En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.
La relative pénurie d’œufs que connaît aujourd’hui la France n’est pas un simple accident conjoncturel. Elle révèle avant tout une paupérisation inquiétante des Français, contraints de se tourner vers l’œuf faute de pouvoir encore s’offrir de la viande.
Cette réalité sociale est le fruit d’un déclassement continu, que nos gouvernants refusent de reconnaître.
Cette pénurie est également la conséquence directe de l’enfer écolo-bureaucratique dans lequel la France s’est enfermée. L’interdiction des nouveaux élevages en cage depuis 2018 et la transition forcée vers le hors-cage, moins productive et longue à mettre en œuvre, ont fragilisé toute la filière sans réelle anticipation ni soutien.
À cela s’ajoute un délire sanitaire permanent: au premier cas de grippe aviaire, on abat systématiquement des élevages entiers, sans proportion ni discernement, détruisant en quelques jours des années de travail.
La création d’un nouvel élevage relève désormais du parcours du combattant, entre études d’impact environnemental interminables, normes changeantes, recours administratifs et blocages financiers, pour des délais pouvant dépasser deux ans.
Il y en a assez de cet État incapacitant qui prétend tout régenter et finit par tout paralyser. En affaiblissant l’agriculture, il affaiblit la Nation tout entière et plombe, secteur après secteur, l’avenir du pays.
Rayons vides, consommateurs déboussolés: depuis plusieurs semaines, l’œuf manque parfois à l’appel en supermarché.
En cause, selon le Comité national pour la promotion de l’œuf (CNPO), un cocktail conjoncturel — fêtes, galettes et " épisode de neige " ayant perturbé les livraisons — mais surtout un déséquilibre structurel.
"La consommation est en forte hausse depuis trois à quatre ans , souligne Thomas Bartlett, directeur du Syndicat national des industriels et professionnels de l’œuf (Snipo). Entre 2024 et 2025, elle a progressé de "5%" et de "15% en trois ans", confirme Alice Richard (CNPO).
En 2023, FranceAgriMer chiffre la consommation à 968.000 tonnes équivalent œufs coquilles (téoc) (+ 13,5% depuis 2019), quand la production n’augmente que de "moins de 1%" sur un an.
Résultat: depuis 2022, la demande dépasse l’offre. La filière réclame 300 nouveaux bâtiments d’élevage, freinés par des coûts proches du million d’euros et une réglementation jugée "trop contraignant ", dénoncée le 12 janvier par la ministre Annie Genevard sur BFM TV.
En attendant, les éleveurs prolongent la durée de vie des poules.