sans nul doute ridiculement faibles. Si tel n’avait pas été le cas, le discours aurait été autrement plus anxiogène et critique…

    De plus, la démarche en toxicologie est extrêmement protectrice. À partir de tests sur des animaux de laboratoire auxquels on administre des doses croissantes de la substance à étudier, on définit une NOAEL ou DSENO (No Observable Adverse Effect Level – dose sans effet nocif observable).

    Celle-ci est généralement divisée par 100 (par 10 pour tenir compte des incertitudes liées au passage de l’animal à l’homme et par 10 pour tenir compte de la variabilité à l’intérieur de l’espèce humaine), parfois plus, pour produire la dose journalière admissible (DJA). Elle est exprimée en milligrammes de substance par kilogramme de poids corporel et par jour.

    Ainsi, la DJA de l’azoxystrobine est de 0,1 mg/kg p.c./j. Elle a été déterminée en appliquant un facteur de sécurité de 100 à la dose sans effet obtenue dans des études de toxicité par voie orale de 90 jours et d’un an chez le chien.

    Une personne de 60 kg est donc censée pouvoir absorber tous les jours 60 x 0,1 = 6 milligrammes d’azoxystrobine sans risques pour sa santé. La communication des agences d’évaluation dit souvent qu’" un risque ne peut être exclu " lorsque cette dose est dépassée; cette formulation standardisée ne reflète pas vraiment la réalité biologique compte tenu des facteurs de sécurité, mais certainement la préoccupation pour la santé des populations dont font preuve les autorités sanitaires.

    À partir de la DJA on déduit des limites maximales de résidus (LMR), pour chaque denrée alimentaire de base, en tenant compte notamment des habitudes de consommation et des réalités agricoles.

    Elle est fixée de manière à ce que le consommateur ne dépassera pas la DJA, sauf comportement alimentaire vraiment anormal (style cure de cerises pour le diméthoate à s’en faire péter la sous-ventrière). Ainsi, toujours pour l’azoxystrobine, la MRL est de 1 mg/kg chez la carotte.

    Lorsque la substance n’est pas autorisée sur la denrée, et en l’absence de demande de fixation d’une LMR pour des produits importés, on retient généralement la limite de détection (cela explique une partie des dépassements constatés sur des produits importés).

    Si ce qu’on voit sur la vidéo à 00:51 se rapporte aux carottes bio, on aurait trouvé 0,012 mg d’azoxystrobine par kilo de carottes. C’est 83 fois moins que la LMR. En d’autres termes, notre personne de 60 kg devrait manger… plus de 5.000 kg de carottes pour atteindre la zone à partir de laquelle, selon la terminologie en usage, " un risque ne peut être exclu".

    Une terminologie que, du reste, les agences d’évaluation feraient bien de réviser. Il y a déjà suffisamment de marchands de peurs (et d’illusions) sur le plateau médiatique et les réseaux sociaux; de ceux qui agitent le mot " contamination " pour de tels niveaux de présence (France 3 y succombe du reste).

    La réalité des résidus de pesticides

    Les autorités procèdent à des contrôles réguliers organisés au niveau européen, les résultats étant publiés par l’Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). Selon le dernier communiqué de presse portant sur les résultats des échantillons prélevés en 2015:

    97,2 % des échantillons analysés se situent dans les limites permises par la législation de l’UE. 53,3 % des échantillons testés étaient exempts de résidus quantifiables tandis que 43,9 % contenaient des résidus ne dépassant pas les limites légales. […] 99,3 % des aliments bio étaient exempts de résidus ou présentaient des taux se situant dans les limites légales.

    Communication asymétrique! Il faut se plonger dans le rapport détaillé pour apprendre que 13,5 % des échantillons bio présentaient des résidus de pesticides (polluants persistants, pesticides autorisés en bio et non autorisés).

    Acheter bio: pour quel résultat?

    Acheter bio est un choix personnel que l’on ne saurait critiquer. Il y a une demande et une offre. Et nos conditions économiques nous permettent ce que l’on peut considérer comme une extravagance.

    La critique s’impose, en revanche, pour le discours explicite et les insinuations qui font la promotion de ce choix par le dénigrement des méthodes de production et de la qualité des produits de l’agriculture dite " conventionnelle". Ni des choix politiques.

    Il y a un fait soigneusement occulté par le lobby du biobusiness et ses alliés: l’agriculture biologique utilise aussi des pesticides ! Certains d’entre eux ne sont pas anodins en termes de santé et d’environnement, voire plus nocifs que les produits de synthèse interdits d’utilisation en bio par idéologie et… marketing. Que dire aussi des pyréthrines "naturelles", autorisées, produites à partir de plantes consciencieusement protégées par des fongicides… de synthèse?

    Les statistiques colligées par l’EFSA peuvent s’interpréter comme suit: l’acheteur de bio diminue le risque d’acheter un produit contenant des résidus de pesticides à des niveaux légaux d’un facteur 3,25; et à des niveaux supérieurs aux LMR d’un facteur 4.

    Rappelons qu’une présence de résidus en dessous de la LMR est sans danger pour la santé selon les canons de la pensée rationnelle.

    Un dépassement de LMR n’est pas ipso facto un indice de danger, étant donné les marges de sécurité qu’on s’est données; il constitue toutefois une infraction susceptible de faire l’objet de mesures administratives ou judiciaires s’il est net, compte tenu des incertitudes dans les dosages.

    Acheter bio: à quel prix?

    Les journalistes de France 3 s’émeuvent:

    Nos carottes non-bio achetées 89 centimes le kilo contiennent moins de résidus que ces carottes bio à 2 euros 10.

    Le bio, ici, c’est 2,4 fois plus cher!

    Dans son numéro de septembre 2017, Que Choisir a publié une enquête assez complète. Son panier conventionnel en supermarché et hypermarché à 74 € passe en bio à 126 € dans les mêmes magasins et à 161 € dans les magasins spécialisés bio, soit + 70 % et + 117 %, respectivement.

    Le panier de fruits et légumes seul passe de 15 € à 40 € (+ 166 %) et 30 € (+ 100 %), les magasins spécialisés faisant mieux dans ce cas que les généralistes.

    Acheter bio: pour quels résultats?

    C’est une chose que de dépenser plus – beaucoup plus – pour réduire son risque d’exposition à des résidus n’ayant probablement aucun effet sur la santé (le mot " probablement " n’est utilisé que pour tenir compte de l’impossibilité matérielle de démontrer une absence totale d’effet – on peut s’attendre du reste à des commentaires outrés sur la perturbation endocrinienne… et les effets cocktail).

    Mais c’est un choix qui a d’autres conséquences. La promotion du bio par le dénigrement du conventionnel se plaît à présenter les pesticides comme des " béquilles chimiques " du "productivisme". C’est oublier leur rôle important pour la production de denrées saines – et donc aussi pour la santé publique. C’est contre-intuitif en ce monde dominé par un discours fallacieux, mais c’est comme ça;

    Les impasses que fait le bio sur la protection phytosanitaire par idéologie, par choix ou faute de modes de protection efficaces par obligation, se traduisent par des risques plus importants.

    C’est le cas tout particulièrement pour les mycotoxines – bien plus préoccupantes que les résidus de pesticides, que ceux-ci soient de synthèse ou " bio " – et les graines de mauvaise herbes toxiques (et, sur un autre registre, pour les contaminations bactériennes par les fumiers et composts).

    Nous ne saurons jamais si les 53 morts et les centaines d’insuffisances rénales nécessitant une dialyse auraient pu être évités en Allemagne, en 2011, si on avait désinfecté les graines au chlore (à l’eau de Javel). C’est là, la pointe de l’iceberg. Quelque deux douzaines de personnes ont été intoxiquées par du datura dans le farine de sarrasin bio en septembre-octobre 2012; mais on n’en a guère parlé… biais sélectif de l’" information".

    Ah ! L’ " information " !

    Il ne faut toutefois pas surinterpréter les risques du bio, ni du reste les résultats de cette petite séquence de France 3, qui est dans le style de ce que Générations Futures nous assène à intervalles réguliers ou à des dates conçues pour influencer des décisions politiques (le dernier exemple portait sur le glyphosate dans 30 échantillons de céréales et de légumineuses).

    D’autre part, la mention des marques ou des enseignes est un des gros problèmes du sensationnalisme médiatique, et aussi du consumérisme. Bio c’Bon est présenté sous un jour défavorable – " Une marque d’une fameuse enseigne bio pose problème ", rien que ça… sur la base d’un seul échantillon de carottes !

    Son seul tort est d’avoir vendu à des journalistes de France 3 un paquet de carottes issues d’une production sans nul doute honnête et conforme au cahier des charges du bio. Pour reprendre un terme du reportage et contrairement à ce qu’il prétend, les carottes de Bio c’bon – y compris celles testées – sont aussi " irréprochables " que celles des trois autres enseignes.

    Il serait grand temps que cesse cette hystérie médiatique. Cela vaut aussi pour cette association de consommateurs (non nommée) et cette personne (non identifiée) qui balbutie que " quand on achète bio… on est en droit d’attendre…".

    Elle n’aurait pas dit cela si elle savait que l’agriculture biologique (qui utilise aussi des pesticides…) a une obligation de moyens, pas de résultats; ou, le sachant, si elle en avait tiré la conclusion logique. Cette obligation limitée, c’est tant mieux pour les agriculteurs tant bio, que conventionnels.

    On peut ne pas avoir de sympathie particulière pour le bio, tout en ayant beaucoup de respect pour les producteurs qui se lancent dans ce mode de production exigeant et risqué avec une conviction qui ne relève pas de l’intégrisme et un réalisme qui n’est pas synonyme d’opportunisme face à une aubaine. Le respect de ces producteurs exige que l’on dénonce ces discours et ces attentes aussi excessifs qu’irréalistes.

    Promouvoir le bio?

    En ces temps d’États Généraux de l’Alimentation, les manœuvres vont bon train pour promouvoir la filière biologique, y compris par des procédés déloyaux, vicieux et, pour tout dire, indécents contre l’agriculture qui nous nourrit, alimente en temps normal notre balance commerciale et contribue à assurer l’ordre et la sécurité (relatifs, certes) dans les pays qui ont besoin de notre blé pour nourrir leur population et exportent une partie de leur population vers nos contrées sous la forme de migrants.

    Les statistiques de l’Agence Bio, aussi astucieuses soient-elles, ne font peut-être illusion: mais le bio représenterait 5,7% de la SAU (surface agricole utile) en 2016 et les produits bio 7,147 milliards d’euros. Comparé aux 232 milliards d’euros du budget alimentation de 2014, cela fait 3% de la consommation. Le blé tendre a rendu 29 q/ha en bio en 2015, contre un 79,4 q/ha record en conventionnel (2,7 fois plus).

    Ces chiffres doivent être contextualisés et relativisés. La contribution du bio à l’alimentation des Français est gonflée par ses prix plus élevés; inversement, la différence dans les rendements du blé inclut un facteur géographique qui minimise le potentiel réel du bio (les grandes régions céréalières connaissent peu de bio).

    Mais ils illustrent une réalité incontournable. Le bio est un mode de production moins performant sur le plan agronomique et économique (nonobstant les discours des thuriféraires).

    Ses produits sont réservés de par leurs prix à une clientèle aisée ou prête à faire des choix spartiates. Que Choisir titre avec raison et bon sens: " Pas à la portée de tous". Tout cela pour des produits dont Que Choisir écrit aussi que "l’intérêt […] n’est pas flagrant", et ce, dans un formidable contre-pied par rapport au titre, "Manger bio est sans doute plus sain"; illustration du problème récurrent du conflit entre réalisme et bien-pensance…

    Nous n’entrerons pas ici dans d’autres arguments fallacieux invoqués à l’appui du bio, comme l’impact positif (allégué) sur l’emploi ou l’environnement.

    Il est pourtant demandé de promouvoir encore davantage – par des subventions particulières, une baisse de la TVA, des marchés captifs, des contraintes renchérissant la production conventionnelle, etc. – un mode de production moins performant.

    Fausser le marché n’est pas bienvenu chez les lecteurs de ce site. Le fausser pour, in fine, subventionner la consommation des bobos aisés l’est encore moins pour l’auteur de ce billet.

    https://www.contrepoints.org/2017/10/17/301158-carottes-bio-pesticides-on-posait-vraies-questions

  • Manger des épinards, finalement c’est bon pour la santé

    Popeye avait raison! Les épinards, c’est bon pour la santé

    On a longtemps vanté les épinards comme une source de fer pour l’organisme, ce qui est une vue de l’esprit promue par les bandes dessinées introduisant Popeye le Marin mangeant des boites d’épinards en conserve pour préserver sa musculature. Les épinards ne sont pas plus riches en fer que n’importe quel autre légume, et certainement moins riches en ce métal qu’une pièce de bœuf ou même de porc. Par contre, manger des épinards ne peut pas être néfaste pour la santé, pour une toute autre raison qui n’a rien à voir avec le légendaire Popeye.

    C’est un article paru dans la revue The Journal of the American College of Nutrition qui apporte des précisions sur les bienfaits insoupçonnés des épinards. Il s’agit d’une étude devant valider les propriétés d’un extrait concentré de chloroplastes de feuilles d’épinards sur la satiété et les pulsions alimentaires. L’étude a été réalisée conjointement par les Universités de Louisiane et l’Université de Lund et apparemment financée par la société Greenleaf Medical AB à Stockholm pour justement valider un brevet déposé sur l’utilisation de ces concentrés de chloroplastes pour réguler l’appétit. Difficile cependant de trouver des informations sur cette société. Néanmoins, réguler son appétit en avalant une cuillerée d’un concentré de chloroplastes d’épinards est anodin et certainement pas toxique.

    Si c’est efficace, pourquoi se priver? Ce genre de complément alimentaire à usage thérapeutique s’adresse aux personnes en surpoids ou obèses dont les habitudes alimentaires ont été exacerbées par ce que l’on appelle le syndrome métabolique. Les principales caractéristiques de ce dernier sont une mauvaise régulation de la satiété et un besoin de se nourrir qui devient rapidement compulsif et aggravant par voie de conséquence. Le comportement vis-à-vis de la nourriture relève de l’hédonisme et, on ne peut pas le nier, de la recherche de la jouissance et du plaisir gustatif. Quand l’organisme est déréglé, en d’autres termes que le cerveau ne reconnaît plus les signaux transmis par l’homéostase de cet organisme, alors il apparaît une déviance des circuits de récompense et la satiété n’est plus jamais atteinte : un obèse, j’en ai vu des centaines qui à dix heures du matin achetaient un demi-kilo de confiserie " parce qu’ils avaient faim ", a perdu le contrôle de ce mécanisme signalant la satiété. Il s’agit alors d’un hédonisme à l’état pur qui implique un mélange d’émotion, de recherche de satisfaction sans aucun rapport avec l’état physiologique de l’organisme.

    Des essais préliminaires ont montré que les chloroplastes, donc ces organites subcellulaires présents dans tous les végétaux verts, retardent la digestion des graisses et par conséquent stimulent la production par le cerveau des hormones signalant la satiété qu’on appelle cholécystokinines et un peptide proche du glucagon tout en abaissant significativement la production de l’hormone de la faim, la ghreline qui est produite par l’intestin.

    Enfin les extraits chloroplastiques de légumes verts, et pas seulement d’épinards, induisaient une perte de poids liée à une légère élévation de la température corporelle. Trente femmes et trente hommes en surpoids ou obèses participèrent à cette étude et l’ingestion de 5 grammes de concentré de chloroplastes d’épinards au petit-déjeuner était efficace sur le long terme en réduisant de 85 à 95 % leur envie de sucreries ou de chocolat durant la matinée, sans qu’aucune intolérance n’ait pu être détectée.

    Fait plus significatif, la glycémie sanguine qui chez ces sujets a tendance à chuter rapidement se maintenait plusieurs heures à un niveau satisfaisant, un fait qui permet d’expliquer la sensation de satiété durable induite par l’extrait d’épinards.

    Le test fut étendu pendant 90 jours pour les trois repas quotidiens avec un suivi d’un ensemble de paramètres sanguins permettant de suivre le métabolisme général. Il ressort donc que 5 g de concentré de chloroplastes d’épinard au petit-déjeuner suffisent pour maintenir durant la journée entière une perception de la satiété qui au final est bénéfique pour le métabolisme général mais également favorise une perte de poids. L’étude ne mentionne pas si les sujets étudiés avaient été par ailleurs encouragés à pratiquer des exercices physiques dans la mesure où son but était limité à la modification des habitudes alimentaires délétères auxquelles succombent la plupart des personnes en surpoids ou obèses.

    Cet extrait d’épinards constitue donc une petite lueur dans le rétablissement de conditions nutritionnelles chez les obèses sans aucun risque pour la santé. Finalement Popeye le Marin avait raison mais pas dans le sens que la mémoire a gardé de ce personnage un peu caricatural.

    Source : http://www.tandfonline.com/loi/uacn20

     

  • Les aliments qui combattent l'inflammation

    Dans cette étude qui a duré 5 ans, les chercheurs ont évalué les apports alimentaires en vitamine B5 de 908 personnes et déterminé en parallèle leurs taux de protéine C-réactive. Les apports quotidiens moyens en vitamine B5 étaient de 4,5 mg chez les hommes et de 4 mg chez les femmes. Les résultats ont aussi montré que les personnes ayant les apports les plus élevés en vitamine B5 au début de l’étude mais aussi au cours du suivi avaient également des concentrations en protéine C-réactive plus faibles à la fin, indiquant une inflammation plus faible.

    La vitamine B5 (acide pantothénique) pourrait diminuer l’inflammation en augmentant la synthèse du coenzyme A et en favorisant la synthèse du glutathion (un antioxydant) permettant ainsi de diminuer le stress oxydant. Ce dernier joue en effet un rôle important dans le développement des maladies inflammatoires chroniques.

    Vous trouverez cette vitamine essentiellement dans les abats (foie et rognons surtout), le poulet, le bœuf, les œufs, les champignons (le shiitaké notamment), les céréales complètes, l’avoine ou encore les brocolis.

     

     

    Toulouse, toulousain, cuisine, santé, nutrition, France, Occitanie

  • La citrouille, bonne pour la santé

    Riche en caroténoïdes, la citrouille est bonne pour les yeux et la prostate et contribue à diminuer le risque de cancer.

    La citrouille, le potiron, le potimarron, sont des cucurbitacées classées dans la grande famille des courges. Les courges contiennent différentes molécules bénéfiques à la santé: alcaloïdes, flavonoïdes, acides linoléique, oléique, palmitique. La citrouille possède des propriétés anti-diabétiques, anti-cancéreuses et anti-inflammatoires. D’abord cultivée en Amérique, la courge s’est répandue en Europe, en Asie. On consomme généralement ses graines et sa chair.

    Les graines de courge sont riches en protéines. Elles contiennent aussi des quantités intéressantes d’acides gras essentiels (acide linoléique) et de vitamine E, connue pour ses propriétés anti-oxydantes. Le fruit contient des carotènes, vitamines et minéraux.

    Voici quelques propriétés médicales de la courge appuyées par différentes recherches. Cependant de nombreuses études ont été faites sur des animaux ou in vitro, les preuves cliniques chez l’homme manquent un peu…

    Ses graines sont bonnes pour la prostate...

    ... Mais il ne faut pas en attendre des miracles, car les preuves restent minces. On les utilise traditionnellement pour soulager les troubles liés à l’hypertrophie bénigne de la prostate et un essai clinique en double aveugle contre placebo sur 53 hommes a montré qu'une association d'extraits de graines de citrouille et de palmier nain améliore significativement les problèmes urinaires (1). Dans un deuxième essai, des scientifiques américains ont testé l’efficacité d’un extrait de graines de citrouille, de palmier nain et d’ortie sur le même problème mais ne sont pas parvenus à des résultats concluants (2). Une troisième étude, de pharmacovigilance cette fois, menée sur 2245 personnes suggère qu'un extrait de graines de citrouille réduirait de 41% les symptômes de l’hypertrophie de la prostate sans effets indésirables (3). Les substances contenues dans les graines de citrouille agiraient sur la miction mais pas sur le volume de la prostate même si une étude menée sur des rats en 2006 a mis en évidence un effet bénéfique sur cet organe.

    Les caroténoïdes des fruits de courge ont aussi été associés à la prévention du cancer de la prostate (4). De plus, la cucurmosine, une protéine isolée dans le fruit de la courge musquée Cucurbita moschata a montré qu’elle était toxique vis-à-vis de certaines lignées de cellules cancéreuses (5).

    1- Carbin BE: “Treatment of benign prostatic hyperplasia with phytosterols”. Br J Urol 1990, 66(6): 639-641.

     2- Marks LS: “Effects of a saw palmetto herbal blend in men with symptomatic benign prostatic hyperplasia“. J Urol 2000 May;163(5):1451-6.

     3- Friederich M: ”Prosta Fink Forte capsules in the treatment of benign prostatic hyperplasia. Multicentric surveillance study in 2245 patients.” Forsch Komplementarmed Klass

     4- Yadav M, Jain S, Tomar R, Prasad GB, Yadav H. "Medicinal and biological potential of pumpkin: an updated review." Nutr Res Rev. 2010 Dec;23(2):184-90. doi: 10.1017/S0954422410000107.

     5- Zhang B, Huang H, Xie J, Xu C, Chen M, Wang C, Yang A, Yin Q. "Cucurmosin induces apoptosis of BxPC-3 human pancreatic cancer cells via inactivation of the EGFR signaling pathway." Oncol Rep. 2012 Mar;27(3):891-7. doi: 10.3892/or.2011.1573

    Elle diminue le risque de cancer

    La citrouille est presque aussi riche que la carotte en caroténoïdes, des substances antioxydantes qui aident à lutter contre le cancer, les maladies cardiovasculaires ou les coups de soleil. Plusieurs études épidémiologiques ont établi un lien entre consommation de légumes riches en caroténoïdes et diminution du risque de cancer, notamment celui de la prostate, du sein et du côlon. Par ailleurs, la cryptoxanthine et l’alpha-carotène, deux autres caroténoïdes, sont capables, in vitro, d’inhiber la prolifération de cellules cancéreuses (1). De ce point de vue, les caroténoïdes alimentaires semblent supérieurs à ceux que l'on peut prendre sous la forme de suppléments (2).

    Des régimes riches en courge ont été associés à un risque réduit de cancer de l’estomac, du sein, du poumon et du côlon-rectum (3).

    1- Nishino H: “Carotenoids in cancer chemoprevention”. Cancer Metastasis Rev. 2002;21(3-4):257-64.

     2- Krinsky NI: “Carotenoid actions and their relation to health and disease.” Mol Aspects Med 2005 December;26(6):459-516.

     3- Yadav M, Jain S, Tomar R, Prasad GB, Yadav H. "Medicinal and biological potential of pumpkin: an updated review." Nutr Res Rev. 2010 Dec;23(2):184-90. doi: 10.1017/S0954422410000107.

    Elle protège les yeux du vieillissement

    La citrouille contient beaucoup de lutéine et de zéaxanthine, deux pigments caroténoïdes pour lesquels la rétine a une grande affinité: elle les utilise comme filtre contre la lumière bleue du rayonnement solaire, toxique pour les cellules rétiniennes. En 2001, une équipe des chercheurs de Floride a montré que les personnes ayant les taux les plus élevés de ces deux pigments dans leur rétine avaient un risque de dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) diminué de 82%. Plusieurs études ont par ailleurs conclu qu’en consommant plus de lutéine et de zéaxanthine, soit par une alimentation riche en produits qui en contiennent, soit par une supplémentation, on augmente les taux rétiniens des deux pigments. La relation entre consommation de lutéine et zéaxanthine et risque de DMLA devra faire l’objet d’une étude clinique pour être confirmée.

    Bone RA: “Macular pigment in donor eyes with and without AMD: a case-control study.” Invest Ophthalmol Vis Sci. 2001 Jan;42(1):235-40.

    Elle augmente peu la glycémie

    La courge possède un index glycémique bas. Une méta-analyse a mis en évidence que des extraits de citrouille pouvaient contribuer à diminuer la glycémie chez l’animal et l’homme (1). Ces résultats confirment ceux obtenus en 2002 par une étude épidémiologique japonaise sur des personnes prédiabétiques et diabétiques. Les effets bénéfiques de la citrouille sont attribués aux caroténoïdes et à certains polysaccharides de la citrouille. Une étude récente suggère que ces substances pourraient prévenir la destruction des cellules qui synthétisent l’insuline et même les régénérer! (2)

    La courge de Siam aurait un effet hypoglycémiant chez des lapins, mais aussi chez des patients diabétiques. Des polysaccharides de la courge joueraient  un rôle hypoglycémiant: ces polysaccharides augmenteraient les niveaux d’insuline et réduiraient le taux de glucose dans le sang (3).

    1- Caili F: “A review on pharmacological activities and utilization technologies of pumpkin.” Plant Foods Hum Nutr 2006 June;61(2):73-80.

     2- Tao X, Journal of the Science of Food and Agriculture, 2007.

     3- Yadav M, Jain S, Tomar R, Prasad GB, Yadav H. "Medicinal and biological potential of pumpkin: an updated review." Nutr Res Rev. 2010 Dec;23(2):184-90. doi: 10.1017/S0954422410000107.

    Elle favorise le système immunitaire et pulmonaire

    Des chercheurs américains ont passé en revue les études menées sur ce bêta-carotène. Leur conclusion: outre ses effets antioxydants, le bêta-carotène d'origine alimentaire favorise le fonctionnement de certaines cellules du système immunitaire en améliorant les échanges et l’activité de certaines cellules immunitaires. Il pourrait également avoir un effet bénéfique sur la fonction pulmonaire mais les fumeurs, s'ils peuvent consommer de la citrouille riche en bêta-carotène, devraient éviter les compléments de bêta-carotène qui peuvent augmentent leur risque de cancer.

    Bendich A., From 1989 to 2001: what have we learned about the "biological actions of beta-carotene"? J Nutr. 2004 Jan;134(1):225S-230S.

    Elle possède des propriétés antimicrobiennes

    D'après une revue de 2010, l’huile de pépins de courge inhibe de nombreuses bactéries: Acinetobacter baumanii, Enterococcus faecalis, Escherichia coli, Klebsiella pneumoniae, Pseudomonas aeruginosa, Salmonella typhi, Seratia marcescens ou encore le staphylocoque doré.

    De plus trois protéines de courges, appelées MAP2, MAP4 et MAP11, ralentissent la croissance des cellules de levures, MAP11 étant la plus efficace. Une autre protéine, appelée Pr-1, a des propriétés antifongiques.

     

    L'huile de pépin de courge, c'est ici

    http://www.biotine-sep.com/macerat/index.html