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Nutrition news - Page 115

  • Persil et thym: excellents pour votre santé!

    Le thym et le persil sont des piliers du régime méditerranéen, qui protège le cerveau. Peut-être n'est-ce pas fortuit. Une molécule présente dans différentes plantes pourrait aider à la prévention et au traitement de maladies neuronales. C’est ce que suggère une étude brésilienne parue dans Advances in Regenerative Biology.

    L’apigénine est un flavonoïde, c’est-à-dire un polyphénol, qui se trouve dans le persil, le thym, la camomille, le romarin. De manière générale, les flavonoïdes ont un effet positif sur la mémoire et l’apprentissage et différentes études ont souligné leur potentiel pour favoriser et préserver la fonction cérébrale.

    Lire : Les atouts santé du persil plus bas

    Dans cet article, les chercheurs décrivent comment ils ont réussi à obtenir des cellules nerveuses à partir de cellules souches pluripotentes humaines, grâce à l’apigénine. En effet, les cellules souches embryonnaires peuvent donner naissance à tout type de cellule. Un des objectifs de la médecine régénérative est de diriger ces cellules vers certains types cellulaires plutôt que d'autres.

    Les chercheurs ont observé qu’en appliquant l’apigénine à des cellules souches humaines elles devenaient des neurones en 25 jours, chose impossible sans apigénine. L’apigénine a aussi induit l’expression de marqueurs neuronaux et la formation de synapses, les espaces entre neurones. De plus, les neurones formaient des connexions plus fortes et plus sophistiquées entre eux après avoir été traités avec l’apigénine.

    L’apigénine favorise donc la formation des neurones et renforce les connexions entre cellules du cerveau. Or pour Stevens Rehen, un des auteurs de l’article, " Des liens forts entre les neurones sont essentiels pour la bonne fonction cérébrale, la consolidation de la mémoire et l'apprentissage. "

    L’apigénine fonctionne en s’associant au récepteur des œstrogènes et agit comme un "phyto-œstrogène". Or ce récepteur des œstrogènes est impliqué dans le développement, la maturation, la fonction et la plasticité du système nerveux. Les œstrogènes sont connus pour repousser l’apparition de maladies neurodégénératives et psychiatriques comme la schizophrénie, la dépression, la maladie d’Alzheimer, la maladie de Parkinson. Mais l’utilisation de thérapies à base d’œstrogènes pose des problèmes à cause du risque de tumeurs liées à l'utilisation des œstrogènes, ou de troubles cardiovasculaires.

    Les chercheurs pensent donc que l’apigénine pourrait être utilisée comme alternative dans de futurs traitements pour les maladies neurodégénératives. Elle pourrait aussi servir au laboratoire pour induire la différenciation de cellules en neurones.

    "Nous montrons une nouvelle voie pour de nouvelles études avec cette substance. En outre, les flavonoïdes sont présents à des quantités élevées dans certains aliments et nous pouvons spéculer qu'une alimentation riche en flavonoïdes peut influencer la formation de neurones et la façon dont ils communiquent dans le cerveau“.

    Les plantes contenant des flavonoïdes sont utilisées depuis des siècles pour favoriser la santé cardiovasculaire, réduire l’inflammation et prévenir le cancer. L’apigénine a montré qu’elle avait des effets neuroprotecteurs dans des modèles de souris. Par ailleurs, elle possède aussi avoir des propriétés anti-cancéreuses.

    Source

    Cleide S. Souza, Bruna S. Paulsen, Sylvie Devalle, Silvia Lima Costa, Helena L. Borges, Stevens K. Rehen. Commitment of human pluripotent stem cells to a neural lineage is induced by the pro-estrogenic flavonoid apigenin. Advances in Regenerative Biology, 2015; 2 (0) DOI: 10.3402/arb.v2.29244

    Plein feux sur l’apigénine

    L’apigénine est le principal flavonoïde présent dans le persil[1]. Il est surtout reconnu pour ses effets antioxydants in vitro [2], mais aussi pour ses effets potentiellement antimutagènes in vitro [3] et anticancérigènes chez l’animal [4].

    Une diminution des dommages causés par les radicaux libres

    Les effets de l’apigénine contenus dans le persil n’ont pas été évalués directement. Par contre, lors d’une étude d’intervention au cours de laquelle des sujets recevaient quotidiennement 20 g de persil frais pendant une semaine, il a été démontré que l’apigénine contenu dans le persil était absorbé par l’organisme de façon variable d’un individu à l’autre [5]. De plus, l’augmentation de deux enzymes antioxydantes dans le sang des sujets après la consommation de persil laisse supposer qu’il pourrait y avoir une diminution des dommages causés par les radicaux libres chez certains individus.

    Les antioxydants sont des composés qui réduisent les dommages causés par les radicaux libres dans le corps. Ces derniers sont des molécules très réactives qui seraient impliquées dans l’apparition des maladies cardiovasculaires, de certains cancers et d’autres maladies liées au vieillissement.

    Quelques chercheurs ont évalué la capacité antioxydante des fines herbes et tous s’entendent pour dire que les fines herbes fraîches ont une capacité antioxydante non négligeable, parfois même plus élevée que celle de certains fruits et légumes. Cela démontre qu’effectivement, l’ajout de fines herbes de façon régulière dans l’alimentation contribue à l’apport en antioxydants.

    Contribuerait à la régulation du glucose sanguin

    En plus de son pouvoir antioxydant, l’apigénine du persil pourrait contribuer à la régulation du glucose sanguin [6]. En effet, des chercheurs ont administré des extraits de persil à des rats diabétiques pendant plusieurs jours et ont remarqué une diminution du taux de sucre sanguin chez ces derniers. Comme il reste encore beaucoup à découvrir sur les flavonoïdes des plantes, en particulier sur ceux des fines herbes, et étant donné qu’aucune étude n’a évalué directement les effets santé du persil chez l’humain, il serait prématuré à ce stade-ci d’attribuer à ce dernier des effets bénéfiques contre certaines maladies telles le cancer et le diabète.

    Outre l’apigénine les principaux composés antioxydants du persil seraient la lutéine et le bêta-carotène.

    Le persil frais renferme une quantité appréciable de ces deux composés qui font partie de la famille des caroténoïdes. Tout comme les autres types de caroténoïdes, ils sont de puissants antioxydants. À poids équivalent, le persil frais arrive au troisième rang quant à son contenu total en caroténoïdes parmi 18 autres fruits et légumes, après le cresson et la carotte.

    [1] Justesen U, Knuthsen P, Leth T. Quantitative analysis of flavonols, flavones, and flavanones in fruits, vegetables and beverages by high-performance liquid chromatography with photo-diode array and mass spectrometric detection. J Chromatogr A. 1998;799:101-110.

    [2] van Acker SA, van den Berg DJ, Tromp MN et al. Structural aspects of antioxidant activity of flavonoids. Free Radic Biol Med. 1996;20:331-342.

    [3] Kuo ML, Lee KC, Lin JK. Genotoxicities of nitropyrenes and their modulation by apigenin, tannic acid, ellagic acid and indole-3-carbinol in the Salmonella and CHO systems. Mutat Res. 1992;270:87-95.

    [4] Birt DF, Mitchell D, Gold B et al. Inhibition of ultraviolet light induced skin carcinogenesis in SKH-1 mice by apigenin, a plant flavonoid. Anticancer Res. 1997;17:85-91.

    [5] Nielsen SE, Young JF, Daneshvar B et al. Effect of parsley (Petroselinum crispum) intake on urinary apigenin excretion, blood antioxidant enzymes and biomarkers for oxidative stress in human subjects. Br J Nutr. 1999;81:447-455.

    [6] Yanardag R, Bolkent S, Tabakoglu-Oguz A et al. Effects of Petroselinum crispum extract on pancreatic B cells and blood glucose of streptozotocin-induced diabetic rats. Biol Pharm Bull. 2003;26:1206-1210

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  • Un peu d'huile d'olive tous les jours...

    Quatre semaines de supplémentation en huile d’olive permettent de contrer les effets néfastes de la pollution et d’atténuer la dysfonction endothéliale, signe avant-coureur d'athérosclérose.

    Une supplémentation alimentaire avec de l’huile d’olive pourrait protéger les vaisseaux sanguins des effets néfastes de la pollution. Telles sont les conclusions d’une étude de l'Agence américaine de protection de l'environnement parue dans la revue Environmental Health Perspectives.

    “Les études épidémiologiques montrent qu’il existe une association entre l’exposition aux particules fines et de nombreux troubles cardiovasculaires“ disent les chercheurs. L’exposition à la pollution de l’air et particulièrement aux particules fines provenant des combustibles dans les voitures peuvent affecter le fonctionnement des cellules qui tapissent les vaisseaux sanguins – l’endothélium – conduisant à une dysfonction endothéliale qui, à son tour, pourrait affecter la santé cardiovasculaire. "La dysfonction endothéliale est une étape précoce critique dans le développement de l’athérosclérose".

    Dans cette nouvelle étude, 42 personnes ont reçu soit aucun supplément, soit un supplément de 3 g par jour d’huile d’olive (73% d’acide oléique et 12% d’acide palmitique) ou d’huile de poisson (1230 mg d’EPA et 822 md de DHA). Les participants ont pris les suppléments d’huile pendant 4 semaines avant une exposition de 2 heures à de l’air contenant des particules fines. La fonction endothéliale a été évaluée avant l’exposition, immédiatement après et 20 heures après par la mesure de la vasodilatation médiée par le flux (FMD flow-mediated dilatation) de l’artère brachiale qui est une méthode à ultrasons non invasive.

    Les résultats montrent que la fonction endothéliale est significativement affectée – réduite d’environ 20% – dans le groupe qui ne prend pas de suppléments, un peu moins (13,7%) dans le groupe qui a pris des suppléments d’huile de poisson et presque pas (seulement de 7,6%, une réduction non significative) dans le groupe qui a reçu des suppléments d’huile d’olive.

    L’exposition à la pollution de l’air augmente de 17% des biomarqueurs de l’inflammation dans le groupe qui n’a pris aucun supplément mais pas dans les groupes supplémentés en huile de poisson ou huile d’olive.

    Pourquoi l'huile de poisson ne semble pas protéger la fonction endothéliale alors qu'elle est riche en oméga-3 protecteurs? Pour les chercheurs, l’huile de poisson a montré des effets bénéfiques sur la santé vasculaire chez des personnes avec des niveaux anormaux de lipides sanguins ou présentant une insuffisance cardiaque ou un diabète. C'est pour les sujets en bonne santé que les résultats sont contradictoires.

    Même si le mécanisme d’action n’a pas été étudié, les scientifiques supposent que l’acide oléique est le composant bioactif clé. "L’acide oléique présent dans l’huile d’olive a des propriétés anti-oxydantes et anti-inflammatoires et des études ont montré qu’une supplémentation en huile d’olive permet d’améliorer la fonction endothéliale et le profil lipidique et diminue ainsi le risque coronarien". D’autres études ont constaté que l’huile d’olive améliore la fonction endothéliale, augmente la vasodilatation médiée par le flux et diminue la pression artérielle chez des sujets sains et légèrement hypertendus.

    "Nos résultats suggèrent que 4 semaines de supplémentation alimentaire en huile d’olive atténuent la réduction de la FMD induite par les particules fines, et ces données suggèrent qu’une supplémentation en huile d’olive devrait être envisagée comme une intervention possible pour contrer les effets néfastes de la pollution de l’air sur la santé vasculaire" concluent les chercheurs.

    Source

    Tong H, Rappold AG, Caughey M, Hinderliter AL, Bassett M, Montilla T, Case MW, Berntsen J, Bromberg PA, Cascio WE, Diaz-Sanchez D, Devlin RB, Samet JM. Dietary Supplementation with Olive Oil or Fish Oil and Vascular Effects of Concentrated Ambient Particulate Matter Exposure in Human Volunteers. Environ Health Perspect. 2015 Nov;123(11):1173-9. doi: 10.1289/ehp.1408988. Epub 2015 May 1.

     

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  • Les aliments riches en Coenzyme Q10

    La Coenzyme Q10 est une substance que le corps synthétise, notamment parce qu'elle intervient dans la production d'énergie et pour neutraliser les radicaux libres et les espèces oxygénées réactives (EOR).

    Avoir un taux suffisant de CoQ10 permet à l’organisme de protéger ses cellules et diminue le risque de maladie chronique, notamment de maladie cardiovasculaire. Le point de départ de la synthèse est l'acide aminé tyrosine (ou la phénylalanine), et l'opération nécessite la présence de vitamine B6.

    La synthèse de CoQ10 par le corps est moins bonne quand on avance en âge, ce qui signifie que l’alimentation et les suppléments peuvent s’avérer nécessaires à partir de 40-50 ans pour maintenir un taux de CoQ10 protecteur. De plus, la CoQ10 est intéressante dans toutes les maladies cardiaques et chez les personnes qui prennent des statines (et du riz rouge) ou encore des bêta-bloquants car ces traitements font baisser le taux naturel de CoQ10, avec pour conséquence des douleurs musculaires.

    Les apports alimentaires quotidiens en CoQ10 sont estimés à plus ou moins 10 mg ce qui correspond à une infime partie de la CoQ10 présente dans l’organisme.

    L’alimentation ne permet donc pas d’apporter la dose minimale efficace de 100 mg constatée dans de nombreuses études mais bien choisir ses aliments pour booster son taux de CoQ10 n’est pas vain pour autant. Voici comment garnir votre assiette en ce nutriment.

    Manger des poissons gras

    La Coenzyme Q10 étant soluble dans la graisse, elle nécessite des lipides pour être absorbée et assimilée. Les poissons les plus gras sont donc aussi ceux qui auront le plus de CoQ10 assimilable. 85 g de hareng cuit contiennent ainsi 2,3 mg de CoQ10 quand la truite saumonée, moins grasse, affiche une teneur plus proche de 0,9 mg.

    Si on consomme de la viande, préférer le bœuf et la volaille

    Bœuf et poulet se classent parmi les meilleures sources alimentaires de CoQ10. 100 g de bœuf apportent ainsi 3 mg de CoQ10. La même portion de poulet renferme un peu plus de la moitié de CoQ10, soit 1,6 mg. Dans l’œuf dur, vous trouverez une petite quantité de ce nutriment seulement : 0,1 mg.

    Miser sur les noix, graines et huiles végétales

    Toutes les sources alimentaires de CoQ10 ne sont pas d’origine animale. Cacahuètes, sésame et pistaches renferment aussi des quantités appréciables de ce nutriment (voir tableau) et une cuillère à soupe d’huile de colza 1 mg.

    Choisir les bons fruits et légumes

    Une orange de taille moyenne contient 0,3 mg de CoQ10 et 100 g de brocoli ou de chou-fleur cuits, environ 0,6 mg. Une portion de framboises (30 g) renferme quant à elle 0,1 mg de ce nutriment.

     

                  Aliment     

      Portion                   

                CoQ10 (en mg)             

    Bœuf

    100 g

    3

    Hareng mariné

    100 g

    2.7

    Sardines

    100 g

    0.63

    Poulet

    100 g

    1.6

    Huile de soja

    1 cuillère à soupe

    1.3

    Huile de colza

    1 cuillère à soupe

    1

    Truite arc-en-ciel

    100 g

    1.05

    Cacahuètes grillées

    30 g

    0.8

    Graines de sésame grillées

    30 g

    0.7

    Pistaches grillées

    30 g

    0.6

    Brocolis ou choux-fleurs bouillis

    100 g

    0.6

    Orange

    1 fruit moyen

    0.3

    Framboises

    30 g

    0.1

    Œuf dur

    1 moyen

    0.1

     

     

     Le Coenzyme Q10 améliorerait les symptômes de la fibromyalgie.

    Les causes exactes de la fibromyalgie sont méconnues. Il semble y avoir un ensemble de facteurs responsables de la maladie comme l'explique le Dr Jean-Paul Curtay, auteur du livre "Fibromyalgie, Un programme global pour améliorer votre santé et renouer avec le bien-être".

    Dans une étude préliminaire, des chercheurs ont mesuré les taux de Coenzyme Q10 dans le sang chez dix patients atteints de fibromyalgie. Chez toutes les personnes le taux était anormalement bas. Les chercheurs ont donc démarré une supplémentation.

    Pendant 3 mois, chaque personne a reçu un supplément de 300 mg de Coenzyme Q10. Au terme de l'expérience, les chercheurs constatent que le taux de Coenzyme Q10 est revenu à la normale mais aussi que cela s'est accompagné d'une amélioration significative des symptômes de fatigue et des douleurs.

    le Coenzyme Q10 semble donc être une arme de choix contre cette maladie,

    Référence : Cordero MD, Santos-García R, Bermejo-Jover D, Sánchez-Domínguez B, Jaramillo-Santos MR, Bullón P. Coenzyme Q(10) in salivary cells correlate with blood cells in Fibromyalgia: Improvement in clinical and biochemical parameter after oral treatment. Clin Biochem. 2012 Feb 10

     

  • Nous voilà bien!!!

    En Chine, des bactéries résistantes aux antibiotiques donnés "en dernier recours"

    Des chercheurs chinois ont identifié, chez le porc et chez l'homme, des populations de bactéries porteuses d'un gène qui rend inefficace certains antibiotiques donnés "en dernier recours". La découverte, publiée ce 19 novembre dans The Lancet Infectious Diseases, alimente de nombreuses craintes.

    Les polymyxines (colistine et polymyxine) sont de puissants antibiotiques principalement utilisés en réanimation et pour enrayer des infections graves, résistantes aux autres traitements. En Chine, l'un des plus gros producteurs de colistine, ces antibiotiques sont surtout utilisés en médecine vétérinaire.

    En effectuant un contrôle de routine sur des porcs, l'équipe du professeur Jian-Hua Liu, de l'Université agricole de Canton, a identifié une souche de E. coli (ou colibacille) résistante à la colistine "chez un cinquième des animaux testés" (804 bêtes, les échantillons étant recueillis entre avril 2011 et novembre 2014).

    Or, la souche bactérienne identifiée (SHP45) peut facilement partager son matériel génétique avec d'autres bactéries, telles que Klebsiella pneumoniae, responsable d'infections pulmonaires.

    Les analyses ont révélé que la résistance à la colistine s'expliquait par une mutation du gène "mcr-1". Des expériences en laboratoire ont confirmé que mcr-1 pouvait bel et bien être se transférer spontanément d'E. coli à Klebsiella pneumoniae.

    Des E. coli porteuses du gène de résistance ont été retrouvées "sur 78 des 523 échantillons de viande crue collectés dans le pays entre 2011 et 2014", alertent les chercheurs.

    Au cours d'une dernière évaluation, réalisée sur 1.322 patients hospitalisés dans le sud de la Chine, 16 patients étaient infectés par des bactéries porteuses de la mutation.

    Un risque de propagation

    Bien que limitée pour l'instant à la Chine, la résistance à la colistine pourrait se développer à l'échelle mondiale, alertent les auteurs de l'étude. Cette mise en garde a été jugée très crédible par de nombreux experts.

    "C'est une étude très inquiétante dans la mesure ou les polymyxines sont des antibiotiques qui sont souvent donnés en dernier ressort pour traiter des infections graves", a déclaré Laura Piddock, un professeur de microbiologie à l'Université de Birmingham (Royaume-Uni).

    Pour le Pr Nigel Brown de la société britannique de microbiologie, "maintenant qu'il a été démontré que [cette] résistance peut se transférer d'une bactérie à une autre, une autre ligne de défense contre l'infection est en passe de tomber".

    Les élevages pointés du doigt

    Cette annonce survient durant la "première semaine mondiale pour un bon usage des antibiotiques" coordonnée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Ce 16 novembre à Genève, le Dr Margaret Chan, directrice générale de l'OMS, avait rappelé que la résistance aux antibiotiques atteignait désormais "des niveaux dangereusement élevés dans toutes les parties du monde" et constituait "un immense danger pour la santé mondiale".

    "Les super-bactéries hantent les hôpitaux et les unités de soins intensifs du monde entier", avait-elle ajouté, avant de souligner que ce fléau est lié à la surconsommation et à la mauvaise utilisation des antibiotiques.

    Leur utilisation massive dans les élevages a été dénoncée à de nombreuses reprises ces dernières années, conduisant certains pays à prendre des mesures destinées à en restreindre l'usage.

    Les auteurs de l'étude chinoise notent pour leur part que la résistance à la colistine s'est "probablement" produite d'abord chez l'animal, et réclament en conséquence une "réévaluation rapide" de l'utilisation de cet antibiotique dans les élevages.

     "Une des rares solutions pour éviter ces liens est la réduction ou la cessation de l'utilisation de la colistine dans l'agriculture", relèvent de leur côté David Paterson et Patricia Harris, deux chercheurs australiens dans un commentaire joint à l'étude.

    En Europe, la colistine est surtout vendue dans trois pays, l'Espagne, l'Allemagne et l'Italie, note pour sa part le Dr David Burch, un chirurgien vétérinaire britannique membre de l'Alliance Ruma (qui défend une utilisation responsables des médicaments dans l'agriculture). Il estime "[qu'il] faudrait surveiller les données de ces pays pour voir si la situation a changé de façon spectaculaire ces dernières années, avant de prendre des mesures radicales pour restreindre son usage en médecine vétérinaire".

    Source : Emergence of plasmid-mediated colistin resistance mechanism MCR-1 in animals and human beings in China: a microbiological and molecular biological study. Yi-Yun Liu et al. Lancet Infectious Diseases, 19 nov. 2015. doi:10.1016/S1473-3099(15)00424-7

  • Savez-vous que les plats faits-maison sont un rempart contre le diabète et les kilos?

     

    Dans une nouvelle étude, le fait de manger le plus souvent des plats faits maison est associé à une prise de poids moins importante et à un risque plus faible de diabète de type 2.

    Un repas cuisiné à la maison permet de maitriser totalement son alimentation. Et les chercheurs de Harvard rapportent que ce type de repas contribue ainsi à prévenir le risque de diabète de type 2. Les chercheurs ont en effet découvert que chaque déjeuner préparé à la maison au cours de la semaine permettait de diminuer de 2% le risque de diabète de type 2 et pour chaque diner le risque diminuait de 4%. Les résultats de leur étude ont été présentés à la réunion annuelle de l’American Heart Association.

    " Il y a une tendance croissante, dans de nombreux pays, à manger des repas préparés hors de la maison " expliquent le Dr Geng Zong, auteur de l’étude. "Aux États-Unis, les apports énergétiques provenant de repas de ce genre sont passés de moins de 10% dans le milieu des années 60 à plus de 30% dans les années 2005-2008 et le temps consacré à faire la cuisine a diminué d’un tiers". "En même temps, la prévalence de l’obésité et du diabète de type 2 a continué d’augmenter".

    Manger à l’extérieur et particulièrement dans des chaines de restauration rapide est associé à une moins bonne qualité nutritionnelle et un poids plus élevé chez les enfants et les jeunes adultes.

    Pour cette étude, les chercheurs ont recueilli les données concernant 58 000 femmes appartenant à la Nurses' Health Study et 41 000 hommes de la Health Professionals Follow-up Study, avec un suivi sur 36 ans. Au début de l’étude, aucun des participants ne présentait de diabète, maladie cardiaque ou cancer.

    Les résultats montrent que ceux qui ont mangé entre 11 et 14 déjeuners ou diners préparés à la maison par semaine ont environ 13% de risque en moins de développer un diabète de type 2, par rapport à ceux qui consomment moins de 6 repas faits-maison par semaine.

    Manger des repas faits maison aiderait à diminuer la prise de poids, qui à son tour pourrait aider à diminuer le risque de diabète de type 2. Les chercheurs ont notamment remarqué que ceux qui prenaient le plus de repas faits-maison consommaient moins de boissons sucrées. De plus, les données suggèrent que les personnes qui mangent le plus souvent à la maison sont plus minces.

    "Des nouvelles données provenant d’une enquête nationale montrent que cuisiner le diner à la maison est associé à des apports sucres plus faibles" dit le Dr Zong.

    L’étude montre une association entre le fait de manger des plats cuisinés à la maison et la diminution du risque de diabète, pas nécessairement une relation de cause à effet. "Nous avons besoin de plus d’éléments pour démontrer si le fait de préparer ses repas à la maison permet de prévenir le diabète et l’obésité et surtout savoir comment" conclut le Dr Zong.

    Source

    Eating more homemade meals may reduce risk of Type 2 diabetes. American Heart Association Meeting Report Abstract 17285